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Dim 16 Fév - 13:32

Le grand méchant loup
Points : 5767
Messages : 173
Age : 32
Habitation permanente : Old Fyre
Occupation : Photographe - Grand méchant loup
Nawar Nasri

Nawar Nasri
Rien au monde ne pourrait être meilleur que la sensation de plénitude que je ressentais à cet instant. Le monde aurait pu s’écrouler que je n’en aurai rien su, je venais de retrouver mon monde à moi. Je la tenais contre moi, pour de vrai nous étions enfin réunis. Rien au monde n’était meilleur.

C’était quelques jours plus tôt que tout s’était joué. C’était quelques jours plus tôt que j’avais passé le coup de fil certainement le plus important de ma vie, véhiculant un simple message « je rentre à la maison ». Alors, depuis l’Allemagne où Tullio et moi venions d’être envoyés, j’avais pris le premier vol en direction d’Istanbul une fois notre mission achevée. C’était si soudain que ça en devenait brutal pour ma belle-famille qui la gardait, mais peut m’importait, l’évidence s’était enfin imposée à moi et une fois convaincu, j’avais tout fait pour qu’elle se réalise : je ne voulais plus vivre loin de ma fille.

J’avais voyagé plus nerveux que jamais, avec une peur panique d’être rejetée par cette famille que j’avais délaissée toutes ces années. Peur également qu’à l’instant où nos retrouvailles deviendrait réelles, je ne puisse plus tenir la Bête en cage et qu’elle finisse sommes toute le travail de mort de celle par qui tout avait commencé. Alors j’étais resté anonyme en ville quelques jours, arpentant les rues que je connaissais par cœur, et me gavant de potions made by Hyli qui me shootaient complètement, au point de ne plus être une menace pour quiconque. Puis, j’avais pris mon courage à eux mains et j’avais toqué à la porte, et je l’avais vu apparaître. Enfin.

Je suis tombé à genoux et je l’ai prise dans mes bras, au bord des larmes. Rien au monde n’était meilleur. Nous sommes restés ainsi longtemps. Rien au monde n’était meilleur. Je ne parvenais plus à la lâcher, comme si une fois sortie de l’antre de mes bras elle s’évanouirait comme un songe. Elle était tout ce qui me restait. Mon monde, ma galaxie, mon univers. Je me suis redressé un peu pour la regarder, puis je fondis à nouveau sur elle pour enfouir son visage contre mon cœur qui avait de nouveau recommencé à battre.

L’idée de revenir à Istanbul pour elle m’avait hanté depuis des mois, à la fois nourrie par le manque et la crainte qu’elle grandisse et s’épanouisse sans que je puisse la voir ou la protéger. J’avais tout d’abord imaginé rester ici, reprendre une vie somme toute classique, et partir en mission de tant à autre, tout comme je le faisais en tant que photographe. Quitter Old Fyre et ses intrigues ne me provoquait aucune douleur, même si je m’étais fait quelques amis pendant mon exil sur l’île. Mais même une jolie amitié ne peut résister à l’amour d’un père pour sa fille. Cependant, dès que j’avais mis un pied dans le pays j’avais déchanté. Les situations politique et géopolitique s’étaient incroyablement dégradées depuis mon départ, et il régnait ici un climat angoissant. Je ne me sentais plus à m’y place, et plus encore, je ne voulais pas que ma fille continue de vivre dans un climat aussi délétère.

Évidemment, débarquer comme ça après des années et au bout d’à peine quelques jours dire « bon, je vais mieux, j’ai un nouveau job en Australie, j’y repars bientôt et Elle vient avec moi », ça ne se passe pas sans un peu de casse. Cela casse même très fort. Car nous étions dans une impasse, ses grands-parents maternels refusant de voir partir la petite princesse dont ils avaient si bien pris soin tout ce temps, et à travers qui ils voyaient le reflet de leur fille disparue, et moi refusant de repartir sans ma petite perle, trop longtemps marqué par mon absence. Si Marjan ne comprenait pas exactement pourquoi les adultes se disputaient, elle su déceler assez rapidement que nous n’allions pas reformer une famille unie et heureuse ici, et pire, qu’elle était le point autour duquel tournait la discorde. Discorde de plusieurs semaine à laquelle j’avais mis un terme de manière autoritaire, sans appel, et sans une once de remords en faisant envoyer ses affaires en Australie aujourd’hui même, puis nous dans la foulée.

Au revoir Istanbul, au revoir la Turquie… Ce chapitre de ma vie est bel et bien fini.



* * *


« Dis-moi Marjan, crois-tu que les papas peuvent mentir ?
- Bah non, ce sont les papas qui nous apprennent qu’il faut pas mentir.
- Eh bien les adultes peuvent dire quelque chose et faire tout l’inverse tu sais.
???
- Hum… ce que j’essaie de te dire c’est que papa a menti quand on était à la maison.
- Je te crois pas !
- J’ai menti à papi et mamie sur mon vrai travail.
- Mais pourquoi tu as fait ça ?
- J’ai été obligé de mentir parce qu’ils ne m’auraient pas cru si je leur avais dit la vérité.
- Je comprends pas papa.
- Je vais t’expliquer. Mais d’abord dis-moi est-ce que tu crois aux fées, aux djinns ou aux licornes ?
- Bah oui évidemment !
- Même si les adultes te disent que ça n’existe pas ?
- Bah euh… oui ? P’te qu’ils se trompent ou qu’ils peuvent plus les voir parce que ce sont des adultes et qu’ils sont vieux.
- Je vais te dire un grand secret, un secret que tu ne pourras pas répéter à papi et mamie.
- Mais pourquoi ?
- Tu promets ?
- Mmmmoui, je promets…
- Tu as raison, toutes les créatures des contes ou des légendes existent pour de vrai.
- NON C’EST VRAI ?!! Mais c’est SUPER !!!
-Ssshhhtttttt,
fit la personne se trouvant sur le siège derrière le notre, visiblement agacé par notre conversation un peu trop enjouée.
- Oui c’est vrai.
- Et c’est pas un mensonge ça hein ?
- Je ne te mentirai jamais ma chérie.
- Mais alors, pourquoi on peut les voir que dans les dessins animés et les livres ? Et comment tu le sais toi que c’est vrai ?
- Ce sont d’excellentes questions ma chérie. Je vais tout te dire.


Marjan s’était assise en tailleur sur son siège et me regardais avec des étoiles dans les yeux.

« Les créatures magiques existent, et elles vivent parmi nous. Mais on ne peut pas les voir, elles cachent leur véritable apparence pour se protéger des humains. Par exemple, les fées ressemblent à des papillons ou les sirènes à de gros poissons...
- Des dauphins ?!!!
- Oui c’est ça, certains dauphins sont des sirènes en réalité.
- Et les licornes ?
- Euh, j’en sais rien, laisse-moi continuer. Pour les voir, les humains doivent boire du lait magique tous les jours, sinon le papillon est juste un papillon, et le dauphin, juste un dauphin. Mais comme la plupart des humains ne les boivent pas de lait magique, parfois ils leur font du mal sans le savoir. Quand on construit des villes en rasant une forêt, quand on pollue les océans et les rivières, tout ça, ça met en danger les créatures. Et… il y a des gens qui voyagent partout dans le monde pour protéger ces créatures qui sont menacées. On les appelle les « chevaliers ». Et pour les protéger, souvent ils doivent les emmener dans des lieux magiques : les sanctuaires.


Marjan se rapprocha de moi, et tout doucement, la voix pleine de curiosité et d’excitation, me chuchota :
- Et tu veux dire que toi t’es un protecteur des créatures magiques ???!!!
- C’est à peu près ça, lui répondis-je sur le même ton.
- Et là où tu habites il y en a plein ?
- Oui… mais les sanctuaires c’est dangereux, tu ne pourras pas y aller toute seule tu m’entends ?
- Oui,
dit-elle en faisant la moue. Puis, troublée, elle rajouta : Mais papa, t’as jamais fait de photos alors ? Tu mentais à maman aussi ?
- Euh non… Je n’ai jamais menti à maman – pas sur ce sujet-là du moins. Non j’ai.. Tu vois, les créatures magiques, c’est comme les humains, il y en a des gentilles, et il y en a des méchantes. C’est pour ça que tu n’auras pas le droit d’y aller seule.
Quand… - respire - Cette nuit-là, c’est une méchante créature qui nous a attaqués et ce sont des chevaliers qui nous ont sauvés… Et c’est à ce moment-là que j’ai découvert la vérité. Et comme je ne veux plus qu’il y ait d’autres petites filles qui perde leur famille comme ça, j’ai voulu travailler pour eux. Tu comprends ?


En guise de réponse, Marjan se blottit contre moi.
« Je t’aime mon papa.
- Moi aussi je t’aime ma fille. Plus que tout au monde »


Nous sommes restés ainsi des heures, l’un contre l’autre, jusqu’à ce que l’avion amorce sa descente sur l’Australie.


* * *


Des larmes, encore. À croire que nos yeux ne servaient plus qu’à cela, pleurer. Je me tenais sur le seuil de la porte de Danaé, prêt à partir pour ma première mission depuis des semaines. Je savais que ce jour allait fatalement arriver, nous nous y étions préparés. Du moins, moi je m’y étais préparé, Marjan, elle, m’avait répété qu’elle savait, mais elle n’avait pas compris tout ce que cela impliquait. Elle n’avait pas compris qu’à peine retrouvée, j’allais déjà la laisser seule, et cette fois-ci dans un monde inconnu, et que cela n’était que le début. Alors des larmes coulaient sur ses joues, chaudes, torrentielles, celles d’une petite fille que l’on abandonne un peu trop souvent. J’espérai qu’elle s’y habituerait pour que chaque départ ne soit pas un tel déchirement. Je ne supporterai pas longtemps de lui faire autant de peine.

Alors des mensonges, encore. À croire que ma bouche ne servait plus qu’à cela, mentir. Je lui rappelai d’abord les souvenirs que nous nous étions construits depuis qu’elle était arrivée. Toutes les après-midi à la plage ou à la bibliothèque, les longues balades en ville ou dans les champs, les douces soirées sur le balcon à regarder l’horizon et les étoiles comme nous le faisions à Istanbul lorsqu’elle était petite. Je lui parlai de tous les amis qu’elle avait ici, du moins, mes amis à moi qu’elle allait apprendre à connaître. Je lui promettais de rentrer vite – mensonge - et que lorsque je serai là, je n’aurai du temps que pour nous deux. Toujours et à jamais nous deux. Mensonge. Et que mes absences seraient rares, et qu’à chaque fois que je reviendrai nous ferions la fête et nous nous amuserions comme jamais, que j’allais lui montrer encore plus de choses merveilleuses, qu’elle ne regretterai plus d’être ici, avec moi, loin de tout son monde. Mensonges, mensonges, mensonges.

Sur le chemin jusqu’à l’embarcadère, j’essayai de me convaincre, les yeux encore rougis, que j’avais fait le bon choix en lui imposant cette vie. Évidemment je serai souvent absent et elle serait contrainte d’aller à l’école au QG, parmi des gens qu’elle ne connaissait pas, dans une langue qu’elle ne comprenait pas, dans un monde que je lui avais vendu comme fantastique et qui ne tenait pas ses promesses. Mais elle était jeune, elle allait se lier d’amitié avec d’autres enfants et d’autres adultes, elle allait apprendre plus que tout ce auquel elle aurait jamais eu accès et elle tracerait sa propre voie loin du monde des hommes ordinaires, mais à l’abri de leurs règles cruelles. J’en étais convaincu !

Mensonge…
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