Terreur dactyle

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Dim 21 Mai - 19:21

Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre
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Comme chaque semaine, Anya quitta le confort de sa maison tranquille afin de se rendre au village d’OldFyre.

À cause de son emprisonnement prolongé, la jeune femme n’avait jamais vraiment eu l’occasion d’apprendre à faire des corvées ménagères, et, bien que depuis sa libération, on lui avait enseigné plusieurs choses, ses lacunes en entretien étaient encore si sévères qu'elle devait déléguer plusieurs tâches à l’ordre, notamment celle de faire son épicerie et une partie de sa cuisine. Pour ne pas trop embêter les gens en les forçant à se déplacer, et aussi pour avoir une excuse de sortir de sa petite cabane à l'orée de la forêt, Anya avait convenu avec ses gardiens qu'elle se rendrait elle-même au village afin de récupérer ces vivres, et par la même occasion, participer à des séances d'enseignement et de réhabilitation avec des membres de la communauté.

C’est donc tôt en matinée qu’elle avait commencé par se rendre à la maison d’une ville dame, ex-chevalière venue passer sa retraite sur l'ile tropicale qu'était le quartier général, pour apprendre, d'une part, les nuances entre les  différents produits nettoyants, et d'autre part, sur la culture d’un potager. Anya lui laissa par la même occasion ses vêtements sales, les échangeant pour des propres, car la vieille dame avait généreusement accepté de s'occuper de sa lessive le temps que l’eau courante soit installée chez elle, lui permettant subséquemment d'apprendre à le faire toute seule.

Après un diner léger, la dame laissa aller l’adolescente. Son prochain arrêt : l’épicerie du village. On y retrouvait plusieurs fruits et légumes provenant des serres et des champs de l'ile, mais aussi d’autres produits importés d’un peu partout dans le monde. Là-bas, Anya avait allait se procurer plusieurs repas déjà préparés et d’autres produits de consommation courante pour s'exercer à cuisiner.

En sortant de chez son enseignante, Anya fut surprise par l’abondance de gens dans les rues qui étaient normalement beaucoup plus paisibles. Il y avait des gens de tous genres, visiblement des visiteurs à la façon dont ils regardaient les lieux avec étonnements... Plusieurs la regardaient d'ailleurs avec cette même curiosité, et, mal à l’aise de toute cette attention, la jeune fille accéléra le pas vers sa destination.

Observant malgré elle les piétons, elle ressentit que plusieurs d'entre eux étaient anxieux, d’autres excités, d'autres joyeux, d'autres ennuyés... Ce mélange d’émotions inhabituelles était de son point de vue perturbant, dérangeant, envahissant, étouffant.

Elle s’arrêta soudain lorsqu’elle fut bousculée pour une énième ; une colère intrusive la submergea, s’amplifiant à chaque nouvelle personne qui osait la frôler. Dépassée et perdue dans cet océan de colère, Anya se mit à crier à pleins poumons, ouvrant grand ses ailes pour se forcer de l'espace dans la foule, frappant plusieurs personnes au passage. Au lieu de lui permettre de se calmer, son geste provoqua une vague de terreur titanesque autour d'elle, exacerbant son horreur personnelle. Desepérée, la jeune femme cornue commença à hyper-ventiler ; ses ailes parasitaires, comme inverties d'une volonté propre, battaient incontrôlablement sur le rythme que sa respiration comme pour amener plus d'air à leur hôte.

Plusieurs personnes affolées fuyaient la scène, tandis que d’autres, plus curieux, l'approchaient comme si elle était une bête curieuse, allant même jusqu’à s'amuser de cette démonstration de sa détresse.


Achievement Unlocked !  
Succès ! Tu as accompli un défi : exprimer de la douleur psychologique.
Pour féliciter ton exploit, 20 points ont été crédités à ton profil et l'icône ci-dessus a été ajoutée à ton dossier !


#6e365b
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Mer 31 Mai - 3:44

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
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Pour toucher du bout des doigts la peur
Premier interlude
Printemps 2017


Deux jours. Victoria commençait sa deuxième journée au sanctuaire. Pour le moment, elle logeait au-dessus de l’Aquarium, seul bar du village, ce qui était franchement une très mauvaise chose pour elle qui avait déjà passé sa première journée à boire, et malgré sa solide gueule de bois subséquente, son deuxième matin à boire davantage. Selon elle, c’était pour célébrer son … Hum. Adoubement ? C’était, selon elle toujours, quelque chose à fêter. Bien entendu, rien à voir avec la fin de sa carrière dans la Polizia di Stato, et surtout pas pour oublier que, la veille de son déménagement, son patriarche lui avait dit qu’elle était, comme il s’y était toujours attendu, sa plus grande déception.

Donc, deux jours à boire, à fêter, qui seraient probablement suivis pas trois ou quatre autres, le temps qu’elle déménage dans son appartement temporaire.    

Habitée d’une douce chaleur et d’un confortable engourdissement, elle était sortie pour faire des courses lorsque le bar s’était soudainement rempli de voyageurs tout juste sortis d’une fastidieuse réunion à laquelle elle avait eu le bonheur d’échapper grâce à son statut encore en transition.  

Les rues étaient elles aussi bondées, mais au moins, pas par des gens souls. Ou en tout cas, ils étaient moins enivrés qu’elle l’était elle-même. Leur sobriété ne les empêchait toutefois pas d’être bruyants, de l’énerver, de parler fort, de la rendre nauséeuse, de rire à gorge déployée, de …  De tourmenter une créature.

Victoria s’était arrêtée. Elle était perplexe : normalement, nulle créature ne pouvait entrer au village à cause de la magie du traité. Dans la foule, ses ailes se mirent brusquement à battre, provoquant d’une part de puissantes bourrasques, et d’autre part, un grand courant de panique. Pour quitter les lieux, des inconnus se bousculaient de tout bord tout coté et ceux qui étaient encore sur place étaient soit terrorisés ou curieux comme des vautours.

Bande de touristes. Quels imbéciles avaient fait d’eux des chevaliers, ou même des consultants, s’ils réagissaient ainsi à la vue d’une créature, quelle qu’elle soit.

Soudainement, dans le vacarme assourdissant qui inondait la rue, Victoria rugissait sans pourtant qu’on ne puisse vraiment l’entendre. Elle cherchait prestement dans son veston le badge argenté et bleu qui, il y a encore peu de temps, aurait été un symbole incontesté de son autorité. Bien entendu, elle avait rendu celui-ci, ainsi que son arme de service à peine une semaine plus tôt.  Finalement, ses grands mouvements démonstratifs amenèrent tout de même plusieurs personnes à évacuer les lieux, tandis que pour quelques autres, ce furent des petits coups de pieds bien situés sur des tibias qui eurent le même effet.

Une fois le plus gros de la foule dissipée, elle se dirigea avec hésitation vers Anya qui, roulée en boule sous ses ailes tremblantes, incarnait l’image d’un cœur brisé en fibrillation. Dégrisée pour avoir autant bougé et crié, elle reconnut enfin que la bête n’en était pas une. Des ailes, des cornes, oui, mais un corps et un esprit proprement humain : sans jamais l’avoir rencontrée, elle, personnellement, Victoria connaissait sa triste histoire pour avoir été consultante pour l’arrestation du sordide scientifique qui avaient mené des expériences biomagiques sur des humains.

Se faufilant entre ses ailes agitées, non sans les recevoir deux ou trois fois sur la gueule, elle finit par poser une main ferme sur son épaule.

- Anya. Elle savait qu’il y en avait deux comme elle, et que la fille se nommait ainsi.

Sans toutefois ne jamais y toucher, elle approcha ensuite doucement ses mains de son visage, comme pour frôler sa terreur du bout des doigts.

Puis pour la dissipée.

- Anya regarde : j’ai volé ton nez. Dit-elle en glissant finalement le pouce et l'index sur sa protubérance nasale.

Elle lui avait dit cela en français, sur le ton le plus sérieux du monde, lui montrant par la suite le bout de son propre pouce serré entre ses doigts en guise de preuve.  Son visage s’ouvrit ensuite en un sourire béant, en même temps que sa main pour lui montrer sa paume qui était, en vérité, vide.


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Ven 2 Juin - 23:08

Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre
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Malgré la détresse frappante qui irradiait de la jeune fille, d'entre tous les chevaliers aguerris et les consultants présents, ce fut une petite femme un peu soul qui répondit finalement à l'appel silencieux. En effet, Victoria était venue, s'approchant d'elle malgré ses airs de bête agitée et dangereuse, avec la bonne intention de la déconcentrer de son mal.

Anya était restée stupéfaite, perplexe devant l’illogisme de ses paroles et de ses gestes, mais avait néanmoins presque aussitôt cessé de battre des ailes, comme hypnotisée par la main vide de la jeune chevalière. Animée par un instinct enfantin, la demoiselle avait même porté ses doigts près de son nez pour confirmer que ce dernier était toujours bien en place. Bien entendu, il l'était.

Déjà, tels des insectes appâtés par du sucre, les passants s’attroupaient de nouveau autour des deux femmes. Un imbécile était même allé jusqu'à filmer l'évènement, et les autres... Les autres n'avaient rien fait pour l'en empêcher, spectateurs de la nuisance de leur propre espèce.

Déjà, les émotions cherchaient à reprendre le dessus, et, un rictus figé sur le visage, Anya contracta tous ses muscles pour rester maitresse d'elle-même. Des perles de sueur froide coulaient maintenant le long de ses tempes, dégringolant le long de son cou, s'épongeant dans le col de sa veste.

Et, tout à coup, la noirceur. Anya avait replié ses ailes pour se protéger, attirant Victoria avec elle dans un cocon coupé du monde. Le soleil s'immisçait seulement par quelques minces fissures, laissant à peine assez de lumière pour que les deux femmes puissent se percevoir. Les stimulus extérieurs ainsi écartés, l'adolescente put se synchroniser seulement avec la brune, avec ses émotions, sa douleur et sa peine, mais aussi avec sa légèreté et son calme.

La crise passa doucement, la laissant placide et vaguement mélancolique. Malgré tout, elle allait devoir être retirée de cette foule au plus vite puisqu'il était évident que son océan intérieur ne pourrait que redevenir tempête aux prises de la marée extérieure.



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Jeu 10 Aoû - 16:44

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Sous les ailes d’Anya, Victoria était tombée à genoux. Elle avait posé une main sur son épaule, l’autre derrière son cou, hochant de la tête tout en exagérant sa respiration pour l’inviter à l’imiter ; au final, leurs souffles se synchronisaient au même rythme que leurs émotions.

Dans le cocon, il régnait un fragile équilibre. En dehors, elles pouvaient toutefois toujours entendre les gens, les mêmes, et probablement quelques curieux de plus ayant été intrigués par les deux grandes ailes repliées au milieu de la rue. Il régnait aussi une solide immobilité… Et dans le bas du dos de Victoria, un inconfort grandissant : selon elle, il était grand temps de se bouger de là. À la place d’Anya, elle serait sans doute sortie de façon théâtrale, avec des pirouettes et de révérences, mais la jeune fille n’avait pas besoin de verbaliser le fait qu’il était hors de question pour elle de sortir et d’affronter la foule de cette façon.

Pendant qu’elle réfléchissait, les joues de Victoria se gonflèrent de petites poches d’air qu’elle fit circuler de la gauche à la droite, se donnant vaguement l’air d’une grenouille. Elle expira soudainement en trouvant la solution à leur situation : en un geste, elle se leva, le dos arqué, les jambes droites, les fesses en l’air. Elle glissa ses bras autour d’Anya, la soulevant comme une plume, la faisant basculer sur son épaule. Puis, serrant l’arrière de ses cuisses entre ses bras, elle se redressa entièrement et se mit à marcher, puis à courir.

Elle ne courut pas longtemps, mais assez pour semer la foule, ensuite elle marcha tout simplement. Elle déposa finalement Anya, debout, sur le trottoir d’une petite rue déserte bordant un terrain vague à l’orée des appartements des chevaliers. Victoria s’affaissa ; s’accroupissant, les mains sur les cuisses, arrondissant son dos et roulant ses épaules, puis s’étirant les bras vers le haut en se relevant de toute sa hauteur.

Plaçant ses mains sur ses hanches, elle contempla finalement la jeune fille avec un regard inquisiteur.

- Toi petite, tu as besoin de travailler quelques petites choses hein.


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