LIENS UTILES
Nouveau?
Code de vie
Contexte
FAQfadet
Groupes
Sanctuaires
Artéfacts
Bestiaire
Fonctions
États magiques
Défis mensuels
Textos
Missions
RP vedettes
Absences
Partenariat
PRÉDÉFINIS




Lire entre les lignes Empty
Lire entre les lignes Empty
Lire entre les lignes Empty
Lire entre les lignes Empty
Lire entre les lignes Empty
Lire entre les lignes Empty

Lire entre les lignes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Ven 30 Oct - 1:32

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
Points : 7382
Messages : 1048
Age : 30
Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio et Elana Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel

Victoria Machiavel
La vie, bien souvent, se résume en une succession de lignes.

Il y a celles que l’on trace et que l’on suit, que l’on franchit et que l’on traverse avec les bras levés et victorieux, aussi bien que celles desquelles on dévie, celles que l’on perd ou que l’on garde à jamais parce qu’elles se creusent de manière indélébile dans la chaire ou dans le cœur. Il y a les lignes que l’on tend et celles auxquelles on mord, puis celles qui – entrelacées comme un filet – nous retiennent, tandis qu’entre d’autres on se faufile pour le meilleur comme pour le pire.

Dans sa salle de bain, elles prennent notamment la forme de rayons matinaux qui, par la fenêtre, à travers les lattes de bois, tracent sur les cuisses exposées de Victoria ces passages que son regard emprunte pour fuir au moins brièvement la réalité… Seulement pour mieux se faire happer par ses angoisses réalisées. C’est qu’entre ses mains, des lignes, il y en a deux: roses et délicates, elles s’étaient lentement insinuées devant ses yeux qui maintenant s’affolaient en cherchant à trouver, à travers l’humide brouillard qui se forme sous les cils, tout ce qui se vautre entre ces deux traits parallèles. C’est qu’il y a toute une vie contenue dans ces cinq millimètres de plastique blanc, et assez d’anticipation pour plusieurs autres.

Ce n’est pas possible.

C’est d’une sublime ironie, quand même, que de se découvrir enceinte alors que les résultats négatifs s’étaient enchaînés l’année précédente, quand elle avait cherché à concevoir, seulement pour voir son projet réalisé maintenant qu’elle ne le souhaitait plus.

C’est faux. Elle voulait toujours de ce bébé.

Ce sont des circonstances dont elle ne voulait pas. Le moment était juste si mal choisi. Et les pères potentiels? Entre l’ami précieux qu’elle ne voudrait pas voir devenir autre chose et celui dont les circonstances lui inspirent autant de culpabilité que de méfiance…

Elle rit un peu, en faisant le tour de sa cuisine en comptant et en recomptant les jours, encore et encore, et tout semblait pointer vers la semaine de ce voyage en Italie qu’elle avait dû faire pour confronter Alessio afin de venir en aide à son amant Emanuel; elle avait été, bien entendu, avec Even juste avant et juste après cela également. Le père pouvait être aussi bien l’un que l’autre, vraiment… Et Victoria n’était pas certaine de ne jamais vouloir en avoir le cœur net. Ce qu’elle cherche maintenant, en faisant les cent pas dans le salon-musée, c’est un plan d’action. Une solution, quelque chose, mais son cœur bat fort sans qu’elle ne s’essouffle, martelant sa poitrine autant que ses tempes, si bien que, tout comme elle en marchant, ses émotions tournent en rond et s’emmêlent dans un nœud suffoquant.    

Dans cette situation, Victoria ne peut que se demander ce qu’aurait fait Olivia.

- Nour… Souffle-t-elle, en tenant le combiné comme une ligne de survie.

Et quelque part, elle connait déjà la réponse à cette question.

- J’ai besoin, commence-t-elle avant que ne se brise sa voix, et qu’elle ajoute avec un sanglot étouffé, d’une figure parentale.


Avatar fait à partir d'une œuvre de Pheberoni.
Revenir en haut Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Sam 7 Nov - 9:37

Tonton officiel de l'Ordre
Points : 1773
Messages : 54
Habitation permanente : Living Mirage, Old Fyre, et entre les deux.
Occupation : Chercheur en tout.
Nour Alizadeh

Nour Alizadeh
De l'autre côté du fil, on entend le bruit familier des papiers qu'on remue, d'un livre qu'on referme. De l'autre côté du fil, il fait nuit et on perçoit presque le silence qui inonde la pièce où, malgré l'heure tardive, la lumière brille encore pour tracer des halos jaunes à travers des obscurités poussiéreuses. De l'autre côté du monde, il fait noir et tout est calme en dehors de la rumeur de la rue qui monte jusqu'à une fenêtre qu'on entend se fermer.

"Nour..."

Une main accroche le téléphone, l'autre repousse ce qui encombre la table. Le briquet claque, la braise crépite longuement quand il aspire une longue bouffée et qu'on perçoit le sourire qui fait ondoyer la voix très douce, un rien cassée, qui dit :

- Tout ce que tu veux, azizam. Raconte. Qu'est-ce que tu as fait comme bêtises, encore ?

On entend le sourire se tendre avec ses mots, comme pour franchir l'espace et la distance qui les séparent. Victoria ne l'aurait pas appelé avec cette voix-là, à cette heure-là, si ce n'était pas grave, et la douceur, elle est aussi là pour tarir l'inquiétude qui prend comme un feu de paille au fond des entrailles.

Allons bon, quel drame encore ?
Revenir en haut Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Dim 8 Nov - 3:06

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
Points : 7382
Messages : 1048
Age : 30
Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio et Elana Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel

Victoria Machiavel
La voix de Nour est une étreinte dans laquelle Victoria se dissout un peu plus, malgré elle, en ces vagues qui voudraient la submerger, la faire chavirer, et qui lui font au moins chercher son souffle et respirer trop fort, sporadiquement, juste quand elle parvient à garder la tête hors de l’eau; elle est aussi une bouée contre laquelle elle se love, comme le fait sa joue qui se presse contre le combiné, en dépit des éclaboussures qui lui coulent un peu de sous les cils.

Elle aurait voulu fuir.

Nour avait bien connu Olivia, et il connaissait aussi sa fille: en l’appelant, elle s’était sciemment tendu un piège duquel elle ne pourrait pas se tirer, ce qui ne l’empêche pas de tirer un peu sur ses propres chaines.

- Je vais bien, se convainc-t-elle plus qu’elle ne veut le rassurer lui.

Si Victoria ne pleure pas vraiment, c’est seulement parce que ses yeux sont fermés. En parallèle, quand retentit le cliquètement du briquet, elle prend une profonde inspiration en suivant le souffle calme qui, à l’autre bout du fil, aspire le tabac dont elle sentirait presque l’odeur familière.

Dans d’autres circonstances, elle aurait bien volé une cigarette à Tullio pour fumer aussi.

- Je ne sais pas comment… Par quoi commencer, se confond-elle avant de fondre dans un silence qui tremble, parce qu’elle est terrifiée, et qui hurle aussi, parce qu’elle commence à se fâcher contre elle-même.

- Je suis enceinte, lâche-t-elle finalement, presque sèchement, après avoir laissé la frustration organiser son émoi. Cependant, d’ordre il ne reste pas grand-chose après cet aveu qui éclate comme un sanglot étouffé.

Ce n’était pas vraiment ça, le problème, mais c’était déjà une bonne amorce.


Avatar fait à partir d'une œuvre de Pheberoni.
Revenir en haut Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Mar 10 Nov - 18:31

Tonton officiel de l'Ordre
Points : 1773
Messages : 54
Habitation permanente : Living Mirage, Old Fyre, et entre les deux.
Occupation : Chercheur en tout.
Nour Alizadeh

Nour Alizadeh
- Le début, azizam, le début, assène Nour, tout calme, tout doux, du fond de ses vapeurs et de l'obscurité.

Il entend son souffle, qui se calque sur le sien alors qu'il respire, longuement, la fumée qui crépite sur la braise. Alors il respire, encore, à longues gorgées qui sifflent dans sa gorge, comme pour la bercer un peu. Finalement, elle finit par percer l’abcès et cracher le morceau, mais Nour ne sait pas très bien encore s'il doit s'en réjouir, alors quand il entend les mots qui ont tant de fois résonné à ses oreilles, il se lève comme s'il était monté sur ressorts et se met à arpenter la pièce.

Dieu doit avoir les oreilles qui sifflent, un petit peu, pendant qu'il en invoque les grâces, toutes les grâces, énumérées dans un même souffle précipité.

- Toria, dis-moi que c'est une bonne nouvelle, pourquoi j'ai l'impression que ça n'est pas une bonne nouvelle ?


C'est qu'il voudrait bien se réjouir encore d'être un petit peu grand père, une fois de plus, et surtout presque grand-père de cet enfant-là. Quand enfin la parole lui manque, qu'il s'appuie à la fenêtre close sur la nuit citadine, il regarde son reflet qui miroite sur le verre irrégulier et le fixe en retour, à travers l'ombre, les années, le clair de lune sur les toits. Sa main remue furieusement ses cheveux noirs, sans se soucier des cendres qu'il laisse accrochées à ses boucles déjà poivre et sel.

- Pleure pas, petite, j'ai le cœur qui vire, quand tu pleures.


La voix est douce encore, toute douce, toute tendre. La cigarette retrouve le coin de sa bouche, la braise flamboie contre la vitre, et tout au fond, il sait déjà à quel point ce dont Victoria aurait eu besoin, là, tout de suite, c'est surtout de sa mère.

Olivia aurait du être là, elle aurait sans doute su mieux que lui trouver les choses à dire. Mais voilà, Olivia n'est pas là et Nour se retrouve, loin de tout, à mille kilomètres de distance et quelques fuseaux horaires d'elle, à essayer de combler au mieux les manques et les trous dans ces vies disparates qu'on a cousues entre elles pour faire un semblant de famille. Son absence se fait d'autant plus criante, elle hurle dans le silence mais malgré tout, la douceur ne déserte ni la voix ni le souffle, quand il écoute. Tout patient et tout calme, car après tout, s'il n'est pas cela pour elle, à quoi bon ? Sa main tremble pourtant un tout petit peu, fait vibrer le poinçon de lueur entre ses phalanges usées.
Revenir en haut Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Dim 15 Nov - 8:00

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
Points : 7382
Messages : 1048
Age : 30
Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio et Elana Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel

Victoria Machiavel
Un sourire aux lèvres et des éclats pétillants plein la bouche, Olivia avait eu tôt-fait d’enseigne à Victoria à rire, en toutes circonstances, plutôt que de pleurer. Pourtant, aujourd’hui, les larmes s’accumulent sous les paupières et débordent, malgré elle, et malgré le souffle qu’elle aspire et retient. Ça prend bien la question de Nour, absurde à ses oreilles, ainsi que toutes les contractions qui forment un semblant de réponse pour que s’embraye lentement ce mécanisme hilare.

- C’est une bonne nouvelle, hoquète-t-elle, avec tout le paradoxe qui règne entre les larmes et les mots pour alimenter un éclat de rire, comme une étincelle, qu’il s’attise et se transforme en incontrôlables esclaffements saccadés.

Elle rit, elle pleure, et le reste est une confusion dans laquelle s’embrouillent les rires, les sanglots et les paroles au sujet du travail, du test de grossesse, d’Even, du bébé, d’Emanuel, de la fatigue, d’Ambrose, de sa mission et du danger. Victoria se parle plus qu’elle ne parle à Nour, en vérité, mais seulement parce que le calme de ce dernier devint cette ligne directrice qui l’oblige à organiser sa pensée, même si tous ses réflexes naturels voudraient plutôt la guider vers la fuite et le déni.

- Je veux le bébé, reprend-elle, étourdie, après avoir retrouvé un peu son souffle, mais je ne sais pas quoi faire du père.

Au tournant d’un vertige, Victoria se laisse tomber à la fois sur le canapé et dans un soudain mutisme. C’est qu’il y, dans tout ceci, beaucoup de choses tapies dans le non-dit, et Olivia n’a pas besoin d’être là pour qu’ils sachent tous les deux ce qu’elle aurait eu à dire à ce sujet.

- Si ma mère… Commence-t-elle prudemment avant de mieux se taire, parce que, ça, c’était un autre territoire dangereux qu’elle n’était pas certaine de pouvoir traverser dans son état actuel. Il n’empêche qu’elle s’était toujours un peu demandé ce qu’il pensait vraiment des rumeurs, ainsi que de ce qu’il avait pu ressentir, à l’époque, même si entre eux deux, somme toute, la vérité ne changerait pas grand-chose aujourd’hui.

Probablement pas grand chose, réitère-t-elle face aux secondes de silence qui voudraient la narguer.


Avatar fait à partir d'une œuvre de Pheberoni.
Revenir en haut Aller en bas
Message Lire entre les lignes Empty
Sam 28 Nov - 17:40

Tonton officiel de l'Ordre
Points : 1773
Messages : 54
Habitation permanente : Living Mirage, Old Fyre, et entre les deux.
Occupation : Chercheur en tout.
Nour Alizadeh

Nour Alizadeh
"Ne pleure pas," dit le vieillard à la jeune, à l'étoile, et l'étoile adoucit ses larmes d'un rire qui force et qui perce, toujours, derrière le rideau des pleurs. Il l'écoute encore, faire de ces bruits mouillés qui lui chavirent le cœur et qu'il n'arrive plus très bien à distinguer parce qu'à la toute fin, tout se mélange et il y a des émois si intenses qu'on ne peut plus tout à fait trouver la différence. Nour se réjouit, au fond, comme se réjouissent les vieilles gens : avec l'allégresse de ce qui vient, et la mélancolie du souvenir de ce qui n'est plus.

C'est le silence qui vient, il sait, et l'enveloppe de son écoute même à travers les milliers de kilomètres qui les séparent. Au bout du fil, les indices sont là : pas un vrai silence, non, pas le mutisme qui ne fait pas un son, pas un geste, pas un bruit, non. Il écoute, on l'entend, on perçoit l'oreille tendue et les touts petites traces de sa présence. Le souffle qui siffle, la fumée qui crépite, braise chauffée, allumette grattée, embrasements de tabac, vapeurs de café renversé sur la porcelaine ébréchée qui tinte sur le bureau.

Finalement elle s'arrête, dans une conclusion qui arrache à Nour un rire sincère, quoiqu'un brin contrit. De quoi sont-elles donc faites, ces femmes de feu et de lumière qui font mentir tout ce que on a pu médire sur la faiblesse de leur sexe ?

- Oh seigneur, tu es bien la fille de ta mère. Pas de doute.

Et puis il se tait, il se taisent et l'absence s'engouffre dans l'interstice de leurs paroles, comme un vent glacé qui cherche la fissure et emplit tout, l'espace d'un instant. Nour se reprend, le premier. Il a l'habitude. C'est moche à dire, mais ces moments-là qui étreignent le ventre, ces poignes de fer et d'os, froid glacial au fond des tripes, il les connaît bien. Est-ce que c'est ça, de vieillir ? S'habituer enfin à la mort des autres, à leur absence, au vide ?

Il a la voix douce encore quand il reprend, mais elle s'érode d'un rien de peine.

- Si ta mère était encore là, elle te dirait de faire ce qui te chante, azizam, tu sais bien. Elle te l'a toujours dit et, Dieu la garde, c'est ce qu'elle a toujours fait. Tu t'en rappelle, pas vrai ? Elle disait "Toria, écoute tes tripes, elles savent mieux que toi ce qui est bon".

On entend son sourire qui creuse et ravine les joues, les yeux, la commissure des lèvres qui tire des rides profondes. Il se tait encore un peu, et il reprend, à mots soigneux, précautionneux :

- Y'a comme une habitude d'élever les marmots toutes seules, dans la famille, mais toi tu t'es mise dans un sacré pétrin, quand même. Tu sais que tu peux le faire, quand même : garder le bébé, ne pas garder le père, et n'en faire qu'à ta tête, comme toujours.


Une pause.

- Tu devrais en parler à Catherine, tiens.

Est-ce que ça picote, au fond ? Tout au fond, là, trente après s'être entendu dire que c'est très bien tout ça, mais tu ne feras pas un bon père, Nour, aussi fort que tu le veuille, ça ne suffit pas. Fermement, mais doucement, comme on enfonce un clou dans un cercueil. ça fait presque mal, encore, comme un fantôme de cicatrice.

Ah. La mémoire est une sacré traîtresse.

- Moi, tu sais, je ne prendrai pas le risque de contrarier ta mère en te disant autre chose. Fais ce qui est bon pour toi, et pour ton petiot. C'est que tu es presque maman, maintenant.

Il s'interrompt et on l'entend marmonner à demi pour lui-même, ah, seigneur, très miséricordieux, tout miséricordieux ! Et on l'entend rire, encore, de ce rire incrédule que provoquent les miracles et les choses inespérées.
Revenir en haut Aller en bas

Lire entre les lignes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Old Fyre :: Le monde :: Old Fyre :: La ville :: Les habitations-