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La société de l’étoile du soir aurait tenté de recruter un chevalier. Soyez sur vos gardes.
Le QG est étrangement vide depuis le début de la mission d'infiltration au Canada.
Attention aux pluks : ils sont en plein rut et suspicieusement affecteux. Eurk.
SCÉNARIOS
















Dog Day [Victoria]

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Ven 31 Aoû - 9:37

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T’es pas un prof, Thorne, alors qu’est-ce que tu fiches ici ?
Il se pose sincèrement la question depuis… Oh, quelques semaines. Depuis qu’on a fait appel à lui en fait.
T’es absolument pas prof.
Au mieux il est capable d’expliquer quelques trucs, de guider des gens, que ce soit dans sa vie civile ou dans celle de Chevalier. Au pire il est juste incapable d’interagir correctement avec des gamins quel que soit leur âge. Comment est-il supposé leur parler ? Il ne doit pas jurer devant eux, non ? Parce que ça c’est raté. Etre un modèle de comportement n’est pas dans ses cordes : il boit, il traîne avec des musiciens, et il dort souvent jusqu’à midi.
On repassera pour le bon exemple.
Tu vas juste leur apprendre à devenir bizarres.

Sauf que non, il a un vrai travail à faire ici et qu’il n’implique pas uniquement de jouer au professeur. Entre deux cours de musique improvisés par dessus la jambe, il essaie de fouiner où il le peut pour trouver des traces de ces fameuses apparitions surnaturelles. Ca avait l’air facile sur le papier.
Ca ne l’est pas.
Parce que ça arrive le jour, bien sûr que ça arrive le jour, et que pour des raisons totalement inconnues il ne peut pas faire deux pas sans avoir des élèves dans les jambes. Ils lui demandent des précisions sur les cours, ou alors le nom des groupes dont il porte les t-shirts -aujourd’hui c’est Esben and the Witch et c’est marqué en gros dessus, mais ça n’a pas empêché les questions-, ou encore d’autres choses.
Et il ne doit pas s’énerver, il doit sourire, répondre, rappeller qu’il y a un contrôle au prochain cours.

T’es vraiment pas doué à ce jeu, se dit-il en regardant la cour dehors depuis la salle qui lui a été attribuée. Il sait traquer des choses en pleine forêt, distinguer un oignon d’une cébette, mais il est incapable de comprendre le comportement de petits humains mineurs. Et pour ne rien arranger, il ne peut pas amener sa chienne à l’école.
Il n’est donc pas très étonnant que Cy soit globalement de mauvais poil ou qu’il passe sa frustration dans de la musique chaque jour plus brutale lorsqu’il rentre dans son domicile temporaire. Ce soir, décide-t-il, il ira à un bar et il boira beaucoup trop, quitte à devoir revenir travailler demain avec une gueule de bois. Peut-être même qu’il se mangera un bon gros burger.
C’est sur cette formulation de plan de rébellion qu’il entraperçoit quelque chose à l’extérieur. Une grosse forme sombre dans un des ilôts de verdure… C’est louche. Le Chevalier consultant se relève sur ses deux pieds, se colle contre la fenêtre.
La forme bouge.

- Non mais…

Et maintenant il quitte sa salle de classe en courant, traverse les couloirs à toute allure, enfonce presque de l’épaule la porte qu’il prend pour sortir.
Quelques autres personnes tournent autour des buissons dans lesquels il a vu la chose noire, leurs visages inquiets commes s’ils ne savaient pas vraiment quoi faire. Il peut les comprendre : la bête n’est pas de petite taille, la bête est intimidante. La bête n’a aussi rien à faire là.

- Eloignez-vous… Allez. Eloignez-vous de ça.

Il sait aussi ce qui va suivre. L’animal va sortir du buisson, se précipiter vers lui pour lui faire la fête, puis va ensuite se mettre de nouveau à grommeler comme un vieux monsieur acariâtre très vexé d’être bloqué dans une maison.
Et tout le monde va avoir l’impression qu’il se fait agresser, juste parce qu’il a un chien-loup appuyé sur le torse et que Nàtt n’est pas un petit gabarit.
Il n’y a sans doute que lui qui peut apprécier les dizaines de kilos de muscle et d’épaisse fourrure noire posés tout contre lui, presque jusqu’à hauteur de sa tête.

- T’as rien à faire là ! C’est une école, pas un parc pour chiens !

Mais bon, vu qu’elle est venue, peut-être qu’il peut lui faire sentir les environs si personne ne traîne dans la cour ? Ce serait plus utile que l’infiltration bête et méchante de River Stone High, non ?
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Dim 2 Sep - 15:58

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
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Dans la chambre d’hôtel fournie par l’ordre, il y avait un ours au-dessus de son lit.
Pas un vrai, mais sa forme tracée au plafond par l’humidité.  
 
La journée avait commencé dès 5h45 par bruyant décret de réveil et Victoria l’avait frappé d’un poing pour mettre dix minutes entre elle et cette échéance. Toutefois, comme presque tous les jours, elle avait passé ses précieuses minutes, censées être dédiées au sommeil, les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond et sur l’ours.

Plus tard, dans sa salle de classe, elle avait donné des explications paresseuses concernant la règle des participes passés, puis fait pas mal la même chose, à l’exception que les taches au plafond étaient multiples et de formes moins intéressantes. Ensuite… elle avait encore fait exactement la même chose à la deuxième période, quoiqu’en soupirant un peu plus souvent. Ce jour-là, elle avait aussi une troisième période à son horaire – et qui serait identique aux deux premières – mais seulement à la fin de la journée. D’ici là, elle avait une période libre et l’heure du diner pour faire ses photocopies, finir de corriger ses contrôles de lecture, manger et entretenir des relations harmonieuses avec ses collègues… Ah ! Oui ! Et faire son vrai travail.

Autant elle se répétait que l’enseignement n’était qu’une couverture et que ce serait bientôt terminé, autant qu’elle oubliait parfois sa vraie mission par pur manque de temps. Le soir, en s’endormant vers 20h avec sa bouteille de rhum entre les bras, bien qu’elle se le soit répété toute la journée, elle oubliait toujours d’appeler le capitaine pour discuter de sa mauvaise gestion de l'événement. Tant pis ! Son heure viendrait assurément et ce ne serait pas plus mal que cela se passe tête à tête – ou encore mieux, poings à tête ! Soit, c’était là de belles idées pour la bercer dans un sommeil sans rêves. Ou encore pour l’occuper quand elle parcourait en vain l’école à l’affut d’indices qui ne se présentaient jamais.

Victoria se plaignait intérieurement du manque d’action quand elle vu, à l’autre bout du couloir, un de ses collègues se précipiter hors de sa classe, courir et disparaitre au tournant de l’allée. Alors qu’elle se précipitait à sa suite, elle entendit la porte s’ouvrir violemment et se refermer en grinçant doucement. Elle l’aurait suivi dehors si elle n’avait pas vu au passage tous les élèves abandonnés, debout et agités, munis d’instruments de musique qui s’exclamant déjà plus fort que nécessaire. Ainsi, elle les avait fait s’assoir avec toute son autorité militaire avant d’utiliser l’interphone pour demander un surveillant d’urgence.  

Quelques minutes plus tard, elle franchissait à son tour les portes menant vers l’extérieur, fixant curieusement l’ours noir en compagnie de Cy qui se révéla n’être que son chien.

- Moi qui pensais - espérais – que tu aies trouvé la clé de l’enquête.  Dit-elle doucereusement en tendant sa main à une distance respectueuse de la bête pour la laisse la sentir. «  Mais peut-être que tu pourrais nous aider ! » Enchaina-t-elle en s’adressant à celle-ci sur ce ton exagéré réservé aux jeunes enfants et aux animaux.  

- Mais si on se fait prendre par la direction, on va passer un sale quart d’heure. Finit-elle, à l'intention de Cy cette fois-ci, mais avec un air un peu trop ravi et amusé pour les circonstances ; si le capitaine devait les appeler à cause de cet incident, elle ne serait pas plus mal à l’aise de se faire engueuler avant lui dire le fond de sa pensée.


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Mer 5 Sep - 12:26

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- Pour ma défense !

C'est ça Thorne, commence par un truc qui n'est pas louche dans la formulation. Il s'arrête, immobile, la bouche un peu ouverte comme si le reste de la phrase se bloquait là derrière les dents. Profitant du moment de calme, sa chienne se détache pour venir mieux sentir la nouvelle venue, lui lécher le bout des doigts. Ca va, elle lui plait.

- Pour ma… Je ne l'ai pas faite venir. Elle est venue toute seule.

Alors qu'elle n’a pas le droit
, c'est son ton et son regard sombre qui finissent la phrase à sa place. Il est finalement étonnant qu'il soit si peu doué avec des enfants alors qu'il a passé toute sa vie entouré d'animaux… Et soudain, en pensant à ça, il se souvient de ses élèves qu'il a abandonnés dans la salle.
La situation devait être drôle pour eux… Le professeur qui se lève en plein milieu d'une mesure de Colchiques dans les prés à la flûte -instrument de Satan, a-t-il décidé après dix secondes d'écoute- pour se ruer dehors et…
Ha tout va bien. Il les voit assis par la fenêtre. Ils doivent être surveillés ou très sages. Il n’a pas besoin de s'inquiéter.
Quel adulte responsable.

- La direction ne va absolument pas nous passer un savon, parce que les mômes sont sages. Et que le chien n'est pas dangereux.

Non, là elle est surtout occupée à mettre gentiment la main de son humain dans sa gueule. Ce qui prouve qu'elle est inoffensive, bien entendu.

- Et qu'on va être très discrets ?

Ce qui implique de tendre une main à Victoria comme pour lui proposer une balade en bord de rivière. Quitte à faire le tour de la cour, autant donner l'impression que c'est absolument naturel, voilà le raisonnement.
Bien sûr, il ne pense pas un instant aux rumeurs qui pourraient en résulter. Pourquoi le ferait-il ? Si des tabloïds voulaient s'intéresser à lui, ou à sa collègue, ils l'auraient déjà fait.

- Franchement, si elle peut nous aider à passer moins de temps à jouer au prof, je prends la carte sortie de prison. Même si on se fait voir et blâmer. Tout sauf une heure de plus à faire la nounou… Qu'est-ce que tu en dis ? On fait un tour l'air de rien et on voit ce qu'elle trouve. Et si c'est ce qui hante l'école je serais plus que ravi de rentrer chez moi.

Et de ne plus jamais entendre de flûte. Et s’il en brûlait une à son prochain concert ? Quelle merveilleuse idée. Il va faire ça. Se trouver une flûte à bec de Satan et la transformer en sacrifice scénique adapté à la douceur de ses hurlements de fond de gorge lui fera le plus grand bien.
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Jeu 6 Sep - 12:49

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Victoria accueillit sa défense proclamée avec une indifférence débordante ; Cy aurait pu amener une meute de loups qu’elle n’aurait pas bronché d’avantage. Du moment qu’il soit un tant soit peu perspicace, il comprendrait sans difficulté l’étendue de sa désinvolture à l’égard des règles, de la direction et du capitaine. En parallèle, la bête lui accorda son approbation, aussi Victoria se permit de lui voler une caresse furtive, sa main glissant doucement sur le poil noir de son cou tandis qu’elle retournait vers son maitre.  

- Je comprends. Finit-elle par dire, un sourire narquois laissant sous-entendre une blague intérieure qu’elle ne lui expliquerait pas – aux dépens de Tullio, évidemment.
 
L’égayement toujours accroché aux lèvres, elle suivit son regard vers la fenêtre et s’esclaffa : « Les mômes étaient debout sur leurs chaises il y a quelques minutes ! », avant d’ajouter, sur un ton vaguement plus sérieux : « De rien » en guise d’ellipse explicative.

Lorsque Cy lui tend la main, elle hausse les sourcils, quelque peu perplexe, mais pas pour autant effarouchée par sa proposition : « Discrets ? » s’amusa-t-elle en distinguant peu à peu l’intention cachée derrière cette marque d’intimité fictive qui, aux yeux de toute personne pouvant les observer par les fenêtres, serait tout sauf discrète. Elle hocha finalement de la tête, et après un petit clin d’œil servi avec son meilleur sourire, elle serre sa main.

Dans ce mouvement familier et anodin, il lui permettait une surprenante libération. Au-delà du contact humain et de l’ocytocine que celui-ci lui faisait couler dans les veines -  et dont elle manquait cruellement ces jours-ci - elle se sentait surtout comme si, après une trop longue journée, elle enlevait finalement les inconfortables souliers d’un costume qui ne lui allait pas. En effet, dans le jeu de rôle qu’ils entamaient, elle avait finalement l’impression que sa couverture servait bel et bien à sa mission plutôt qu’à une manigance pour faire d’elle la main d’oeuvre peu onéreuse, médiocre et misérable de l’éducation nationale.

- Oh je suis d’accord avec toi, susurra-t-elle. Allons-y. Et si on se fait prendre, le pire qu’il puisse arriver c’est qu’on se fasse transférer ailleurs ! Finit-elle joyeusement, non sans impliquer que le pire scénario en question pourrait inversement être le meilleur...  Elle doutait toutefois que le capitaine en vienne à cela en considérant leurs qualifications et l’importance qu’on semblait accorder à cette mission.    

Sans lâcher sa main, elle fit quelque pas en direction des buissons, là où la chienne serait beaucoup plus utile qu’eux.  


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Lun 10 Sep - 14:43

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- Les mômes étaient QUOI ?

Il fallait s’y attendre, honnêtement, et pourtant la nouvelle semble choquer le brave Chevalier. De son temps… Non rien de très différent. Les gamins se mettaient aussi à faire n'importe quoi une fois le professeur hors de vue -sauf lui, mais c'était parce qu'il était un jeune étrange. Les temps ne changent pas tant que ça et ce n'est que Cy qui n'arrive vraiment pas à se faire à l'idée qu'il est supposé être un professeur capable de prédire les comportements d’humains miniatures. Ce qui n'est pas le cas.
Il peut par contre décider de les faire souffrir pour leur manque de calme en son absence… Il y réfléchira une fois chez lui. Là il y a plus urgent : il y a Victoria à accompagner en “promenade" très utilitaire.

- Totalement discrets.

Son affirmation est aussi sérieuse que lui lorsqu'il referme les doigts sur la plus petite main de sa collègue. En bon vieux jeu qu'il est, l'homme des forêts -heureusement capable d'utiliser une douche- prend la place de celui qui mène. Et en vraiment très distingué vieux jeu, il ne fait absolument rien du clin d'oeil.
De toute façon, pourquoi se fouler à flirter-plaisanter en retour ? Ça ne mènera à rien. Il y a beaucoup plus intéressant que d'éventuels sous-entendus douteux à élaborer : il y a un plan pour essayer de profiter du peu de temps qu’ils vont pouvoir voler grâce à sa chienne.
C'est donc volontiers qu'il se dirige lui aussi vers les buissons, là où la grosse bête noire pourra sentir tout ce qu'elle veut.

- S'il peut me transférer en repos, j’ai des concerts à assurer… Nàtt. Allez, cherche !

Après avoir levé la tête à l'appel de son nom, sa gardienne à quatre pattes se lance en avant, le nez planté au sol. Il y a bien sa queue qui bat la joie mais à part pour ce détail, elle est en tous points exemplaire. Elle fouine, fouille, ratisse la verdure rachitique de la cour à la recherche d’une odeur intéressante et son propriétaire la suit attentivement du regard sans arrêter de déambuler presque romantiquement.
Il se permet même des regards vers Victoria de temps en temps.

- Toi aussi tu n'en peux plus ?

La chienne pêche un sac de sport abandonné là.
Il soupire et lui ordonne de continuer à chercher. Un sac de sport. Franchement. Avec de la chance il y a de vieilles chaussures dégoûtantes là-dedans, ça mériterait de brûler préventivement.

- Je veux dire… Pourquoi envoyer jusqu'au personnel le moins adapté pour ça… Je savais déjà pas me comporter avec des enfants quand j'en était un.

Et Victoria… La première fois qu'il l’a rencontrée et toutes les suivantes, c'était dans le bar à Old Fyre. Sans vouloir tirer de conclusions hâtives, il doute tout de même de sa capacité à éduquer des nabots.
Pendant qu'il évite de sortir ce genre de réflexions à haute voix, il y a leur troisième complice velue qui commence à aboyer en grattant un tronc d'arbre. Si ça se trouve, elle a vraiment quelque chose et pas un reste de déjeuner à demi moisi ?
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Jeu 13 Sep - 4:23

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- Ils étaient moins terribles que moi à 14 ans, gloussa-t-elle. En fait, à l’école, elle avait été relativement sage, mais dans les sanctuaires et avec les chevaliers plus âgés, c’était une autre histoire … Voire plusieurs autres histoires. C’est justement par respect envers son adolescente intérieure qu’elle avait beaucoup de mal à faire affaire personnelle des affronts des élèves et à s’insurger lorsqu’ils se rebellaient. En vérité, elle trouvait cela mignon la plupart du temps et n’aimait pas devoir faire de la discipline en laquelle elle ne croyait pas… Ce qui ne l’empêchait pas de le faire. Pour s’aider, elle parodiait son propre père et ne manquait pas d’en garder à chaque fois un gout amer dans la bouche.    

La main de Cy était chaude et assez large pour couvrir la sienne entièrement ; elle le laisse la guider, mais défia sa poigne de sorte à entrelacer leurs doigts.

- D’ici là, tu peux toujours me chanter une sérénade ; les voyeurs vont adorer ça. Ronronna-t-elle tout en roulant son pouce le long du sien pour exagérer le petit jeu qui – malgré qu’il en ait été l’initiateur – semblait le laisser de marbre.  Évidemment, Victoria ne connaissait rien de ses inclinaisons musicales et l’imaginait très blond et romantique, armé d’une guitare acoustique et vomissant des paroles à l’eau de rose. La réalité lui aurait plu beaucoup plus, mais son image mentale l’amusait et lui suffisait amplement.        

Devant eux, Nàtt s’affairait avec une motivation presque contagieuse, mais malgré l’attention sincère que Victoria portait à leur environnement et à leur mission, la chose la plus intéressante à capturer de ses yeux ambrés demeurait le regard de Cy du moment qu’il le posait sur elle.

Lorsqu’il s’enquiert de ses limites, elle lui répond sur un ton très sérieux.

- Disons que, au besoin, j'aime avoir la possibilité de courir et de me jeter en bas d’une falaise ; ici il n’y a pas de falaise et on s’attend à ce que je porte des talons hauts. Tu vois mon problème ? Pour une vague raison – notamment poilue et inquisitrice – Victoria avait l’impression qu’il comprendrait très bien. « … Mais il semblerait que je sois masochiste et incapable d’abandonner ce que je commence. » Dit-elle platement avant d’enchainer, avec un petit rire narquois : «  Et toi, si tu es si malheureux, quelle est ton excuse pour ne pas refuser les ordres ? ».  Avant qu’il ne puisse répondre, Nàtt trouve quelque chose et Victoria lâche sans hésitation la main de Cy pour s’intéresser à l’arbre et à son écorce où elle glisse ses paumes avec l’application d’une amante attentive. Elle réalise toutefois les regards curieux des rares passants et imagine à nouveau ceux des nombreux spectateurs prostrés aux fenêtres.

Elle retourne donc auprès du blond, lui faisant face avant de lui tendre non pas une, mais deux mains entrainantes.

- Discrets. » Répéta-t-elle en le tirant vers elle et vers l’arbre où leur proximité camouflait la fouille étrange. Cachés derrière le tronc, ils n’avaient presque pas besoin de se toucher, juste d’être très près l’un de l’autre pour laisser aux regards indiscrets le loisir d’imaginer ce qui se passait derrière la censure de bois.

Par chance, dans cet angle, ils purent remarquer sans difficulté une anomalie noueuse qui s’enfonçait dans la chair végétale. Curieuse, Victoria étire le cou et s’appuie sur l’épaule de Cy pour gagner un peu de hauteur, mais à défaut de voir correctement, elle finit par insérer ses doigts dans l’ouverture pour pallier ses sens insuffisants.  

★ Entrer sa main dans le creux d'un arbre


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Jeu 13 Sep - 5:08

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Entre les branches, le vent gémissant fait frémir les feuilles.  

Vous avez entré une main dans le creux de l'arbre :

L'orifice végétal est vaste et votre main devra s'enfoncer profondément dans sa noirceur humide. Enfin, il vous semble tâter un objet solide, froid et angulaire quand les ombres dévoilent des crocs qui s'enfoncent douloureusement dans votre chair.

Le fragment était profondément enfoncé au cœur de l'arbre ; lorsqu'il cède enfin, c'est sur son tranchant que vous vous êtes blessé.

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Lun 17 Sep - 5:26

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Une balade romantique. Voilà qui fait sourire sardoniquement le Consultant, qui garde pour lui autant ses tendances musicales de prédilection que son coeur de grand romantique. Il pourrait éventuellement lui growler quelque chose de délicat, en danois, avec des histoires de roses et de glace et… Non. Il ne faut pas pousser mémé dans les orties, il ne va pas faire ça.
La mission, Thorne. Et l'école aurait intérêt à le payer pour pousser la chansonnette, de toute façon, parce qu'il est professionnel. Pas un adolescent débutant qui gratte les cordes d'une guitare dans la cave chez ses parents.

- Je vois le problème.

Parce que Nàtt, oui. Parce qu'il est obligé de se tenir aussi, qu'il n’a pas d'affinités avec les mômes, qu'il préfère ne pas avoir à subir ces flûtes des enfers, qu'il aimerait ne pas avoir besoin d’avoir un t-shirt propre chaque matin… Mais il a son paternel et sa succession difficile à porter. Il ne peut pas refuser d’ordre de l’Ordre parce que Thorne sénior ne le laissera jamais faire.
C'est ce qu'il allait expliquer quand sa chienne trouve quelque chose et que Victoria saute sur l'occasion pour faire leur boulot. Puis s'arrête. Il l'interroge du regard, la logique des mains tendues devant lui lui échappant. Ca sent le plan tordu, il n'arrive juste pas à voir lequel.

- Qu'est-ce… Pour de vrai ?

Ca va devenir absolument louche. Même Cy peut s'en rendre compte, que le moindre couillon en croira au mieux qu’ils s’échangent des baisers forts chastes -au mieux- mais ça ne l'empêche pas de suivre le mouvement. Ils seront discrets par diversion, ce sera tout, au moins aucun spectateur ne saura que leur petite sortie a pour objet la chasse au surnaturel.
C'est donc sans arrière-pensée, vraiment, qu'il pose ses mains aux hanches de l'autre Chevalier pour la stabiliser le temps qu'elle inspecte l'arbre. C'est avec tout autant d'innocence qu'il chasse sa gardienne à quatre pattes un peu plus loin histoire qu'elle garde les environs. Rien de bizarre, vraiment.

Jusqu'au petit bruit de la femme près de lui. Il y répond d’un grognement interrogateur. Puis d’un autre un peu plus inquiet lorsqu'il comprend que c'est un bruit de douleur qu'il entend.

- Victoria ? Parle-moi.

Il y a aussi son regard qui est inquiet, qui parcourt sa collègue dans tous les sens pour essayer de comprendre. C'est en voyant le sang sur sa main qu'il saisit qu'elle s'est blessée.
Il faut la soigner.
Il faut aller à l'infirmerie. Ou pas. Probablement pas, ils risqueraient d'attirer des questions. Il faut donc la soigner sur place.

Chose qui passe manifestement par la disparition du haut de l'Américain de sur ses épaules. Sans pudeur, il retire la couche de tissus, indifférent au dévoilement d’autant de peau -pâle, avec à peine quelques cicatrices et ses tatouages pour casser la monotonie neigeuse- ou au niveau de bizarre qui vient encore d'augmenter. Il y a plus important : la main de Victoria dont il retire avec précaution l’éclat agressif avant d’enrouler son pansement improvisé autour de la plaie.

- Ca va ?

Le petit bout de… Truc est tendu entre eux, sur la main bien à plat de Cy.

- Tu veux continuer ou… ? Qu'est ce que c'est que ce machin… ?

Excellente question. Et ce n'est pas lui l’expert en objets magiques, loin de là.

- On devrait le montrer à quelqu'un ?
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Dim 23 Sep - 4:32

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Au début, Victoria ne parvint à effleurer le fragment que du bout des doigts. Même sur la pointe des pieds, même avec Cy qui la supportait, l’objet restait inatteignable. Il aura fallu qu’elle sautille sur place pour enfin refermer sa paume dessus, et la lamentation aigüe qui s’échappa de sa gorge fut presque aussi surprenante que la douleur vive qui l’avait provoquée.

Cy tenait ses hanches et grogna à son oreille avant de commencer à se déshabiller ; le même scénario aurait pu être beaucoup plus agréable dans d’autres circonstances, mais dans celles qui étaient les leurs, plutôt que de le dévorer du regard, Victoria le lorgnait avec des yeux ronds et le bout du nez froissé. Après tout, il y avait des limites à leur petit jeu et certainement pas assez de couvertures pour le pousser aussi loin.

- Continuer ? répéta-t-elle, la confusion évidente dans son accent prononcé. Mordant sa lèvre inférieure, ses yeux parcoururent sa gorge et ses épaules nues où se dessinaient des tatouages qu’elle aurait volontiers retracés avec sa langue… Mais pas ici, et certainement pas quand il la regardait de cette façon. Contre l’arbre, son dos s’arrondissait comme si elle essayait de se fondre dedans ; l’inquiétude inquisitrice de Cy était oppressante, et sous ses yeux indiscrets, elle se sentait petite, vulnérable, enfant, ce qui ne lui allait pas du tout.

Elle comprit finalement son intention quand il pressa sa main blessée dans le chandail. Sous le poids de la compréhension, elle inspira brutalement, ferma les yeux, puis expira toutes les idées impures qui avaient pu lui passer par la tête. Un rictus incrédule s’échappa au passage avant qu’elle ne sourisse maladroitement et dise : « Ça va, c’est juste une égratignure… Tout ça… » n’était pas nécessaire, pensa-t-elle avant de continuer, en glissant emphatiquement ses yeux sur sa nudité : « Merci, mais… J’espère que tu es prêt à assumer les rumeurs, les commentaires et les réprimandes qui vont en découler. » Si la chienne avait pu être expliquée et excusée, ce spectacle exubérant n’allait pas aussi bien passer. Et si le capitaine pouvait continuer d’aller se faire voir, les faux collègues, les élèves et même les autres chevaliers pourraient rendre leur interminable mission encore plus exaspérante.

À nouveau, elle ricana, cette fois avec un peu plus de conviction ; il valait mieux en rire qu’en pleurer et elle allait assurément trouver une façon de s’amuser de leur situation.

Des bourgeons rouges fleurissaient épars dans le bouquet de tissu blanc ; le fragment avait dû rompre un petit vaisseau sanguin, parce que le sang coulait assez généreusement en fin de compte. S’en inquiétant peu, elle happa le fautif avec sa main valide afin de l’observer de plus près.

- Il faudra assurément le reporter, mais figure toi que je suis la référence en ce qui concerne les artéfacts de toute façon. Chantonne-t-elle distraitement en faisant doucement tourner la pièce entre ses doigts.

Ses pupilles se resserrent et elle pensa avec regret aux lunettes de bijoutiers restées dans sa chambre d’hôtel.

- … C’est difficile à dire à partir d’un aussi petit fragment, mais j’ai déjà vu des objets enchantés desquels ça aurait pu faire partie : une petite fresque ou un sceau, auquel cas il y aurait définitivement des habiletés passives… Mais magique ou pas, je trouve curieux de trouver une pièce brisée sciemment cachée dans un arbre... Elle n’a certainement pas pu se retrouver là toute seule. Hum. On va devoir trouver les autres morceaux, parce que c’est la meilleure piste qu’on a depuis le début de l’enquête !

Le pétillement dans la voix était exponentiel, et tout en parlant, elle continua son inspection, pesant et testant la dureté de la pierre, grattant, puis reniflant même le morceau à la recherche d’indices supplémentaires.

- Penses-tu que Nàtt … Commença-t-elle en cherchant vainement la chienne du regard avant d’ajouter, perplexe : « Hé, Cy, où est passée Nàtt ? ».


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Sam 29 Sep - 14:40

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- Je suis un musicien.

Le haussement d'épaules de Cy est limpide, contrairement à ses mots : il sera excusé juste parce qu'il fait partie de ces fantasques troubadours modernes. Ca ne lui semble pas étrange parce que finir torse nu pour tout et rien est presque une habitude maintenant, à force de passer des années entouré d’idiots branchés comme lui pour qui se balader uniquement en pantalon cargo et grosses bottes est un marqueur d'appartenance sociale.
Mais il ne va pas se lancer dans une analyse sociologique du milieu des musiques extrêmes. Déjà parce qu'il en serait incapable, ensuite parce qu'il s'en fiche. Il finit juste régulièrement à moitié à poil et là ça ne le dérange pas beaucoup plus.
Il est vraiment loin de se douter du genre de rumeurs qui pourraient se balader. Ce n'est même pas une façade : monsieur Thorne est simplement incapable d'imaginer que des élèves puissent se dire qu'il met les mains partout dans les vêtements de Victoria. Qui irait croire ça part des tabloïds, de toute façon ? Personne, voilà qui.

Il laisse sa collègue lui faire part de ses théories sur le bout de poterie pendant qu’attentif, il balade ses yeux sur ledit bout de terre cuite, cherchant des connexions mentales qui se font timidement.

- Quelqu'un l’a planté ici.

Jusque là c'est assez évident, Sherlock.

- Possiblement volontairement, fait-il aussi calme que l'autre Chevalier est pétillante. Quelqu'un veut hanter l'école… ?

Si c'est ce genre de plan et qu'il tombe sur le sadique qui lui a fait subir cette mission débile, il se fera un plaisir de lui casser les orteils à grands coups de rangers avant de ne serait-ce que réfléchir à le livrer à l’Ordre.

- Nàtt ?

Quoi, sa chienne ?
Ha. Effectivement, elle n'est pas là. Les sourcils du grand blond se froncent. Ses mains se serrent involontairement en poings avant qu’il ne les relâche.
Inspiration.

- NÀTT.

Là, le voilà le beau rugissement de l’expert en hurlements. Il part bien du fond des poumons, remonte en roulement d’avalanche, sort en tonnerre grondant. 11/10 au moins, félicitations pour l'effet.
Mais c'est inutile, rien ne répond.
Il s'éloigne un peu de l'arbre. Hurle de nouveau. Toujours rien. Il regrette son ancien chien avec une soudaineté absolument compréhensible, parce que Shado ne l'aurait jamais quitté des yeux.

- ‘tain… C'est pas son père qui aurait fait ce coup…

Regard sur Victoria, le temps de peser le pour et le contre. Sans trop y penser, il passe les doigts sur sa nuque pour toucher le vegvisir qui s’y trouve, invoquer sa protection. Il n'est pas littéralement magique, ça ne change rien à son geste. Il a peut-être besoin d’un peu d’aide mentale.
Il va falloir retrouver son animal. Il ne peut pas laisser une créature facilement prise pour plus dangereuse qu'elle ne l'est se balader dans une école, il ne peut pas risquer qu'on lui tombe dessus. Qu’on lui fasse du mal. Un long gémissement désespéré lui échappe.

- Il va falloir la chercher. Elle passe son temps à voler de la nourriture, on peut commencer par ça. Les cuisines.

Cette fois, c'est un soupir blasé qui vient au Consultant. Courir après Nàtt ne faisait pas partie de ses envies du moment, il doit bien l'avouer, mais puisqu'il n’y a pas de choix…
Le voilà parti, à moitié à poil, à essayer de se déplacer vers les cuisines sans se mettre trop en vue des fenêtres et à siffler régulièrement pour voir s’il n'obtient pas de réponse. Et ça n'arrive pas, bien sûr, parce que ce serait trop facile. Il se retourne donc vers Victoria, histoire de faire la conversation.

- C'était l'idée de mon père, les chiens. Lui il s'en sort bien avec et moi je- NÀTT.

Il se jette en avant en courant, ignorant toute tentative de discrétion, à la suite de la queue de chien noire qu'il vient d'apercevoir entrer dans le réfectoire.

- JE VAIS TE TRANSFORMER EN SAUCISSES.

Super. Bravo la menace.
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Ven 12 Oct - 1:19

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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
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- Ok ben, je suis une ballerine ? Répondit-elle, incrédule devant ses soudains aveux. C’était vrai, en occurrence, même si personne dans l’ordre – excluant quelques vétérans et amis de la famille ayant assisté à ses tout premiers spectacles de petite fille – n’était au courant de ce détail. Cela faisait déjà quelques années qu’elle n’était plus dans le milieu compétitif, mais les heures de pratique se voyaient encore dans sa silhouette, et plus concrètement, dans sa façon de s’entrainer et de faire de longs exercices demandant à la fois souplesse et force musculaire. Au final, elle avait troqué les chorégraphies dansantes pour des séquences de combat beaucoup plus utilitaires, mais finalement pas beaucoup plus difficiles pour elle.

Elle comprit seulement quelques instants plus tard qu’il disait cela pour justifier sa nudité ; comme si c’était une raison valable ; comme si ce simple fait rendrait la situation admissible aux yeux des autres. Paupières frétillantes, cils papillonnant, ses iris s’envolèrent et roulèrent tandis qu’elle rejetait sa nativité. Elle avait soupiré, septique et un peu découragée pour lui… Parce que s’il ne pouvait s’imaginer les retombées de leur petite aventure, il ne serait certainement pas prêt à les assumer. En contrepartie, l’image mentale du musicien nu en pleine performance chatouillait fort bien son intérêt et son imagination, mais elle y reviendrait plus tard, quand ils ne seraient plus à l’école, plus en mission... et avec une bière entre les mains de préférence.

Lorsqu’il verbalise l’évidence qui tournait déjà dans sa tête, elle sourit. Elle sourit avec ses lèvres, mais aussi avec ses yeux dorés et pétillants qui se courbaient au-dessus de ses pommettes saillantes. Son regard brillant s’opposait à son air plus sombre, s’accrochant impunément à son regard du moment qu’il le relèverait du fragment tenu entre ses doigts.

- Quelqu’un ou quelque chose, oui, c’est une possibilité. Dit-elle joyeusement, mais en laissant de l’espace aux doutes et aux autres possibilités. Si ses années perdues en tant que détective lui avaient appris quelque chose – en dehors de son cynisme et son rejet de l’autorité – c’était la méfiance des absolus. Cela ne l’empêchait pas de crépiter de curiosité tandis que ses feux s’alimentaient d’indices et d’hypothèses. Elle aimait les jeux des patiences, d’autant qu’ils soient stimulants, aussi elle était fort satisfaite d’avoir une piste à suivre et quelque chose à déclarer. Pour elle, attraper le coupable était un but secondaire : elle voulait avant tout découvrir comment on s’y était pris, avec quel objet ou quelle créature et pour quelle raison.

Elle aurait voulu continuer de ratisser la cour, mais soudainement, Cy était nulle part et partout à la fois. Sa voix puissante échoyait et gondait comme un orage prêt à s’abattre sur la chienne qui eut l’instinct de rester dans sa planque. Comme s’il était animé par un vent impétueux, il migra en passant devant les fenêtres de la cafétéria vers les portes donnant sur les cuisines. Victoria le suivit avec un certain retard, pressée, mais ambivalente à l’idée d’entrer dans l’établissement. Elle appela son collègue, mais ses paroles étaient de faibles échos sous ses grands cris : il aurait pu entendre l’alarme dans sa voix, car elle était à peu près certaine que – enseignant ou non – entrer torse nu dans une école était illégal au Canada. Aspect légal mis à part, toute cette commotion ne manquerait pas d’attirer les regards des élèves, enseignants et autres membres du personnel.

Tout en courant, elle vérifia sous la compresse de fortune que la plaie coagulait bien, mais serra néanmoins le vêtement dans sa paume en sachant qu’il serait le précieux alibi pour innocenter les accusations d’indécence qui menaçaient de leur tomber sur la tête.

Les menaces gastronomiques fusaient et Cy entra dans les cuisines, présumablement à la suite de la chienne. Victoria les suivis, anticipant de tomber nez à nez avec une équipe de cuisiniers mécontents, perplexes et hurlant d’indignation. Et puis non : les cuisines étaient vides. Elles l’étaient toujours après le diner, car l’équipe culinaire rentrait de bonne heure pour compenser le fait de commencer à travailler très tôt de sorte à pouvoir servir les déjeuners. Bientôt, l’équipe de ménage viendrait pendant le dernier cours de la journée, mais ils avaient encore au moins une demi-heure devant eux.

Un lourd soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine tandis qu’elle verrouillait les portes derrière elle, faisant ensuite de même avec celles qui donnaient sur la cafétéria. Certes, s’enfermer ensemble dans une pièce fermée à clé ne pourrait que nuire davantage à leur nouvelle réputation… mais encore faudrait-il que quelqu’un s’en rende compte.

Ensuite, elle observa, de l’autre bout de la pièce, son complice qui cherchait sa chienne ; Victoria l’aiderait dans quelques instants, mais elle avait d’abord besoin de clamer le vertige qui se violait un chemin au creux de son front. Il fallait dire que saigner et courir ne faisaient pas bon mélange. Faute de trouver une chaise, elle s’accota contre un comptoir et lorgna l’évier industriel dans lequel elle pourrait nettoyer sa main et essorer son pansement qui ne redeviendrait jamais blanc.

Quand un museau humide se colle contre son mollet nu, elle baisse des yeux moqueurs sur la bête dont les oreilles baissées tentaient d’ignorer les foudres de son maitre.

- Cyyy ! Croassa-t-elle en ignorant les yeux humides qui la toisaient tristement.


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