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Ven 2 Fév - 23:35

« GNAGNAGNAGNANGANGNAGNA » - K. J. M.
Points : 2037
Messages : 131
Age : 28
Habitation permanente : Constamment sous le ciel.
Occupation : Fuir l'ennui avec acharnement.
Zakuro J. Fea


White lies in black kisses.





Il a fait jour jusqu’à trop tard, et du bout des cils, les paupières relevées dans une considération lente du plafond, j’ai regardé les heures tourner, sans réaliser que la nuit avait trop avancé, et que mon sommeil s’enfuyait. J’ai imaginé des tours, sur lesquelles j’aurais fait avancer des armées. Des structures de chiffres, des bataillons de virgules, et des équations sur les chemins de rondes. J’ai imaginé des armées, j’ai décimé des surfaces trop planes de mon esprit pour leur graver des sillons d’informations sur la peau, et quand seulement trois heure, trois heure du matin trop vite arrivé, s’est mis à sonner, comme un claquement au milieu du silence, j’ai réalisé que Joshua dormait depuis longtemps, et pas moi.

Les calculs d’un cycle perturbé m’ont rattrapés, et allongé, les doigts enserrés dans ses mèches, à me questionner sur les périmètres de son crâne tout en questionnant l’éventuel douceur de la surface du soleil, j’ai relevé la tête, pour attraper le détail des rideaux mal tirés. Je ne dormirais probablement pas, ma conscience trop éclairée, mon cerveau trop enhardi par une domestication de la violence algébrique. Je n’avais pas la moindre idée de comment me reposer, et mes lèvres refermées sur un soupir qui vient buter contre ma langue, j’enfonce mes ongles, plus profondément, dans la chair crânienne du chat de mes nuits.

La journée a été un amas de productivité. A la manière d’un réseau bien construit, comme une toile qui relie entre eux les rayons d’une soie tissée, chaque événement a été consommateur d’une énergie qui, pourtant, en cet instant, ne me manque pas. Le lever, au soleil trop humide, la neige qui fond contre la vitre et trace des bavures mouillées au dessus d’un balcon inondé de blanc. Kojiro, qui traverse en courant le salon, ses cheveux détachés, encore ondulés par le port de son élastique que Joshua n’aura su lui faire exploser. Kojiro, encore, qui saisit ses affaires, et se rue sous la douche. Il a été en retard, ce matin-là. Une première, considérant ses attitudes quotidienne à n’être qu’un trop parfait employé. Le bruit de la douche, et mon temps d’attente, en fourmillant du bout des doigts sur la tasse de thé que je me suis préparé. Joshua dort, il n’est encore que six heure. L’aiguille passe, mes cours d’anatomie spatiale ouvrent des possibles au-delà de la nébuleuse du crabe, et j’imagine, assis sur un siège inconfortable, le plasma d’un rayonnement venu transporter contre les pores de ma peau une radiation trop forte, un éclatement trop chaud de matière. Il est onze heure, Lawrence m’envoie un sms, en me demandant d’aller récupérer des affaires à la supérette, et un colis qui est arrivé. J’imagine les cheveux de Kojiro, et à l’intérieur de cette image trop rapidement instaurée, les doigts de Joshua viennent tracer un firmament. Il est treize heure quand le cours s’achève, il est treize heure quarante quatre quand je franchis les portes automatiques de la supérette. Le sms comme liste de courses, je récupère, sans me presser, l’amas de composition qui fournira à Swan la possibilité d’effectuer ses denrées. Nous mangerons bien, mais je n’ai pas faim.

Il est quinze heure, j’observe les corbeaux, le crâne renversé sous un révébère éteint. Le ciel est blanc, les oiseaux qui le traversent s’y distinguent en des traits noirs que mes prunelles poursuivent. Je n’ai pas envie, pas encore, de dormir à l’appartement, ce soir. J’irais retourner squatter chez l’hirondelle, en le payant d’un café. C’est ce que je pense, ce que je crois. Ce ne sera pas vraiment le cas : il n’en réclamera pas.

Ses désirs, à dix huit heure, n’ont pas un goût d’amertume. La porte est fermée derrière nous, la voisine nous a épié lorsque les doigts de Joshua ont glissés dans la courbe de son dos, et mes yeux ont suivis le rapprochement de leurs cuisses, tandis que dans un froufrou de jupe plissée, la vieille s’est enfermée dans un mutisme colérique. J’ai refermé la porte, en rangeant mon portable dans mon poche. Swan trouvera ce soir-là  les affaires sur la table de la cuisine, les produits surgelés rangés, le reste l’attendant à la manière d’une offrande près de ses plans de travail. J’ai refermé la porte, en cliquetant sur la serrure une assurance à ce que l’on ne vienne pas nous déranger. Kojiro venait de passer une mauvaise journée, trop emplie de stress, trop emplie d’angoisses. Dix neuf heure, la soirée pour nous, et Kojiro, dans une réclamation poussée du bout des yeux, s’approprie Joshua, sa bouche, son pénis. Il a froid, il est énervé, il a presque envie de pleurer, et la soie de ses cheveux s’étale sur le cuir du canapé, tandis que Joshua le chevauche. J’allonge mes gestes, assis à côté d’eux, effleure des regards, et contemple. Je n’ai toujours pas faim. Des yeux noirs, mélangés entre eux, me posent des questions auxquels je réponds par la négation. Pas maintenant.

Il est vingt et une heure, Kojiro a la peau piquetés de rouge, et des hématomes violacés. En se cambrant, trop violemment, il a réclamé des attentions qui ont froissés sa peau. Les muscles vibrants, il me tend les doigts, et je viens déposer un peu de salive sur sa langue, en me sentant vraiment amusé. Joshua me regarde, et j’ai envie, sans parvenir à me décider, d’un peu de thé.

Il est vingt deux heure. Le portable, posé sur le canapé, m’apprendra plus tard que Lawrence me remercie pour les courses, et me souhaite bonne nuit. Les jambes repliées, à presser mes paumes contre le dos de Joshua, je regarde sans y faire attention, les reins de Sasaki, couronnés par des griffures. Agenouillé près de la table basse, à nous offrir son dos, et le mouvement calqué de ses omoplates bariolées, il calligraphie avec trop d’intensité les paragraphes de son manuel de psychologie.

Freud et Lacan n’ont jamais été si bien écrits.

Il est minuit. Les cheveux soulevés, encore humides d’une douche trop chaude, ma peau rougie par la chaleur, j’installe mes jambes au dessus de celles de Joshua. Je tends les doigts, saisit sa gorge, et l’enfonce contre la mienne, pour que son souffle rafraîchisse mon derme.

« Babe. »

Je lui souri dans le noir.

« Babiest babe. »

Je n’ai pas mangé, mon corps tremble, et je me sens fatigué, sans parvenir à éprouver de motivation pour le lendemain. La fenêtre est encore ouverte, je remarque que j’ai oublié de tirer les rideaux, il est minuit dix. Mes doigts glissent, et je tire Joshua sur moi. Maintenant. Mes doigts attrapent, mes rotules se plient et je m’abaisse, jusqu’à un point où la chaleur n’existe plus vraiment, et peu importe vraiment la fatigue, puisqu’à ce moment là, les horloges viennent clamser dans ma tête. Plus beau, plus mien que lorsqu’il est sur ou contre Kojiro, Joshua est un sourire que je veux entraîner vers l’arrière, et je remplis ma bouche d’un peu plus de lui. J’ai sur la langue des étalements de plaisir, de la pâte chargée de souvenirs crissés, grisés. J’enfonce ses mains dans ma nuque, loin sous les cheveux, pour qu’il tire, pour que je suce, pour qu’il me fasse mal et que je le cambre.

Des ongles craquent, et je m’étrangle. Son ventre est humide, alors je lèche.

Il est deux heure, Joshua dort.
Allongé, les cheveux en désordre, j’attends. Mes pensées s’emmêlent, et des chiffres viennent ramper dans mes idées. Il est trois heures, et maintenant, je sais que je dois dormir.

Je me relève, pour aller aux toilettes. J’ai besoin de boire, peut-être même de pisser, et éventuellement, je me dis que me rafraîchir la face et la nuque me permettra ensuite de mieux dormir.  Le déplacement est rapide, la porte de Kojiro est fermée, je reviens jusqu’à dans la chambre de Joshua sans avoir réveillé personne. J’attrape le drap, soulève un pan, et vient me glisser, lorsqu’une odeur électrique m’immobilise.

Du bout des yeux, en caressant un demi-rêve, éveillé seulement parce que je ne suis pas encore assez endormi, je saisi le détail d’un contour plus sombre. Je m’allonge, le monde me paraît vibrer, et le simple pantalon de jogging que je porte me paraît une piètre armure contre cette sensation d’agression éprouvée.  Je m’allonge, je ferme les yeux, et je tombe.

Mes doigts se referment sur son épaule, en attrapant au passage la couverture, et le plongeon est glacé.

Je viens frapper, dans un craquement solide, tout mon dos contre la surface gelée d’une poudreuse qui vient m’embrasser.


« Joshua ! »

Je me relève en hurlant, et le blanc qui inonde mes yeux a remplacé tous les chiffres. Joshua, en chaussettes, en pull et pantalon de pyjama, est assurément mieux protégé que moi, et d’un geste réflexe, j’arrache la couverture à la neige. Elle nous encercle, nous enterre déjà jusqu’aux moitiés des tibias. Je cherche ses yeux, quémande une explication, et le froid qui vient claquer contre moi hurle d’une véracité que je ne saurais nier.

« Joshua ? »

Je l’attrape, entoure la couverture autour de nous, et tout mon corps se met à frissonner.

« Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que c’est toi ? »

Bien sûr que c’est lui.



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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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Sam 25 Mai - 21:41

Recrue
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Occupation : Étudiant en psychologie | Mangeur d'âmes.
Kohaku Joshua Mitsumasa

KISS ME. KISS ME. KISS ME.
let us collapse.




La voisine nous contemple, un plissement nauséeux rayant son nez, et je la salue de ce sourire surfait que je réserve à ses mimiques dégoûtées. Sur la rambarde poussiéreuse des escaliers qui mènent à notre appartement, s’éparpillent les empreintes de mes doigts. Le froissement de ses jupons, dans l’air, laisse la saleté pailleter l’atmosphère à la manière de germes stellaires. Mes doigts traçant les vertèbres de Kojiro au travers de son haut, je m’imagine la voisine être avalée par un collapsar.

Mes doigts se logent dans la poche du pantalon de l’Hirondelle et Zakuro referme la porte. Un terme désuet logé entre les lèvres, je souris.

Il me semble que nous nous trouvons au sommet du monde, de l’univers.

Les paumes de Kojiro sont ces vaisseaux d’existence qui me couronnent de leurs émotions, raclant mes mèches dans un agencement de miel et d’opale. Je trésaille, puis je ronronne. La tension qui gouverne ses gestes, amoncellement de détails journaliers, de la voix de ce collègue sifflant entre des soutiens-gorge, auréole son corps d’une intensité inhabituelle. Mon Sasaki préféré, dans la pluralité des tons qu’il arrive à me présenter, m’abreuve des relents délicieux de sa colère. Je ne peux que m’extasier, que me perdre contre les intempéries de ces sentiments.

J’attrape, en relief, la forme grandiloquente du Ciel, alors que l’Hirondelle me retranche contre le canapé. Ses yeux bleus, à en mourir, en à damner, suffisent à attiser mes propres ardeurs. Poupée conciliante à poupée de spectacle, pour laisser couler un peu plus de ce regard sur ma silhouette. J’écarte les cuisses. Mon empathie est ce travail de pointe que j’étale hasardeusement contre les côtes et contre les épaules de Kojiro. Je marmonne, je susurre, des douceurs qui n’entachent en rien ce mécontentement qui porte des lèvres mon aine. Je soupire, je babille.

Tu es si joli, mon Sasaki.

Mes jambes sont cet étau qui encadre son crâne, qui brusque les cils capillaires émergeant de sa chair. Bloqués entre mes quadriceps, ses cheveux, de la pointe aux bulbes pilaires, sont ces yeux qui fondent en larmes. Larmes de frustration, larmes de désir, qui viennent pailleter mon épiderme de toutes ces choses qu’il, de par ses prédispositions trop stoïques, trop droites, ne saurait correctement prononcer. Mon Kojiro et ses difficultés,  ses imperfections barbouillées d’émoi, de sentimentalité.

Le bruit mouillé de sa bouche qui résonne contre mes tympans est ce langage intime dans lequel il a appris à s’exprimer et dans lequel il se déverse; cœur, sueur et sperme. La peau qui claque et les phalanges qui se crochètent.

Je t’aime.

-

Plus tard, alors que la quiétude s’est installée et que les reins de Kojiro sont ces suzerains que je me suis affairé à couronner – au moyen d’une douceur vicieuse que le Ciel a su adéquatement tempérer – j’arpente de nouvelles contrées larmoyantes. Namida est le nom de l’auteure dont les mots glissent sous mes yeux et les contours de son imaginaire sont des trésors que j’aspire à porter au réel.  Les paumes de Zakuro, dans une apposition randomisée de mouvance, dessinent des humanoïdes sordides. Plumes, seins, givre, flammes, une caricature sans genre de Loki, un souvenir de Hel.

Le monde est calme, mon cœur est une tempête et, quelque part, peut-être, dans la tête de Yume, grandissent des enfants qui offrent des chocolat chaud à des bonhommes de neige.

Pendant que Sasaki révise, que Zakuro existe, je songe à ce qui n’est plus.

-

Le corps du Ciel a ce goût d’immatérialité qui tranche avec les contours solides qui délimitent son enveloppe humaine. Une incohérence mnésique, une dissonance à l’odeur intemporelle. Sa peau bouillonne, sous ma gorge, et j’envisage des perles d’acide rouler le long de sa trachée. Décapitation chimique, dans l’échafaud d’un autel à nos souvenirs, d’une idole à notre adoration. Tu m’appartiens et enfourcher ta tête contre mes rotules ne suffirait jamais à le démontrer. Tes yeux dans le formol de ma salive, tes cheveux dans toutes les cavités de mes organes. Je te veux en moi pour exister, pour qu’ensemble, à l’instar du temps et de l’espace, nous parvenions à nous magnifier.

Dans mes yeux, des constellations vaniteuses, des collapsars essoufflés.

« Mineiest mine. »

Mon sourire, plaqué contre ses dents, mes ongles calqués contre sa boîte crânienne et le claquement de nos os qui s’entrechoquent alors que je le baise, alors que je le possède. Mon souffle pressé contre son oreille est cette mélodie que nous ne connaissons que trop bien, cette affiliation de notes que j’appuie par appréciation de sa réactivité, par besoin violent de toujours un peu plus vociférer.

« À moi. »

Des nombres, des théorèmes, enchevêtrements numériques copulant contre ma langue, je cherche à étouffer  la fatigue filtrant dans ses pupilles pour la remplacer par de la satisfaction.

-

Le temps s’efface contre les remous de mon sommeil, berceau des cendres auxquelles seuls mes méandres peuvent donner forme. Dans mon rêve, Zakuro oscille dans le néant et le bleu de ses yeux représente cette luciole salvatrice que je pourchasse inlassablement. Il est ce guide, ce totem, à toutes les  intentions onéreuses que mes songes me servent et dont les significations m’échappent. Dans ma tête, l’hiver trace le chemin de mes aventures et je dépasse le bureau près duquel Yui m’a abandonné.

Valentine est ce songe d’été que je me targue d’oublier. Décembre, janvier, février.

Joyeux Noël, bon anniversaire, va te faire foutre.

L’inconfort me saisi, d’abord la sensation de chute, puis la morsure du froid. Les griffes de la perte, de ces bonhommes de neige qui peuplent les ouvrages de Yume, me bloquent le passage, me chahutent. Leurs membres en bois, mains d’érables, doigts de sapin, m’écorchent le visage, me projettent contre ce bureau que je ne n’ai pas voulu regarder. Sar redingote est claire – pas une redingote, juste une chemise naze comme sa gueule d’inhumain – et il sent l’odeur du thé. Il est là, il est là, le Chapelier tâché de cendre, il est là et je ne veux pas, je ne veux pas le voir.

J’ouvre les yeux.

Le monde m’éclate la rétine.

Il me faut un moment pour regrouper ma cervelle, pour reconnecter ma vision au monde matériel, pour m’assurer que chacun des nodules de ma cognition sont opérationnels. Il me faut un autre moment pour contempler, avec une candeur vociférante, l’océan de givre dans lequel mes deux pieds sont enfoncés. La morsure du froid est cette donnée que je rends statique dans  un coin de mon esprit. Le vent rugit peut-être, mais la douleur, elle, n’existe assurément pas.

Je suis debout. J’ai les deux pieds dans la neige et le moment où Zakuro m’attrape découle de ce naturel  qui  laisse l’orage de mon regard se perdre dans l’immensité stellaire du sien. La couverture qui nous enveloppe est celle que notre diffusion dans l’espace à su subtiliser à mon lit et j’enfonce mon nez dans le textile magenta en gardant mes prunelles rivées sur les siennes. Son corps frisonnes et la vague sombre de ses cheveux est galvanisée par des bourrasques glaciales.

Il me parle. Mon esprit enregistre à peine ses mots. Nodules en déconnexion, nouilles cervicales, embargo d’hypothèses. Il me tend la réponse, prémâchée, recrachée et  je la réceptionne avec ma langue. Du froid contre mes incisives que je m’empresse de partager aux siennes. Mes mots se font chancelants, chevrotants.

Est-ce que c’est moi ?

« Y…. yes ? »

Déflagration mentale, défibrillateur cervical, mes nerfs sont ce troupeau de vieillards qui se remettent en marche. Une bombe explose au creux de mon estomac et mes lèvres s’écarquillent en un sourire ravi. Le vent cintre les ridules de ma peau qui se plisse sous le poids de la joie, de la réalisation toute simple, toute parfaite, d’avoir transcendé un peu plus cette humanité que je m’exalte de pouvoir nier. Ma peau craque, se rompt, et je m’extirpe des confins de la couverture pour défier l’hiver qui fait rage.

Of fucking course it’s me, Za-ku-ro ! Who else would it be ?

Mes genoux fléchissent et je tombe à la renverse, me laissant balloter par les éléments. Une fois plaqué contre la neige, qui ne fond probablement pas assez au contact de mon corps, je plisse mon nez  à l’intention du Ciel. Ma voix grinçante d’ivresse, je feule.

« Who else could it be ? »

Au milieu de nulle part, nous sommes.

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Mer 29 Mai - 14:06

« GNAGNAGNAGNANGANGNAGNA » - K. J. M.
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Zakuro J. Fea

DU BLANC ET DU NOIR

Il me frappe dans la gueule, me fait vaciller, ce vent que je ne connais pas.
C'est une explosion blanche, un éclat couleur froid, c'est un rugissement qui ne veut pas que je me laisse aller à la moindre considération du silence, et pourtant, et pourtant, au-delà du vacarme et de la fureur d'un élément que je peine à supporter, ce n'est rien sous le poids de cette réalisation de Joshua, la sienne, celle qui le fait tituber dans ses propres mots, celle qui le fait babiller une syllabe qu'il n'a pas besoin de placer, d'articuler, parce que je le sais déjà, je le sens déjà.

C'est gigantesque, pourtant ça n'a pas d'autre poids que celui de la réalisation de l'univers et je sens en moi se mettre à hurler ces éthéréales trompettes, assourdissantes, éblouissantes, qui viennent ciseler la forme d'un miracle qui a les contours de son être. Je ne bouge pas, il s'est mis, transi, à éclater, à rire et à bouger, et je ne bouge pas, seigneur je ne bouge pas, je ne fais que le regarder, et oh mon dieu, Joshua, Joshua, je te regarde à avoir envie de te dévorer. Le vent ? Peu importe. Le froid ? Peu importe. Peu importe en cette seconde gelée, gigantesque, parce qu'il y a la mienne, de réalisation. Celle qui s'articule comme une claque, alors qu'il tombe dans la neige, alors qu'il rit, bafouille, et son évidence est telle, son existence est mienne, et il jappe un « Who else could it be ? »

Je suis le témoin de ta magnificence.

J'ouvre la bouche, sans jamais trouver quoi dire, et je tends les mains, je tends les mains parce que les mots ne viennent pas, et mon univers était si minuscule, si enfermé, si clos, et tu viens de le déchirer, tu viens de m'offrir le ciel, l'espace, le soleil, tu viens de m'offrir l'absence de limite, et ce qui était quelque chose que je n'ai pas compris au Danemark est maintenant ma réalité, ma totalité, et tu es magnifique, tu es tellement plus grand que tout. Mes doigts se sont refermés sur ses épaules, sur la neige qui broie le noir, sur le blanc en suspens dans l'oxygène, qui vole et qui vole, et je claque mes dents contre sa gorge, pour enfoncer mon souffle au centre de ses clavicules.

« You are so magnificent magnificent magnificent magnificent magnificent, magnifi-fucking-cent oh  god, you are so fucking wonderful. Genius like Momo.Fuck, Joshua, t'es génial, t'es génial. »

Je te vois, je te vois, je te l'ai promis. Mes pensées se juxtaposent, mon cerveau pleure cette hystérie qui me fait verser de vraies larmes gelées, et je suis un idiot, je ne sais plus, mais je te l'avais promis, je te l'avais promis que je te regarderais complètement, sans jamais m'arrêter, jusqu'à ce que tu deviennes ce que tu dois être. Et je te vois, je te vois tellement, complètement, et ça n'est pas assez, je te promets que tu vas être plus, que tu es déjà tellement magnifique.

Je baise sa jugulaire, couvre sa gorge de baisers furieux.
Mon adoration sous un vent artique.

Eventuellement, vient le moment où le stress picote contre mes pores. C'est froid, c'est gelé, et la douleur qui tiraille ma peau est déjà devenue trop rapidement insupportable. Je mords mes lèvres, enfonce mes doigts dans mes cheveux, à mes oreilles, et me débrouille, en des mouvements de phalanges que le froid rend déjà balbutiants, hésitants, pour ôter mes piercings en métal. En récupérant les oreilles de Joshua, je m'assure qu'il ne se débatte pas.

« ...We have to prevent frostbite. We're almost naked… and iron doesn't help. »

Mes lèvres qui battent des mots qui se perdent dans le froid, dans le vent, dans ce noir qui tourbillonne autour de nous et enfonce mes cheveux dans mes narines, dans ma bouche. Des mots à propos du froid qui contracte les vaisseaux sanguins autour des ports métalliques et la nécrose, la nécrose Joshua, je l'embrasse en le tirant sous la couverture, je l'embrasse en le faisant marcher, pour ne pas rester immobile, parce qu'être vivant c'est continuer de bouger.

Tu sais, je ne peux pas m'empêcher de te le faire remarquer. Au milieu de mes frissons, au milieu de la douleur, et de mes ongles enfoncés contre tes épaules, ton corps que je sers contre moi.

« … Dnoiretdublanc, t'as vu ... »

Du noir et du blanc, et du blanc et du noir, partoutpartoutpartout ; je marche en te traînant dans tes rires et en te tirant avec tes sourires, parce que fuck, Joshua, on n'est plus dans le lit, merde, on n'est plus au Japon, fuck, et on va mourir de froid si ça continue.Mais. Mais.

« 'Mnot afraid, yknow. Because you are so much higher than death, right. You're so much more powerful than frostbite and fucking cold, aren't you ? I am not afraid. »

Les jappements de rire dans ma tête ont les échos de ta voix, et je m'avance dans le froid en ne sentant plus mes pieds, en ne sentant plus mon ventre, en ne sentant plus mes jambes ni mes fesses, mais j'avance parce que je suis couronné dans mes réflexes, dans mon activité trop violente, dans ma capacité innée à ne pas m'immobiliser, parce que je suis vivant et que tu es avec moi, et que ça monte quand même sur ma peau, Joshua. Ça monte sur ma peau alors que les minutes deviennent trop longues, trop engluées dans ce froid, et ça monte sur ma peau, mais je n'ai pas peur, je ne crains pas ce qui arrive. Ce n'est rien, parce que je suis avec toi, et je suis tellement, tellement heureux, mon bébéchat que tu aies réussi à nous transporter ici. Alors ici, même s'il tue, ce vent qui griffe ma poitrine, ici est un paradis qui souligne mon émerveillement et je te serre contre moi et tu es cette source de chaleur qui ne doit pas disparaître, que je ne veux pas voir arrêter de bouger. Tu es tellement grand, tu es tellement beau, et je suis ravi, amour de mon existence, amour de mon univers, parce que celui-ci est tellement grand, désormais, tellement gigantesque, il n'y a vraiment plus aucune limite, n'est-ce pas ? Je suis ravi, et je ne sens pas mes yeux qui s'ouvrent sous des roches dissimulées sous un trop blanc qui bouffe mon noir. Je ne distingue rien en particulier dans le blanc et le noir qui se baisent plus fort que Chair et Bone. Je ne distingue rien de particulier et ça ne ressemble pas au Japon, ça ne ressemble pas à une plaine, ça ne ressemble à rien à part au ciel et à la terre qui sont un ying et un yang dans lequel on vient de se matérialiser. Mes cheveux sont mouillés, mon dos est trempés et je me mets à tousser, sans vraiment le réaliser : parce que la réaction physiologique est un processus quasiment confortable. Parce que dégager ma gorge, dégager mes alvéoles, c'est quelque chose de naturel, et je ne sens rien, je ne sens rien, je me sens simplement fatigué. Oh, god, tellement fatigué.

« Hey ... I think … We need to find a hot… -warm place.»

J'ai murmuré. Est-ce que tu m'as entendu ?

« Let's find somewhere warm, minestmine you. »

Je crois que je me suis mis à pleurer de fatigue et ça ne me plait pas. Vrombissement de mon coeur qui s'arc-boute contre la faiblesse exaspérante d'un corps qui subit plus qu'il ne devient, je rugis une fureur qui ne se manifeste pas autrement que par un murmure cassé, asthmatique. Mes poumons se contractent depuis trop longtemps pour que je ne perçoive pas la pression que ma trachée est en train d'effectuer, pour que je ne perçoive pas les papillons blancs qui éclosent, larves bronchitiques qui raclent et qui frottent, et contre mon diaphragme, il y a cette digue qui a lâchée et les papillons sont en train de pisser une lymphe qui me noie de l'intérieur. Je tousse, encore, et cette fois-ci, ça n'est plus de l'exaspération, ça n'est plus de la fatigue, c'est avant tout de la colère à l'encontre de ces poumons que je devrais crever, que je devrais perforer, parce qu'ils m'empêchent de correctement louer le nom de celui qui est mon absolu, mon tout, et qui m'émerveille plus que tout.

J'ai de la pisse de papillon éclos dans les bronches, heeehueheheee.

« No you don't, Zakuro. »

Le murmure de Kojiro est un pesticide qui s'engouffre sous mes synapses et ronge ma chair jusqu'à atteindre le nid larvaire. Il ne les tue pas, il n'est pas quoique ce soit qui s'approche du bronchodilatateur, et les papillons continuent de voleter, mais je me force, les mâchoires fermées, à ne pas tousser, à respirer, à respirer, et la douleur qui siffle est un instrument que je joue avec mes muscles crispés. Je m'étrangle en lenteur, dans le vent qui crache ce que mes poumons sont en train de couver. J'ai dans la poitrine un nid chargé d'insectes blancs, et dans la tête un Kojiro désabusé.

« Joshua, i fucking love you, can we please find somewhere warm, please please pretty please, you. You pretty you.  The fuck we are ?  »

Je ris, je tousse, et c'est pathétique. Mais on va s'en sortir, parce que tu sais, tu sais, je te fais infiniment confiance. Mes doigts pianote un rythme défaillant contre tes vertèbres, et je serre la couverture contre tes épaules, je la serre fort, en t'imaginant déployer des ailes, en t'imaginant nous emporter loin, au-delà des poumons asphyxiés d'une planète étouffée. Franchement, franchement, loin de ça, loin de là, dans l'endroit le plus chaud de l'univers, entre les cuisses de Kojiro.

« I love you, yaknow ? I love you. »

Je ricane, tout doucement. Dans le noir et le blanc.



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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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