Pour sombrer dans l’abîme du rêve

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Ven 2 Juin - 2:15

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
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Ou pour empêcher un nouvel infanticide
Ordre de mission 01
Printemps 2017

Au rapport, huit enfants morts en Sibérie : retrouvés à plus ou moins trois nuits d’intervalle, gravement mutilés de la même mystérieuse façon, trop proprement pour être l’œuvre d’un animal et pas assez pareillement pour que ce soit ritualisé, avec une substance non identifiable retrouvée sur les lieux et aucun suspect pertinent malgré presque un mois d’enquête acharnée .

Les autorités locales dépeignaient maintenant un jeune tueur en série qui s’exerçait encore, tandis que l’ordre de l’aube suspectait plutôt une créature magique ayant pris gout à la chair humaine.  

Dans les deux cas, le monstre responsable tuerait assurément à nouveau.  

Pour régler cette sordide affaire, plusieurs chevaliers de l’aube, dont Victoria, avaient été déployés dans les derniers jours. Notons toutefois que, même à la fin du printemps, se rendre en Sibérie n’est pas une mince affaire. Ainsi, après être arrivée à Moscou en provenance d’Old Fyre, elle avait dû aborder un train qui, selon l’horaire, prendrait trois jours et trois heures pour finalement arriver à Irkoutsk où était menée l’enquête.

Pour occuper son voyage et préparer son insertion sur le terrain, elle avait des cartes de la ville, des dossiers contenant rapports et photos. Victoria savait aussi qu’un autre agent prenait le même train qu’elle, pour la même destination, mais seulement à partir de Kirov. Malgré que celui-ci soit donc, selon toute évidence, monté quelques heures après elle, deux jours plus tard, il ne s’était jamais manifesté.

La première nuit s’était révélée plus confortable qu’anticipée, la deuxième, toutefois … Avait été interrompue par les pleurs continuels d’un bébé audiblement situé dans le compartiment voisin. Des heures à l’écouter plus tard, elle visualisait très bien cette larve humaine, rouge et ridée, qui hurlait férocement son existence, ne supportant pas d’être ignorée pour plus de vingt petites minutes consécutives.  Ce faisant, elle était désormais éveillée, péniblement, depuis plus de 30 heures ; 14 heures plus tard, le train arriverait à destination où elle devrait commencer une enquête dangereuse dans des rues inconnues.

Peu importe comment elle se plaçait, dans le lit du haut et dans le lit du bas, elle demeurait aussi près des insupportables braillements que de la propre et imminente crise de nerfs.

Ses yeux comme des plaies ouvertes ne supportaient plus la lumière, mais les cris incessants provoquaient derrière ses paupières des éclairs de douleurs. Ses tempes, quant à elles, enfonçaient au rythme des vrombissements une exaspération de plus en plus profonde qui la rongeait de l’intérieur.  

Trop. C’était trop. Si elle restait près de ce bébé, elle allait certainement l’écrabouiller.

Se faisant violence, elle ouvrit éclairage et dossiers à la recherche d’une information toute particulière qui prenait la forme d’un nombre de trois chiffres : un numéro de compartiment…  Qui n’était pas le sien.

Bingo.

En dehors de la petite pièce, ses pas souples étaient des rumeurs dans les étroits couloirs latéraux. Puis, lorsque la porte de la voiture adjacente fut bien refermée derrière elle, ô bonheur, ô délice, ô extase, elle put savourer, pour la première fois depuis des heures, les ronronnements de la machinerie et absolument rien d’autre.  

Sa main frôla la poignée. Elle eut un moment d’hésitation.
Mais pas pour très longtemps.

Tournant quand même doucement le loquet, elle entra dans le compartiment sans autre préavis, et, satisfaite de découvrir dans l’obscurité la même configuration que dans sa propre cabine, elle se hissa sans plus de cérémonie et avec une certaine aisance dans le lit vide qui était superposé à celui de son anonyme collègue.  

- Faites-moi confiance, ceci est une urgence. Disant cela, elle tira du matelas les draps et les enveloppa autour d’elle pour étouffer les inconforts qui l’habitaient depuis maintenant des heures.


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Sam 10 Juin - 17:41

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La neige c'est quand même quelque chose de fascinant.
La trajectoire aléatoire de chaque flocon a des capacités d'hypnose déjà incroyables, mais lorsqu'on en regarde plusieurs  tomber en même temps, on voit alors se former une danse tout droit sortie des mystères des nuages. Au contraire si en regarde un de très près, d'une vision microscopienne, alors on peut constater la forme incroyable de ces cristaux d'eau météoritique. Peu importe sous quel angle on regarde la neige, il y a toujours de belles chose à voir.

Le nuit en Sibérie, lorsque la neige tombe, il y a un côté magique. Pas magique pas comme ces sorts tous droits sortis d'un roman pour adolescent où de manière inné, sans effort, on est capable de faire des choses incroyables. Non.
Magique dans le sens où la clarté des flocons transperce la noirceur de la nuit, comme si la nuit et la neige n'existaient en réalité que pour offrir ce magnifique spectacle. Et c'est beau.
Lorsqu'en plus une aurore boréale vient souligner tout ça, ça en devient magnifique.

Alors on ferme les yeux, on respire.
On se croirait au pays des merveilles, je serais même prêt à parier que les oiseaux chantent.

Dommage que moi, ce genre de choses, j'en ai plus rien à foutre.


Si j'étais sorti de ma cabine et que j'étais allé au bout du wagon, c'était pas pour contempler la beauté du monde. Moi ça fait bien longtemps que je le trouve dégueu ce monde et cette neige c'est que de la poudre aux yeux.
Non j'y étais allé pour la froideur de la nuit, le coup de froid qui te gèle les entrailles et qui réveille toutes les scolioses que t'as partout dans le corps, mais surtout dans le cœur. Le froid ça te fait te sentir vivant parce que quand tu souffres, t'es pas encore mort et si t'es pas encore mort… Fais chier, pourquoi je suis pas encore mort.

Mission à la con encore à l'autre bout du monde, ça me gonfle.
D'ailleurs ça a pas commencé hier alors je leur ai dit aux autres que j'en avais marre qu'on m’envoie dans des endroits pourris dès que ça leur plaît, mais ils savent que si j'arrête ce boulot, j'aurai plus rien d'autre à faire de mes journées que me regarder dans un miroir. Et j'aime pas ce qu'ils reflètent les miroirs.
Alors je leur ai annoncé « Si c'est comme ça, je veux plus être chevalier mais juste consultant » alors là aussi, ils étaient pas content, parce que faut croire que je leur suis utile et que c'était pratique de pouvoir m'envoyer n'importe où n'importe quand et que si je deviens consultant, j'aurai moins de responsabilité et eux moins de pouvoir.

La Sibérie, c'est la dernière mission qu'on m'a confié en tant que chevalier, après, à la revoyure ! Mais faut croire que comme ils savaient que c'était la dernière, ils ont biiiien cherché quelle mission serait celle que je détesterais le plus. La vengeance c'est bas comme langage.

Pfff, allez, ça sert plus à rien. « Sortir dehors pour faire le vide et ne plus y penser » ça a pas marché, j'ai plus qu'à rentrer dans ma chambre et essayer de trouver le sommeil. Morphée ne pourra de toute façon pas m'apporter pire cauchemar que ce satané train.
Alors y a plus qu'à s'allonger et…

C'est qui ça ?
Y a quelqu'un dans ma chambre. Pourquoi faut qu'il m'arrive un truc comme ça encore ?
T'as pas de chance petite, y a quelques années j'aurais gentiment ignoré l'affront et je me serais couché comme si j'avais rien vu, mais c'est plus le cas aujourd'hui. Ce soir je suis gelé donc je suis vraiment pas chaud à l'idée de partager les couvertures et les draps de ma chambre.

Sans aucune délicatesse j'ai tiré l'intruse de son lit et de son sommeil, et, la portant sur mon épaule droite, je l'ai sortie de ma chambre.

« Ça, ça dégage » balançai-je en la balançant.

Maintenant, y a plus qu'à fermer la porte.
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Sam 17 Juin - 1:08

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Victoria avait le cœur battant. Malgré tout, bien vite, elle trouva dans les couvertures chaudes le confort et le calme duquel elle rêvait depuis des heures. Sauf qu'elle demeurait inquiète : à vrai dire, elle s’attendait à une réaction – et pas à une positive - de son anonyme collègue, à une exclamation au minimum… Mais rien, pas même le son régulier d’une respiration endormie.  Ainsi, même très fatiguée, le complet silence qui régnait dans la cabine avait fini par lui faire comprendre qu’elle était seule.

En fait, son collègue n’était peut-être jamais monté à bord du train, pensait-elle vaguement.  

Si seulement elle avait su cette information 30 heures plus tôt, pensait-elle ensuite.  

Elle s’endormait doucement vers un délicieux sommeil récupérateur. Quelques minutes plus tard, lorsque la portière s’ouvrit, toutefois, elle était bien éveillée et tendue dans une parfaite immobilité, pinçant des paupières en espérant pouvoir replonger dans le sommeil sans confrontation.

Les secondes passaient. Pas un mot. Elle aurait presque pu commencer à se détendre.

Et soudainement, des mains dures et glacées se trouvaient sur sa hanche et sa taille, et elle se voyait tirée du lit aussi rapidement que dura le petit cri de surprise dans gorge. Ses ongles s’enfoncèrent dans le matelas, puis glissèrent sur le rebord dur du lit. Elle agrippa la couverture de justesse, mais celle-ci tomba avant qu’ils ne franchissent la porte.  

Le ventre enfoncé par une épaule impossiblement solide, ses bras et ses jambes battaient l’air, frappant les murs et le mobilier de l’étroite chambre, puis du tout aussi exigu couloir.  Enfin, de son épaule, elle atterrit à plat dos sur le sol, mais son souffle douloureusement extirpé de sa poitrine ne l’empêcha pas de de relever et d’atteindre la porte à la suite de son collègue.

Aussi imposant fut-il, sa silhouette dans de l’embrasure de la porte ne l’empêcha pas d’y glisser sa propre jambe, puis, sans le moindre égard pour leur espace personnel respectif,  une bonne partie de son corps qu’elle pressa contre le cadre.

Par terre, la couverture tombée était prise sous son pied.

- Ceci est une urgence. Répéta-t-elle. Si je dois rester dehors, je vous jure que je vais cogner à la porte jusqu’à notre arrivée à Irkoutsk. Susurra-t-elle en levant son menton et ses yeux vers lui du bas de son mètre soixante-cinq. Elle n’avait pas parlé assez fort pour être entendue par les voisins, mais avec assez de hardiesse pour témoigner de son intention sincère et de son inébranlable détermination.


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Sam 17 Juin - 4:06

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« Ceci est une urgence. »

C'est qui celle-là d'abord ? Avec son regard de petit chien qui essaye de faire croire qu'il mesure plus de 30 centimètres en montrant les crocs.
La petite, elle ose squatter MA chambre et MON lit et après elle râle quand je la remets à sa place ? Mais gamine, c'est chacun pour soi dans la vie ! Tu crois quoi, que je vais te laisser rentrer ? T'accueillir ? Te border et te chanter une berceuse ? Une urgence… T'as vraiment cru que j'allais te croire ?
Retourne dans ta misère, ça me concerne pas. T'es des problèmes ? Et bah on a chacun les nôtres et je suis pas quelqu'un de très partageur : garde-les tiens bien précieusement, m'en parle même pas et pendant ce temps, laisse-moi avec les miens.

« Si je dois rester dehors, je vous jure que je vais cogner à la porte jusqu’à… »

Mais là encore, t'as tout faux !
Essayer de me convaincre en me menaçant, tu t'enfonces… Si t'étais partie bien gentiment je t'aurais laissée tranquille et j'aurais même essayé de prétendre que c'était pas ta faute, que tu savais pas ce que tu faisais, que t'étais égarée... mais là j'ai juste envie de te balancer hors du train petite !
Il faut quoi pour qu'on me foute la paix hein ? Pour qu'on me laisse tranquille. Plus le temps passe plus il me tard de broder partout mes armoiries en lettre d'or pour que le monde entier sache qu'on ne me donne pas d'ordre.

« … notre arrivée à Irkoutsk. »

Irkoustsk…
Pourquoi semble-t-elle savoir que je suis sensé descendre à cette station ?
Aaaah, j'ai compris, elle fait partie de l'ordre c'est ça ? Ahahah, quelle méprise ! Pardon ! Je pensais que c'était une clandestine qui n'avait pas son billet, une fraudeuse qui essaye de tricher avec la vie et des règles aussi élémentaires que « on a rien gratuitement et c'est normal ».
Enfin bon, au pire ça change pas tout ce que j'ai pu penser avant.

Donc c'est toi avec qui je suis sensé collaborer pour mener à bien cette mission pourrie, c'est ça ? J'ai même pas encore lu le dossier donc je serais bien incapable de dire qui tu es ou même ce qu'on va devoir faire au milieu de ce pays gelé à la con. Mais par contre, je suis quasi-sûr de savoir pourquoi l'ordre t'as choisi toi pour m'accompagner. Peut-être que tu penses que tu es la candidate parfaite pour ce dossier, que tes spécialisations sont en adéquation totales avec la mission à régler, mais non, c'est pas ça.
Je ne connais pas le dossier mais je sais une chose : l'ordre a tout fait pour se venger de ma décision pour cette dernière mission et toi, tu n'es sûrement qu'un engrenage de leur plan.

« Oh, une urgence chevalière ? Vous n'êtes pas très débrouillarde pour m'implorer de la sorte ! Commençais-je à dire d'un ton froid et volontairement dur. Ecoutez-moi bien, j'ai réservé les deux lits de cette cabine justement pour qu'on me FOUTE LA PAIX ».

Hellébore, calme-toi voyons, ça ne servirait à rien de réveiller les autres passagers si ce n'est t'amener plus de dérangements.

« Vous n'arrivez pas à dormir seule ? Vous avez besoin de compagnie ? C'est pas mon problème. Vous avez peur de mal dormir et de ne pas être assez en forme pour réussir à bien votre mission ? Je vais me permettre de vous rassurer : si l'ordre vous a mis sur ce dossier, c'est juste pour m'emmerder. Vous avez le rôle d'être une plaie, c'est clair ? L'ordre sait très bien que vous seriez incapable de vous occuper seule de cette mission, que vous n'êtes pas assez douée pour vous occuper seule de ce dossier, c'est pour ça qu'on m'a envoyé. Vous comprenez maintenant ? Ou alors vous allez oser me prétendre le contraire ? »

Allez petite, c'est plus l'heure de montrer les dents, c'est l'heure de mordre.
Mais je te laisse une chance, une opportunité, si tu la rates, t'auras plus que tes yeux pour pleurer.
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Sam 17 Juin - 14:08

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Sans se gêner pour se fondre davantage entre lui et le cadre de porte, elle soutenait son regard en observant avec des yeux pointus les exclamations négatives qui se dessinaient dans les siens ; et à un moment, elle y vu même de la compréhension… C’est vrai que de ne pas s’être présentée n’avait en rien aidé la situation, mais, en sa défense, il n’était pas là lorsqu’elle était arrivée, et là, il venait de la tirer du lit de façon brutale.  Qu’importe, sa posture n’indiquait pas que leur affiliation y changerait maintenant grand-chose.

De son côté, son expression faciale sérieuse se perdait lentement tandis que sa mâchoire serrée se relâchait à mesure où le coin de ses lèvres escaladait ses joues. D’abord très progressif, son sourire finit par éclater sur son visage, de même qu’un éclat de rire étouffé dans sa gorge.  

- Oh vous… Vous ne vous aimez pas beaucoup, hein ?

Toute la longueur de son dos s’échoua contre l’embrasure alors que sa posture se détendait. Elle se permit même de jeter un coup d’œil à la pièce : au bout des lits, il y avait une petite étagère sur laquelle trônait le paquet de dossiers encore scellés. Elle haussa les sourcils avec une pétillante incrédulité avant de remonter son regard sur lui.    

- Chevalier, sachez que l’ordre à autre chose à faire que de vous faire chier… Notamment, empêcher qu’une créature sanguinaire ne tue un neuvième enfant.

Nous, et plusieurs autres chevaliers d’ailleurs, avons été choisis pour trois choses distinctes : enquêter, traquer et appréhender cette bête. Maintenant, je devine votre rôle là-dedans...
Dit-elle en faisant papillonner ses doigts à un centimètre au plus au-dessus son bras indéniablement artificiel et très fonctionnel. Et je vous demanderais de ne pas douter du mien.  

Roulant des yeux de façon exagérée, Victoria bascula ensuite sa tête contre le mur avant de pousser un soupir d’aise.

- Et parlant d’enfant sur le point de mourir. Continua-t-elle en retrouvant un minimum de tenue. Il y a un bébé qui pleure son existence depuis plus de 30 heures à côté de mon compartiment. Je crois que vous êtes particulièrement en mesure de comprendre que ces conditions sont inacceptables. Alors je propose ceci : vous me laissez dormir dans le lit que vous n’utilisez pas et je ne vous dérange plus d’ici notre arrivée à destination.  

Les yeux brillants, elle claqua ensemble ses dents pour lui exposer son plus beau sourire carnassier avant d’enchainer une dernière réplique.

- Et une fois à Irkoutsk, tout en menant avec succès notre enquête, nous essayerons de régler le problème de votre estime…Et de votre égo.

Disant cela, elle mordit momentanément un coin de son sourire, après quoi sa lèvre retrouva rapidement sa forme.


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Sam 17 Juin - 15:10

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Bla
Bla
Bla…

Cette fille ne sait parler que de l'ordre et du travail qu'elle y fait. Et voilà que madame sait traquer, enquêter, aider les vieilles personnes à traverser, aller chercher les chats dans les arbres, bref… sauver le monde finalement.

Si tu ne vis qu'à travers ton métier, est-ce que c'est parce que tu as peur de retourner à la vraie vie ?
Je faisais pareil à une époque, mais enterrer ses problèmes pour les régler plus tard, ça ne leur permet que de s'enraciner dans ton subconscient. Les mauvaises herbes qui colonisent tes pensées, faut pas les laisser de côté, ou lorsque t'y retournes, y a moyen qu'elles se soient transformés en bosquet.

Mais bon, je suis pas là pour faire la psychanalyse de cette plaie.
Puis je dois bien avouer qu'elle n'a pas mordu à l'hameçon comme je l'espérais alors je dois trouver autre chose… Initialement, j'aurais aimé que dans un regain d'orgueil elle prétende ne pas avoir besoin de moi pour cette mission et ainsi pouvoir tranquillement rentrer chez moi sans me soucier de traquer des créatures magiques dans la neige.

Mais bon, même si je pourrais tenter ce plan tout de même (les ficelles de ce dernier seraient juste plus visibles que ce que je prévoyais), je préfère me raviser car je crois bien que mon hameçon a attrapé quelque chose de tout aussi intéressant.

« Et une fois à Irkoutsk, tout en menant avec succès notre enquête  »

Ahah, c'est « notre enquête » maintenant ? Allez miss Watson, partons à l'aventure à Irkoutsk tout en apprenant à nous connaître ! Je vous confierai alors mes plus grandes peurs ce qui nous permettra de nous rapprocher tout en réapprenant chacun à vivre d'une manière heureuse, loin des malheurs de ce monde ! Très peu pour moi.

Tu aimes ton travail petite hein ? J'ai l'impression que tout ça te tient vraiment à coeur, que cette mission, elle est importante, comme toutes les autres d'ailleurs ! Demain sera sans doute un jour important dans ta vie, mais pour moi, ce sera juste un Jeudi.

Moi je m'en fous d'avoir des bonnes notes sur mon bulletin, de monter en grade, d'être bien vu de mes supérieurs. J'ai assez d'argent pour vivre paisiblement jusqu'à la fin de mes jours et pas vraiment la vocation de faire dans l'humanitaire. Ce travail pour moi, c'est juste un passe-temps, un jeu. Et quand ça ne me plaît plus, je ne joue plus.

Mais toi par contre… Oui toi, j'ai envie de jouer avec toi.

« Je crois que je me suis trompé à votre sujet. Dis-je en prenant un ton cette fois plus officiel.
Je vous ai d'abord pris pour une clandestine à bord de ce train, je m'en excuse, puis pour une vulgaire nouvelle recrue. Assurément vous avez plus de cran et de capacités que ce que je pouvais imaginer.

Je suis souvent un peu rude avec les débutants.  l'apprentissage et la pédagogie, c'est pas mon fort et pourtant l'ordre continue de me coltiner ce genre d'individus pendant mes missions. Aaaah ça a le ton de m'agacer et je m'en suis donc pris à vous, ça n'était pas correct.. »


C'est bien Hellébore, continue comme ça, je suis sur que le petit ton que t'utilises lui donne l'impression d'être à une cérémonie de remise de médailles. Elle doit être toute émoustillée ! Elle le montrera pas mais je suis sûr qu'elle commence déjà à avoir des sensations bizarres dans les chevilles.

« Cependant, je ne mens pas quand je dis que je ne partage pas ma chambre, désolé.
Cela dit, je vous laisse toute de même la prendre, de toute façon, les nuits blanches font parti intégrantes de mon quotidien, une de plus ne m'empêchera pas d'être en forme pour la mission de demain. J'irai me balader pendant ce temps. »


Argh, ça paraît pas trop faux-cul pour le coup ? Avec les remarques d'avant ça devrait passer mais bon… Allez, rattrape-toi en te montrant bien serviable.

« Mais bon, laissez-moi d'abord à vous aider à vous relever pour reprendre nos présentations plus cordialement : je me prénomme Hellébore Kalmia, chevalier de l'ordre spécialisé en discrétion »

Voilà et maintenant tends-lui la main.
Oui c'est ça, la gauche, celle qui impressionne, celle qui, une fois sortie du manteau, fait balbutier les gens dans un « Que… Pard… Je ne savais pas ! ». Tends-lui cette main là.
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Dim 2 Juil - 5:15

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Beau changement d’attitude, quand même.

Elle s’attendait à ce qu’il prenne son trou, qu’il boude, qu’il ignore son existence pour le reste du voyage ; ou encore qu’il se fâche, qu’il soit acerbe, qu’il l’agrippe par la gorge, qu’il la rentre dans le mur, qu’il… Hum.

Elle sourit, en l’écoutant parler jusqu’au bout, jusqu’à exposer ses dents.

- Mais je suis une nouvelle recrue ~

Dit-elle sur un ton qu’elle voulait jovial, délibérément niais, sarcastique. Ses mots prononcés, son sourire carnassier se transforma en une exclamion faussement ahurie, bouche béante, comme si elle venait de réaliser toute l’étendue de son incompétence.

- Oh. Fit-elle ensuite, une moue triste, exagérée, se dessinant sur son visage.  

Elle omettait, bien entendu, d’ajouter qu’elle était née dans un sanctuaire, qu’elle avait passé son enfance sur les talons de sa mère qui faisait des missions, puis qu’elle avait fait un service militaire et servi en tant que détective en Italie, tout en étant consultante pour l’ordre de l’aube.

Elle avait rit, légèrement, en silence, puis lui avait accordé un clin d’œil.  

Concernant la chambre, la chose logique à faire aurait été de la partager. En toute vérité, elle ne s’attendait pas à ce qu’il la lui laisse entièrement et elle se sentit presque mal de son intrusion. Presque, car ça ne l’empêcherait certainement pas d’en profiter.

Toujours avachie contre le cadre de porte, elle le contemplait comme un monument, glissant ses yeux sur lui, sous-pesant ses propos en se mordillant la lèvre inférieure. Enfin, lorsqu’il découvrit sa main gauche jusqu’au poignet, elle ne put cacher sa surprise. Elle saisit tout de même, se redressant immédiatement pour serrer celle-ci avec vigueur tandis que la curiosité se dessinait sur son visage.

- Victoria. Machiavel. Détective et experte en objets magiques.

Après une solide poignée de main prolongée, elle ne lâcha pas la sienne, tirant plutôt celle-ci vers elle pour l’examiner avec un intérêt non-dissimulé.

Victoria s’adoucit finalement et lâcha la main d’Hellébore.

- D’ailleurs, je suis surprise de constater que votre bras n’en est pas un – objet magique, je veux dire. C’est impressionnant.

Dit-elle en lui accordant un nouveau clin d’œil. En contraste, son ton était, pour une fois, sérieux, et sa voix même un peu plus grave.

- Soit. J’apprécie votre …hospitalité. Je prendrai le lit du haut, si jamais vous changez d’avis quant à ma présence.


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