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La société de l’étoile du soir aurait tenté de recruter un chevalier. Soyez sur vos gardes.
Le QG est étrangement vide depuis le début de la mission d'infiltration au Canada.
Attention aux pluks : ils sont en plein rut et suspicieusement affecteux. Eurk.
SCÉNARIOS














Au temps des étoiles

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Mar 27 Mar - 17:28

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La noirceur, un état qui ne manquait pas a la rousse, mais elle s’y était longuement habituée durant ses années de captivité, mais, ici, c’était bien différent. Au lieu de cristaux lumineux placer ça et là dans la grotte, de magnifiques étoiles et galaxie s’exhibait au plaisir de l’œil attentif de la jeune dame. Les astres nuptiaux la laissaient contemplative alors que le vent frais de la nuit tourbillonnait dans ses cheveux couleur de feu.

La jeune femme s’était éclipsée de sa chambre pour marcher tranquille dans ce village anormal. Avec son hôte ; Danaé, elle avait été au marché. Là-bas elle avait aperçu des créatures magiques et cela l’avait grandement perturbé. De plus, Ea n’était plus du tout habitué a vivre dans une civilisation ou le respect était une valeur primordiale.

Affaiblis par son évasion, l’Écossaise ne se sentait en mesure de paré à toute éventualité et préférait donc commencer tranquillement son retour a une vie sociale. Elle avait limité ses contacts à de courtes sorties.

Il fallait dire que la grande cicatrice qui lui barrait le visage du front jusqu’à la joue en passant par son œil avais de quoi la complexer. De plus, bien que Danaé aie fait des miracles, le bras de la violoniste était toujours dans un plâtre et sensible a tout mouvement brusque.

Assise dans l’herbe une peu plus loin des habitations, Ea contemplais la voute céleste, elle avait lâché prise sur ce monde et restait dans cette paix intérieure.


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Lun 2 Avr - 17:59

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La nuit était fraîche et j’accueillais avec sérénité la morsure du vent sur ma peau à peine couverte. Il n'y avait pas âme qui vive dans le village endormi, seulement moi et les étoiles pour me contempler depuis leur lit bleu marine. Ah, la solitude... Je n'étais pas parvenu à retrouver le sommeil après la conversation en visio que j'avais eu avec Marjane. Ses grands-parents avaient eu la bonne idée d'investir dans une tablette, et depuis quelques semaines, nous nous appelions presque tous les soirs, trop heureux de pouvoir à nouveau partager des moments intimes et familiaux. Elle me racontait ses journées d'école, les sorties qu'elle faisait avec ses grands-parents ou ses amis, me partageait ses dessins ou me racontait des histoires avec ses jouets. J'étais attentif aux moindres détails, heureux de constater que sa vie recomposée commençait à balayer les malheurs du passé. De ma nouvelle vie, par contre, je n'en disais pas grand chose, car je n'étais pas sensé vivre à l'étranger, mais dans une clinique reculée au fin fond de la Turquie. Aussi, le décalage horaire entre les deux pays – près de 7h - commençait à peser sur mon rythme de vie. La nuit devenait jour. Mais comment ne pas succomber à ce doux plaisir ?

Aussi, c'était encore ému par notre appel que je m'étais élancé dans les rues de la ville, prenant soin de ne pas réveiller le serpent qui me servait de colocataire et dont les sens étaient aussi affinés que les miens. C'était étrange, mais admirer les étoiles avait toujours eu le don de me calmer et de me faire relativiser mes soucis. Je me sentais minuscule sous la voûte astrale de la nuit, et les lumières tamisées qu'elle déversait sur le monde était les plus charmantes de toutes. Même après le drame qui avait été le mien, précisément un soir où nous étions sortis pour profiter de cette beauté qui ne s'offrait qu'aux noctambules, je ne pouvais pas me passer d'un tel spectacle. C'était, à vrai dire, ce qui se rapprochait le plus de la magie pour moi. En effet, quoi de plus magique que de savoir que les mêmes étoiles couvent tous les êtres qui nous sont chers ? Où que l'on soit, où que l'on aille, il nous suffit de lever les yeux pour nous connecter avec n'importe qui dans ce monde... et dans l'autre. Oui, c'était ça, la vraie féerie du monde... Et ce soir, j'y croyais davantage encore.

Je marchais, brisant le silence par mes pas feutrés, le nez planté au ciel, m'enveloppant dans la beauté des étoiles*. J'avais l'impression étrange que, ce soir, ces boules de feu me donnaient l'autorisation de croire à l'impossible rêve de retrouver une vie simple, comme si en bénissant chacun de mes pas elles bénissaient ma quête d'inaccessible. Je ne me sentais plus triste, je ne me sentais plus mal. J'étais peut-être seul, mais peinard. Avec le temps, finalement, tout s'adoucit, et tout s'en va...

Sans m'en rendre vraiment compte, je m'éloignais des artères principales pour délaisser tout ce qui se rattachait à une quelconque humanité. Ah, la solitude... Soudain, je me suis cogné contre une masse molle, ou plutôt, une marée de cheveux roux surgissant des ténèbres, posée sur l'herbe fraîche. « P-pardon ! J-je... » bégayai-je en me reculant prestement. Je me suis accroupi pour me mettre à sa hauteur : « J'espère ne pas vous avoir fait mal. Je.. Je ne vous avais pas vu... » continuai-je, mal à l'aise. Je ne pouvais distinguer clairement la personne qui était là, mais j'en devinais suffisamment pour comprendre que c'était une femme et, en posant ma main valide sur son bras dans un geste de réconfort, je m'aperçus que ce dernier était plâtré. Je me sentais d'autant plus coupable de l'avoir bousculée, même si le choc n'avait pas été violent.

Pour détendre l'atmosphère, je désignai mon propre plâtre sur mon bras droit, fruit d'une malheureuse aventure dans la forêt du sanctuaire quelques semaines plus tôt. « Mince, je suis contagieux ! » dis-je dans un sourire, bien que l'obscurité ne permettrait certainement pas à la chevalière de le voir. Mais un sourire, ça s'entend toujours. Du moins, c'est ce que l'on m'avait enseigné.

Je me raclai la gorge, honteux, et je commençai à me relever. « Pardon encore, je vais vous laisser... » commençai-je, mais ma voix se perdit en cours de route. Au-dessus de nous, se détachant de son lit de diamant, une étoile filante zébra le ciel avant d'aller mourir dans l'horizon. J'en restai bouche-bée et ému. Magique... « Oh ! Tu as vu ça ?! J'espère que tu as fait un vœux » dis-je, sans m'en rendre compte, comme si je connaissais depuis toujours la femme à mes côtés.


J'ai dû me freiner...:
 
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Dim 29 Avr - 21:56

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La nuit était belle, des grillons chantaient leur amour à leur partenaire, mais tout ce qui importait à la roussette c’était les étoiles. Elle avait oublié comment c’était magnifique à observé, comment de grosse boule de gaz enflammer pouvait procuré une si grande joie. Elle se rappelais des dires de son père : << Quand tu regardes les étoiles dans le ciel, tu es certaine qu’il y en a au moins une qui s’est éteinte, mais on peut encore observer sa lueur. >>. La lueur de ce feu ne produisait pas de chaleur à proprement parler, enfin, aucune que la demoiselle pouvait ressentir, mais son cœur était réchauffer par leurs vus.

Puis, une douleur la saisit, quelque chose venait de la heurter, une créature, un être malveillant? Qu’importe, l’Écossaise retint un gémissement de douleur. Son membre cassé avait été électrocuté par la douleur et cela l’avait poussé à mettre sa main sur ce dernier pour le calmer. Quelque seconde plus tard, c’est une main poser sur la sienne qu’elle sentit.

Ea releva immédiatement la tête, expriment un sentiment de terreur et de soumission, alors qu’elle détaillait le visage de son assaillant. Contrairement au tain laiteux de la rousse, l’homme brun semblait avoir un tain balzané. Tout comme la flamme éteinte, mais visible qui l’observait, l’étrange portait, un plâtre à l’un de ses bras, signe d’une blessure importante. Lui aussi avait remarqué cette similitude et en avais d’ailleurs fait une blague vide de sens pour la nouvelle arriver. Contagieux, ais en quoi? Elle ne fit que froncer les sourcils d’incompréhension, avant que ce dernier ne s’excuse. Surprise par les excuses de ce dernier, encore peu habituer a la courtoisie de monde réel, elle secoua doucement la tête.

-Je…

Alors qu’elle entamait le dialogue, ce dernier tira son attention vers une étoile filante. Cela l’émerveilla, voilà bien des années qu’elle n’en avait pas vus, et si son souvenir était bon, cela remontait au funeste jour de son enlèvement. Perturber, elle ne put qu’afficher un triste sourire pour exprimer ses sentiments contradictoires. Mais une chose l’intriguait, qui était cet homme qui se promenait ainsi dans l’obscurité sans arriver à distinguer les choses convenablement.

-Pardon, Mais…. Qui êtes-vous?


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Sam 2 Juin - 8:21

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C'était étrange, nous étions baignés dans une ambiance magique, presque mystique, qui me donnait l'impression de battre à l'unisson avec l'univers, et pourtant... la jeune femme ne semblait pas ressentir les mêmes sensations. Pire encore, je pouvais sentir tout son trouble. Je me doutais bien que ma présence, arrivée un peu brutalement dans son espace, pouvait l'avoir gênée, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander : suis-je si effrayant ? Je ne pouvais pas croire que dans l'esprit de quiconque je puisse représenter une menace. Certes nous étions en pleine nuit, mais dans une ville remplie de chevaliers ou bien de citoyens pour la plupart inoffensifs ! Des gens bien en somme. Alors, depuis quand, même sous ma forme normale, provoquais-je la crainte chez ceux que je rencontrais ?

Une jolie voix chantante vint me sortir de mes pensées troublées, et me fit comprendre que j'avais tort de m'emballer. J'avais complètement négliger la plus basique des conventions sociales : me présenter. Je me rattrapai prestement, essayant de garder le calme et la légèreté qui m'avaient caractérisé jusqu'alors.

- De toute évidence, je suis un maladroit doublé d'un malpoli. Je m'appelle Nawar, et vous ?

Je ne savais pas si mes paroles allaient vraiment la rassurer, je lui tendis alors ma main valide afin de clore cette présentation en bonne et due forme. Puis, attendant sa réponse, je me suis assis dans l'herbe fraîche, à une distance raisonnable, et dans l'optique de m'en aller à tout instant si elle en exprimait le souhait. Je n'avais aucune intention de l'ennuyer, mais j'avais une profonde envie de racheter mes torts envers elle et, peut-être aussi, de profiter de cette magnifique nuit avec quelqu'un, même si c'était avec une inconnue.

Je me suis surpris à lui parler, lui racontant pourquoi j'étais dehors à cette heure-ci, sans lui demander toutefois d'en faire de même - je n'avais pas besoin de le savoir. Je lui ai raconté combien j'aimais les étoiles, le ciel, la nuit et la lune, tant et si bien que je retrouvais souvent une âme d'enfant et de rêveur lorsque je me plaisais à déambuler ainsi la nuit, ne gardant que les astres pour seuls maîtres. C'était agréable et cela me permettait de me sentir mieux lorsque, comme ce soir, j'avais besoin de m'évader de moi-même ou de ma vie.

Au fur et à mesure que je parlais, mes yeux s'habituaient à l'obscurité relative de l'endroit, me permettant de distinguer davantage les traits de la jeune femme. Je devinais sans difficulté à présent la couleur feu de sa chevelure, que je n'avais jamais ne serait-ce qu'aperçue dans les rues peu animées d'Old Fyre.

- Je pense que je ne vous ai jamais vu sur l'île. Vous êtes chevalière depuis peu, c'est bien ça ? me suis-je hasardé à demander tout à coup.
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Lun 11 Juin - 23:18

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L’homme se présenta avec une prestance et une vivacité qui amusa la demoiselle. Son sourire triste se transforma rapidement en un sourire sincère. Elle l’écouta parler à lorsqu’il se présenta sous le nom de Nawar. L’origine de ce nom était inconnue à la rousse, mais elle était surtout intriguée par la gestuelle de l’homme, qui sembla faire une révérence lorsqu’il lui tendit la main pour ensuite s’asseoir.

Il était proche, mais surtout son angle de vision était meilleur sur le visage au nez effiler de la rescaper. Elle leva sa main pour relacer sa frange qui cachait la plait béante qui passais du haut de son front jusqu’aux bas de sa joue droite, barrant ainsi son oeil devenu invalide. La plait cicatrisait doucement, les points, qui n’avais toujours pas été retiré, gardaient le tout bien fermer. Quand Ea eu fini sont mouvement, elle tend sa main pour séré celle de son interlocuteur.

-Ea McNeil.

Elle lui souriait, elle semblait plus à l’aise en sa compagnie. Elle le trouvait si charmant et si différent des autres hommes qu’elle avait connus. L’Écossaise écouta le déversement de confidence du balzané. Elle buvait ses paroles, portant parfois son regard vers les étoiles maitresses et finies par reposer son regard azur dans celui ébène de l’étranger.

À ce moment, le temps sembla se suspendre, c’était la première fois que Ea appréciait un être humain depuis bien longtemps. Depuis le jour fatidique, elle n’avait pas créé de lien saint avec un autre humain. Ses contacts n’avaient été dictés que par la soumission, la survie et la nécessité. À cet instant, rien de tout cela n’était valable. Nawar ne semblait rien attendre d’elle que de passer une nuit assis dans l’herbe a discutée. Une nuit splendide parsemée de rare étoile filante.

Puis, une question se pointa. Il parla des chevaliers. Ses gens qui l’avaient emmené ici et qui l’avait laissé chez une étrangère, fort sympathique d’ailleurs, mais elle ne s’était pas senti bien dans ce processus. Était-ce le manque de communication, la douleur, ou le stresse de l’inconnue, McNeil n’aurait su le déterminer.

-Non… Je ne suis pas chevalière… et vous?

La survivante n’osa pas lui parler de son passé. Bien qu’elle apprécie le moment, elle ne souhaitait pas révéler ses faiblesses si tôt dans cette relation. Comment expliquer des horreurs a un être quand on n’arrive même pas à surmonté la peur que ses derniers on laisser, même une fois en sécurité. Certes, il avait peut-être entendu des chevaliers chuchoter sont histoire dans les tavernes, a peu que celui-ci ait été au bon endroit au bon moment, mais cette idée ne traversa jamais l’Esprit de la demoiselle. Elle ne croyait pas être un cas bien différent de bien d’autres. Après tout, plusieurs rescapés avaient été éparpiller sa et là à travers du ressaut de l’aube. Elle était seulement la plus touchée. De toute façon, les chevaliers voyaient toute sorte d’histoire horrible… non?



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Sam 23 Juin - 17:25

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-Non… Je ne suis pas chevalière… et vous ?

Ah... raté. Pourtant, à la vue de ce plâtre et de son air détachée, assise là seule, dans le noir, à contempler l'immensité de l'espace comme pour s'échapper, j'aurai pu jurer qu'elle... et je compris brusquement. Si elle n'était pas chevalière, alors, elle était certainement comme moi ; une personne normale qui s'était retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment, et que l'on avait amenée sur l'île pour la protéger. Ou protéger le reste du monde... À moins qu'elle ne soit maladroite ou malchanceuse et se soit cassé le bras dans un accident idiot ! Mais je n'y croyais pas trop...

Je me senti soudainement plus proche de cette étrangère, comme si nos passés que je supposai similaires nous vouaient à partager une même destinée. Mais c'était précisément ce passé qui m'empêchait d'être complètement honnête avec elle. Car je ne connaissais pas son histoire – et n'étais pas certain de le vouloir – et je ne pouvais pas, dans la condition qui était la notre, me présenter simplement tel que j'étais.

- Non, moi non plus. Je ne suis... rien qu'un homme normal, finis-je par lui servir dans une sourire pour toute explication, ressentant une pointe de remord face à l’hypocrisie dont je faisais preuve. Mais, après tout, toutes les vérités n'étaient pas bonnes à dire.

Comme elle ne répondit pas ou presque, je commençai à me sentir troublé par le comportement de la petite rousse. Je sentais qu'elle n'avait pas peur – c'était le genre de chose que je ressentais instantanément à présent, comme aimanté par les sueurs froides et l'augmentation des pulsations cardiaques, et la jeune fille n'en présentait aucun symptômes probants... il m'avait même semblé distinguer un sourire se dessiner à plusieurs reprise sur son visage. Clairement, rien n'indiquait qu'elle souhaite que je m'éloigne, hormis ce mutisme intenable. Était-ce une timidité exacerbée, de l'indifférence ou simplement une manière d'être ? Cela commençait à me rendre fou, d'autant plus que j'avais envie – non, besoin – de parler. Oui, infiniment besoin... et peu m'importait le thème, tant que je n'étais plus confronté à mes voix intérieures.

Alors, je replantai ma tête vers les étoiles, attendant d'elles qu'elles éclairent ma voie.

- C'est drôle, mais le ciel ici n'est pas du tout le même que chez moi... Là-bas il y a tout les éclairages de la ville qui parasitent tout et il faut rouler longtemps avant de pouvoir avoir ce genre de clarté absolue. Ici, on a l'impression qu'elles sont si nombreuses ces étoiles... Mais il manque la grande ours et l'étoile polaire... je n'arrive pas à m'y faire ! C'est fou les détails qui nous chagrinent lorsque l'on quitte son pays...

Et c'était un peu vrai.
Même si je m'étais facilement acclimaté à cette vie reculée du monde, il y avait une myriade de petits détails, presque des grains de poussière à l'échelle de ma condition nouvelle, qui me faisait regretter mon pays d'origine. Tout d'abord, la nourriture : il y avait une quantité astronomique d'ingrédients qui étaient parfaitement introuvables ici. J'avais dû adapter mes recettes et mes habitudes, sacrifiant bon nombre d'épices qui donnent leur saveurs toutes particulières aux plats de mon enfance. Ma langue aussi me manquait, car même si j'avais l'occasion de parler d'autres langues plus poétiques et plus jolies, cela ma peinait terriblement de ne pas entendre ses accents au détour d'une rue, dans les cafés, sur les balcons... Oui, ce n'était pas la plus belle, mais c'était la mienne... Et puis, le ciel n'était pas le même, ça, c'était un fait, et plus étrange encore, l'eau des siphons tournaient dans le mauvais sens !

Pis encore, c'était cette manière que les gens avaient de vivre chez eux, sans jamais inviter autrui à partager des bouts de vie, sans jamais investir les rues autrement que pour aller d'un point A à un point B. Que c'était laid des habitants qui se complaisaient dans le silence et ne trouvaient que dans l'alcool l'occasion de détruire le mur qui les séparait artificiellement des autres. Je m'étonnais un peu de n'avoir jamais noté ce genre de chose lorsque je voyageais auparavant. Peut-être parce que je savais que, quoiqu'il arrive, je rentrerai à la maison et retrouverai tout cela.

Mais aujourd'hui, je savais que je ne retournerai jamais en Turquie, du moins, pas pour y vivre. Subir les répressions d'un gouvernement toujours plus dur, voir les droits et les libertés des citoyens s'effriter sans que je puisse rien faire, tout en sachant que dehors, sans que personne ne se doute de rien, des créatures mourraient dans le silence tandis que d'autres déchiquetaient des êtres humains. Ce n'était assurément pas le niveau de vie que je souhaitais avoir, ni celui que je voulais donner à Marjane. Cependant, l'alternative d'une vie parmi les chevaliers comportait aussi son lot de violence, et n'était pas si enviable que cela... J'avais déjà tourné et retourné ce problème mille fois dans ma tête sans jamais y trouver de réponse qui me satisfasse. Et je n'allais pas en trouver dans l'heure, alors je reportai mon attention sur la jeune femme à mes côtés, ajoutant rapidement :

- Mc Neil, ça me fait penser à l’Écosse... Vous y avez des origines ?
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Dim 24 Juin - 23:09

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Les étoiles, elle n’était pas semblable à ceux d’écosse, mais de sa ferme, Ea pouvait es observer coucher sur le toit de l’étable ou encore dans les champs. C’était une activité qu’elle pratiquait avec son père… mais contrairement aux Turques, elle ne s’en faisait pas pour la nourriture, mais plutôt pour le climat, le soleil, la température chaude et humide, de quoi la rendre facilement malade. Dans son pays natal, les températures y sont plus agréables et l’hiver apportait la neige.

L’Écosse, pays natal, pays fatal. Ce pays reconnu pour ses châteaux antiques, ses paysages verdoyant, mais surtout, pour ses rouquins sans âme. Il fallait croire que désormais, il avait un tout autre sens pour la rouquine qui, contrairement à la légende, possédait une âme. Une âme meurtrie par les créatures de sa patrie. Des insectoide en avaient fait un animal et désormais, elle devait se reconstruire face à toute ces choses.

-Oui, j’y suis née, dans une ferme. On y élevait des chèvres pour leur cachemire. On produisait aussi du fromage, mais pour notre consommation personnelle… Je ne sais pas ce qu’elle est devenue…

Ea regardait le sol, mélancolique. Elle n’avait pas encore repensé à la petite ferme, seule motivation que la jeune femme aurait de retourner dans se pays maudit. Elle se rappelait les hivers à jouer dans la neige, aux étés à courrière dans les champs, au petit chevreau qui gambadait et sautait partout. Elle se rappelais des réunions de famille ou elle jouait en duo avec un cousin… une larme lui monta a son œil valide.

-Enfin… c’était avant… et vous? Des origines russes? Soviétique?


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Ven 10 Aoû - 7:37

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Je l'écoute avec attention me parler de ses origines, croyant déceler dans ses mots une inexplicable mélancolie. Ou n'était-ce que de la timidité ? Peut-être bien, car jouer avec ses cheveux est souvent un signe de nervosité, et j'avais remarqué que la jeune fille s'évertuait à jouer avec les siens, les remettant systématiquement en place, ou plutôt essayant de dompter cette cascade de feu. Oui, quelque chose dans son attitude, et puis dans son ton et ses hésitations n'ont fait que me confirmer cette évidence : quelque chose de terrible l'avait éloigné de sa douce vie dans sa ferme et, que ce soit récent ou pas, cela semblait être encore très douloureux pour elle. J'eus un léger pincement de cœur à cette idée, et j'ai gardé le silence, tout comme elle, pendant quelques instants, ne sachant pas vraiment comment réagir autrement. C'est fou comme on se sent toujours idiot face au malheur des autres, et moi qui avait déjà eu ma dose de déchirement de l'âme, je savais combien les mots de réconfort maladroits pouvaient devenir presque aussi cruels que la peine elle-même. Alors, sous la bienveillance des étoiles, nous sommes restés dans un silence parfait.

Puis, d'une voix à peine audible, la belle rousse brisa le silence pour me demander mes propres origines et je n'ai pu que sourire face à sa supposition incongrue.

- Soviétique ? Pas vraiment non, lui répondis-je dans un sourire proche de l'hilarité. Je viens de Turquie. J'y ai toujours vécu, même si j'ai beaucoup voyagé pour mon travail. Qu'est-ce qui vous a fait penser à cela ?

Je la regardai d'un œil maintenant amusé, écoutant ses explications. Cependant, alors qu'elle parlait, un autre son attira mon attention : dans les herbes environnantes, quelques chose cheminait. Pire, ce furettement se rapprochait de nous et, dans le noir relatif de la nuit, j'avais des difficultés à localiser précisément ce qui se tapissait dans l'herbe. Désormais un peu nerveux, je tentais de ne rien laisser paraître lorsque soudain, ce quelque chose me frôla la jambe. Par réflexe, je l'ai dégagée d'un geste brusque et cru reconnaître un pluk. Et je ne savais pas si je devais être rassuré, car les pluks étaient des bestioles complètement inutiles et carrément nuisibles qui pullulaient sur l'île. J'avais déjà eu affaire à quelques individus de cette espèce détestable dans l'appartement ; rentrés par un chemin mystérieux, les petites bêtes avaient essayé de faire main mise sur les placards remplis de friandises et avaient mis sans dessus-dessous une partie de la cuisine. Bien qu'ils ne soient pas particulièrement dangereux, ils étaient plutôt rapides et habiles et avaient une certaine tendance à vous harceler si vous aviez le malheur de manger une sucrerie. J'en avais même surpris un presque en extase mystique dans la salle de bain, attaquant avec avidité un gel douche aux senteurs sucrées.

Je n'eus pas le temps de réfléchir à qui, de la jeune fille ou de moi, avait attiré la petite créature vorace en cette nuit si belle et calme car d'instinct je m'étais déjà relevé et, d'un geste, avait invité la jeune fille à faire de même en lui tendant ma main. Je l'ai hissé du sol et j'ai commencé à l'emmener un peu plus loin, histoire de distancer le pluk qui revenait déjà entre nos pieds, lui expliquant rapidement qu'il nous fallait le distancer, sinon, il continuerait à nous ennuyer pour quelques miettes à manger. Horrible petite saleté !
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Lun 3 Sep - 22:32

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-Votre accent guttural, je suppose, dit Ea, un peu gênée de s’être trompée.

Les étoiles continuaient de veiller sur ce curieux duo et la rousse se sentait en paix. Ea savourait ce moment de plénitude naissant de cette conversation banale avec ce parfait inconnu. Si seulement sa vie était remplie de moments comme celui-ci, elle serait comblée. Pas que le temps passé chez Danaé soit stressant, loin de là, seulement de toujours rester dans ce petit endroit que l’on appelle zone de confort finit immanquablement par nous rendre méprisant envers nous-mêmes : méprisant de notre faiblesse, méprisant de notre incapacité à avancer, de socialiser, et méprisant de notre propre improductivité.

Ce moment de confort ne pouvait malheureusement pas durer. Sans comprendre ce qui se passait, Nawar tira la rousse vers lui, l’éloignant d’un danger encore inconnu par la rescapée. Incapable de résister, l’Écossaise suivait le Turque à travers les brins d’herbe et la fraicheur de la nuit jusqu’à ce qu’il lui explique que le danger n’était rien d’autre qu’un pluck : ces créatures étranges et effrayantes extasiées devant tout sucre raffiné. Danaé lui en avait parlé une fois lorsqu’une petite troupe s’était mise à saccager une étale de bonbons locale.

La balafrée comprit aussitôt qu’elle était la cause de cette agitation et elle laissa tomber le paquet de gum qu'elle tenait dans son attelle ce qui stoppa immédiatement la course du pluck désormais absorbé par l’enrobage. Le Turque fut tout de même prudent et la tira un peu plus loin pour distancer la vile créature avant de finalement s’arrêter.

Surpris par cet arrêt, Ea vient se heurter contre le poitrail de l’homme. Immédiatement, elle rougit, faisant disparaitre ses taches de rousseur sous la pigmentation globulaire. Sans pour autant le repousser, elle leva son visage vers l’homme, détaillent les traits sauvages et virils de Nawar de son œil valide. Dans sa course, le bouclier de feu tomba, laissant l’œil mutilé à la vue de l’étranger. Une vision horrifique se présenta donc à lui ; un œil vitreux barré par une cicatrice encore fraiche qui parcourait son visage de son front jusqu’à sa mâchoire délicate. Ea avait fait tant d’effort pour le protégé de cette vision, mais le sort choisi parfois mal ses moments.



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