Naufrage mental

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Ven 9 Juin - 1:47

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
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À l'orée d'une forêt de meubles
Deuxième interlude
Printemps 2017


Le premier jour et la première nuit, Victoria et Tullio avaient bu à l’Aquarium jusqu’à noyer leurs appréhensions. À l’aube du deuxième jour, ils avaient encore bu le matin, puis avaient pris une pause en journée, pour ensuite boire davantage encore le soir. Au crépuscule du troisième jour, entre une migraine et deux verres de scotch, Victoria avait décrété qu’il étant temps pour eux de quitter la taverne et de se familiariser avec leur habitation de transition… Tullio n’étant pas particulièrement excité à cette idée, elle avait attendu, le lendemain soir, qu’il se soit bien réchauffé, se rendant susceptible de faire tout ce qu’elle lui demanderait sans poser la moindre question, pour le guider, d’abord en le tenant par la main, puis en le maintenant par l’épaule, vers leur appartement.  

Elle, elle n’avait pas bu pour la première fois depuis leur arrivée, ce qui la laissait nauséeuse, vaguement vide de chaleur et prône aux égarements mentaux.  

Leur appartement était localisé dans un édifice glorieux fait de pierres immaculées aux reflets chatoyants. Un monument, une merveille pour les yeux… où il n’y avait pas d’ascenseur.

Les escaliers étaient circulaires, étroits, interminables ; Tullio, peu coopératif, lourd et de plus en plus détestable.  

À bout de force et de patience, elle était parvenue à le trainer devant la porte 507. Ah. Une chose qu’elle savait, mais pas lui, c’est que l’appartement était déjà occupé par un autre chevalier, mais que de toute façon, celui-ci était présentement en mission à l’autre bout du monde.

Soutenant son ami, elle avait eu du mal à entrer la clé dans le verrou, mais ce dernier tourna aisément, ouvrant gracieusement la porte sur une pièce plongée dans le noir.

Un pas.
Tullio glissa sur le côté et elle dut le rattraper par la taille.

Deux pas.
Il tombait maintenant dans l’autre sens et elle l’en empêcha, cette fois, en l’attrapant par le collet.  

Trois pas.
Un bruit tout droit sorti de l’enfer retentit dans tout l’appartement.

- HOU HOU. HELL-O. HOU.  

Dans un énorme sursaut, elle avait laissé Tullio choir violemment sur le sol de l’entrée.

Elle, c'est la stupeur qui l’avait frappée en plein visage, étampant sur ses traits une grimace horrifiée.

Dans l’appartement, il n’y avait personne et ses yeux inquisiteurs étaient l’arme d’un combat épique entre sa volonté … Et celle d’un hibou empaillé.

- HELL-O. HOU. HOU.

Alors qu’il criait une deuxième fois, les étincelles dans ses orbites de plastique dessinèrent sa forme dans le noir.

- Pfffffffffffffffff.

Malgré la bête qui continuait de hurler, Victoria ferma la porte derrière eux et commença à chercher pour un interrupteur, sans succès. Pénétrant finalement la pièce à l’aveuglette, elle contourna plusieurs meubles et objets avant de trouver un canapé et de s’y échouer de tout son long en pinçant fermement des paupières.

Dans l'entrée, elle entendit Tullio remuer.


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Ven 9 Juin - 7:06

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Deux jours à boire. Ca n'avait évidemment rien à voir avec ce qu'il consommait habituellement, mais l'organisme de Tullio semblait se satisfaire des doses massives d'alcool qu'il ingurgitait. Enfin ça, c'était jusqu'à ce que Victoria décide qu'il était temps d'arrêter et de rentrer.

Rentrer pour aller où, d'abord? Non, vraiment, il était bien là où il était. Enfin ça c'était jusqu'à ce que la policière le laisse suffisamment se bourrer la gueule pour qu'il la suive sans résister.

Sauf en cas d'accès de flemme. Comme devant des escaliers par exemple. Le jeune homme aurait été parfaitement satisfait qu'elle monte seule, l'abandonnant pour une sieste bien méritée sur le sol propre du rez-de-chaussée mais ça n'était manifestement pas dans ses plans. Il fallut qu'elle le pousse, qu'elle le tire, et il râla plus souvent qu'à son tour mais au bout de ce qui lui parut être une éternité il n'y eut plus d'escaliers à monter.

Fatigué, nauséeux à cause de ces maudits escaliers qui tournaient beaucoup trop, il en était au point de commencer à s'endormir debout, tant et si bien qu'il ne tenait sur ses deux pieds que grâce à Victoria.

Un hurlement lui fit faire un véritable bond avant qu'il ne s'écrase au sol, privé du soutien de la policière qui avait eut l'air d'avoir aussi peur que lui. Mais c'est quoi ce bordel, putain?! Osant à peine respirer, il resta allongé au sol un long moment. D'après ce qu'il avait entendu, la demoiselle avait dû se laisser tomber dans un canapé. Et aussi accueillant que lui paraisse le sol, Tullio n'avait aucune envie de rester dans le champ de vision de la chose qui leur hurlait dessus.

Avec un grognement, il se redressa légèrement sur ses coudes, tendant l'oreille. Pas de cri. Avec un soupir de soulagement, il entreprit de se relever… et fila vers le canapé aussi vite que son état d'ébriété le lui permettait. Autant dire pas très rapidement, sans compter qu'il s'était pris ce qu'il pensait être un buffet, ou un autre truc du genre de plein fouet sur le trajet.

- Mais qui est l'imbécile qui a foutu cette horreur dans l'entrée et des meubles partout?

Grogna Tullio, tandis qu'il s'asseyait à même le sol, appuyant son dos sur le canapé à hauteur des jambes de Victoria. Il laissa quelques minutes passer, ou du moins il pensait que ça faisait quelques minutes, avant de reprendre la parole.

- J'espère qu'il y a de l'aspirine quelque part…

Soupira le jeune homme, tout juste assez lucide pour savoir que le lendemain matin ne serait très certainement pas agréable.

- T'es sûre que tu vas bien dormir, là?

Marmonna-t-il, somnolant malgré la position qui aurait été inconfortable pour la plupart des gens.

- J'suis à peu près sûr … qu'il doit y avoir un lit.

Termina Tullio, en étouffant un bâillement à la moitié de sa phrase.

Achievement Unlocked !  
Succès ! Tu as accompli un défi : traiter des effets de l'alcool.
Pour féliciter ton exploit, 20 points ont été crédités à ton profil et l'icône ci-dessus ont été ajoutée à ton dossier !
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Ven 16 Juin - 1:25

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L’inconfort dans ses jambes et dans ses épaules s’affaissait dans des spasmes, s’engourdissait au même rythme que sa conscience, s’éloignait avec toute sa motivation.

Au loin, très loin : l’écho d’un bruit, et l’horrible oiseau hurla à nouveau, l’empêchant momentanément de tomber endormie… Mais pas pour longtemps. Le silence tout juste revenu, le cri n’était déjà plus qu’un distant souvenir qui s’effaçait dans le brouillard de son esprit.

À nouveau, seulement à quelques secondes du sommeil profond, une sensation tactile la sortie de sa léthargie ; les mains de Tullio tâtèrent maladroitement ses mollets avant d’empoigner le derrière de son genou alors qu’il s’affaissait par terre.

Tullio parlait.
L’imbécile allait être notre colocataire, à moins qu’on ne foute toutes ses affaires dehors avant son retour.
- Huum. Fit-elle pour témoigner de la grande fatigue qui l’empêchait d’exprimer le fond de sa pensée.    

Il parlait encore.
L’imbécile avait peut-être de l’aspirine, oui. Va voir dans hrrr… Un meuble ? Y’en a plein.
- HUUUUUM. Cette fois, avec plus d’émotion et de force, pour exprimer son agacement.  

Il parlait toujours.
Un lit : le canapé en était un suffisant pour le moment ; j’essaye de dormir. Tu parles encore. Ta gueule.
- Huuuuuuuum. Fit-elle enfin, de façon plus lasse, presque plaintive.

Elle sentit sa tête contre sa jambes, mais pas pour longtemps, puisque le sommeil l’emporta.  

Plus tard, peut-être après des minutes, peut-être après des heures, elle s’était éveillée avec un petit sursaut. 

Avec ses yeux habitués à l’obscurité, elle discerna immédiatement le monstre : sombre, tacheté de clair, celui-ci trônait haut au-dessus d’un meuble qui surplombait l’entrée.  Même du salon, le coin de ses globes oculaires de plastiques luisait d’un malsain éclat orangé.  Regardant autour d’elle, elle discernant également la forme de meubles, de murs et de portes. L’une d’entre elles était d’ailleurs entrouverte et révélait les éclats blancs caractéristiques de la salle de bain... Ce qui signifiait que l’autre porte, qui était fermée, devait être la chambre.  

Décidée, elle se leva promptement, maladroitement, en s’appuyant sur la tête de Tullio. Puis, titubante, elle chancela jusqu’à la porte fermée ; la poignée était récalcitrante et elle dut s’appuyer sur le cadre et forcer, manquant presque de tomber vers l’avant avec la porte qui s’ouvrit brusquement.

Et enfin, entouré de babioles et d’artéfacts mystérieux : le lit. Grand. Somptueux. Duveteux.  Les couvertures étaient désordonnées, ce qui n’empêcha pas Victoria de se jeter dedans … Seulement pour atterrir sur un large quelque chose fait de bois et de métal.

De douleur, elle poussa un cri aigu, affuté par sa surprise.  


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Ven 16 Juin - 15:32

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Devant les grognements plus ou moins énergiques de Victoria, Tullio avait fini par intégrer le fait que les réponses ne viendraient pas et avait fermé les yeux pour entamer sa nuit. Chose qu'il fit très bien jusqu'à ce que la jambe qui lui servait plus ou moins d'oreiller ne tressaute sous lui, lui faisant ouvrir les yeux un court, très court instant. Celui d'après, il dormait à nouveau.

Ce fut son tour de grogner dans un bref moment d'éveil lorsque la jeune femme s'appuya sur sa tête pour se lever mais, compte tenu de la douleur qui menaçait de commencer à pulser sourdement sous son crâne, il se contenta de se réinstaller un peu plus confortablement comme si de rien n'était. Elle voulait se promener, grand bien lui fasse! Lui allait se reposer.

Jusqu'à ce que Victoria ne crie. Tullio, le lendemain, ou même à cet instant d'ailleurs, ne serait pas capable d'expliquer par quel miracle il s'était retrouvé sur ses pieds, se précipitant vers la pièce d'où venait le bruit, sans même trébucher une seule fois. Mais il l'avait fait.

"Ca va Toria?!"

Bête question : aurait-elle crié si elle allait bien? Un peu inquiet, quand même, il s'avança jusqu'à ce qu'il identifia comme étant un lit et attrapa la demoiselle pour la tirer hors de là.

Ce n'était pas dans les habitudes du jeune homme de courir au-devant du danger, loin de là. Son premier réflexe était de s'enfuir. Et loin, en prime. Mais pas cette fois-ci. Tout d'abord parce que "loin" signifiait passer dans le champ de vision du truc hurlant dans l'entrée qu'il n'avait toujours identifié. Et ensuite… parce qu'il ne pouvait pas laisser Victoria. Il l'avait fait une fois et il l'avait tellement regretté qu'il avait foutu le bordel dans le commissariat où elle bossait jusqu'à ce que quelqu'un daigne l'écouter.

Jetant un coup d'œil au lit, Tullio pâlit en voyant que ce sur quoi elle était tombée. Une hache. Une putain de hache gigantesque?! Qu'est-ce que ça foutait là?!

"Tu n'es pas blessée?!"

S'exclama-t-il soudain, pris d'une soudaine poussée de lucidité, tandis qu'il l'obligeait à se tourner face à lui pour l'examiner. A première vue, ça allait. Alors avec un grand soupir de soulagement, il finit par la lâcher pour aller déplacer l'arme. Mais qui rangeait une arme sur son lit?! Sauf que. Et en plus cette putain de merde pèse un âne mort!

Tullio souleva la hache, pas très haut, juste assez pour la déplacer jusqu'au bord du lit puis renoncer. Hors de question de mettre ses orteils en danger. Il y tenait, à ses orteils.
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Sam 24 Juin - 3:54

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Immédiatement après l’impact, elle s’était recroquevillée en entier sur elle-même - les genoux contre la poitrine, les ongles dans les paumes, les orteils vers la plante des pieds. Puis, ouvrant ses yeux noyés d’eau, ceux-ci avaient finalement longé la forme métallique qui se tordait et s’affutait en une lame aplatie de hache.

Heureusement, son front n’avait frappé que le dos de la plaque cruelle, qui, autrement, n’aurait pas manqué de lui abattre le crane.

C’est pendant qu’elle pensait à ça que Tullio l’agrippa par les cuisses, la tirant du lit avec une résolution dont elle ne l’aurait pas cru capable. Il la retint ensuite près de lui, une main sur son épaule et l’autre derrière son cou, comme pour l’empêcher de tomber en miettes.  Son propre réflexe aurait autrement été de se laisser retomber sur le lit, un peu à l’écart de cette absurde hache qui avait fait vibrer son crâne et bourdonner ses oreilles.

Elle l’observa, surprise, confuse et désorientée, le regard fuyant.

Tullio la regardait avec des yeux ouverts plus grands qu’elle ne les avait jamais vus, tandis que ses yeux à elle coulaient, en partie de douleur, mais surtout à cause de l’épuisement qui demeurait serré autour de ses orbites.

- Ça va. Ça … Aaah. Ah.

Simultanément, tandis qu’elle lui répondait et qu’il s’éloignait d’elle pour pousser avec détermination l’horrible objet hors du lit, ces mots qui transformèrent en plaintes, qui elles-mêmes devinrent des rires.  
Elle riait, mais, plutôt que de vibrer joyeusement dans la gorge, les éclats fessaient trembler sa poitrine avec des échos comme des pleurs.

- Non. Ça va.

Répétât-elle, à bout de souffle, entre un rire et un hoquetement plaintif, avant de se rouler à nouveau en peloton sur le lit, les paumes contre son crâne qui pulsait ; les battements puissants irradiaient l’existence propre de cette douleur intruse jusqu’à l’arrière de sa tête.

Pinçant des yeux et serrant de la mâchoire,  elle finit par retrouver un presque silence.  

Entre ses doigts, sur son front, la peau meurtrie, même sans avoir été coupée par la lame - mais plutôt devenue poreuse à cause de l'impact - commençait à légèrement se perler d’hémoglobine suintante.


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Ven 30 Juin - 16:42

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Bon, si elle riait, ça ne pouvait pas être si terrible, non? Tullio finit par faire basculer l'arme au sol, loin de ses orteils, et la poussa sous le lit. Le temps qu'il se redresse, il ne savait plus si elle pleurait où si elle continuait à rire.

"T'es sûre?"

Demanda-t-il d'une petite voix, tandis qu'il l'observait se rallonger et se pelotonner dans le lit. Avec un soupir, il se laissa tomber au sol et croisa les bras sur le matelas avant d'y poser son menton. Ses yeux commençaient à se fermer quand il remarqua quelque chose qui n'aurait pas dû s'y trouver. Plissant les yeux, il tâcha de se concentrer jusqu'à voir ce qui se trouvait juste sous son nez.

"Toria… tu saignes…"

Chuchota-t-il avant de se redresser, mû par un soudain élan d'inquiétude. Il chercha du regard un mouchoir, dont il trouva une boîte pleine sur la table de nuit. Dans le doute, il envoya le premier plus loin et se saisit du second dont il se servit pour doucement tamponner le front de Victoria.

Il continua jusqu'à ce que le sang cesse de perler et quand ce fut le cas, il abandonna le mouchoir et glissa les doigts dans ses cheveux. Appuyant sa joue contre son bras libre, il étendit ses jambes pour s'installer un peu mieux et soupira.

"Faudra te soigner."

Marmonna-t-il, à moitié endormi, tandis qu'il continuait à lui flatter les cheveux. Les soins devraient attendre le lendemain, en revanche. Même si Tullio avait eut le courage de se relever il n'aurait de toute façon pas su où trouver de quoi s'occuper du front de Toria. Sans compter qu'il n'était probablement pas en état de faire quoique ce soit de concluant.

"Demain."

Conclut-t-il, en relâchant la mèche qu'il avait jusque là entre les doigts.
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Ven 21 Juil - 14:45

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Son éclat de rire mourut dans la gorge, laissant place à d’occasionnels gémissements d’inconfort.

Tullio s’était levé à nouveau, quoiqu’avec moins d’empressement que la première fois. S’asseyant à côté d’elle, s’emparant d’un mouchoir, puis de son visage : sa main trop grande tenait sa gorge pendant que ses yeux trop inquiets la toisaient dans un moment trop vulnérable à son gout. Sur sa plaie, son mouchoir s’imbibant de rouge était léger, la pression à peine ressentie ; inconfortable au pire de sa définition.

La douleur causée par la blessure aussi était différente maintenant, moins intense, mais plus profonde, et elle s’enracinait dans son crâne où elle fleurissait en une pénible migraine. Ainsi, la tête battante, elle fut bercée vers un endort inconfortable, et finalement, un sommeil insensoriel.

Plus tard, en ouvrant les yeux, elle vu avant tout que Tullio s’était endormi à côté d’elle, à plat ventre, le visage tourné vers elle, mais sa mâchoire profondément enfoncée dans l’oreiller. C’est en essayant de se redresser que le souvenir déplaisant de son petit accident assiégea son front meurtri et elle se laissa retomber sans grâce contre son propre oreiller, face à face avec Tullio qui dormait toujours.

Elle se souvenait qu’il lui avait joué dans les cheveux pendant s’endormait et, après quelques instants d’hésitation, elle glissa ses propres doigts dans ses mèches bleues, appréciant leur texture soyeuse malgré son besoin évident de prendre une douche.

C’est un beau garçon, quand même, pensa-t-elle en en repoussant ses franges vers l’arrière de son crâne, découvrant son front blanc qui, soudainement, appelait ses lèvres. Et cette pensée lui fut suffisamment bizarre pour qu’elle récupère sa main, la serrant contre sa poitrine. Malgré tout, elle s’approcha en remuant, amenant son nez à quelques centimètres de sa peau, son souffle chatouillant ses paupières.

Elle hésitait, en proie à une chaste pudeur qui ne lui ressemblait pas.
 
Balayant le tout d’un battement de cil, elle ferma finalement les yeux et ne bougea plus, sauf vers un sommeil encore plus profond que le précédent.


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