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Some people just need a high-five

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Sam 24 Fév - 3:32

So I bare my skin, and I count my sins, and I close my eyes, and I take it in
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Habitation permanente : Chez Victoria
Occupation : /
Tullio Cavaleri

Lorsque Tullio releva les yeux de la boîte en carton qui se trouvait devant lui, ce fut pour regarder l'heure. Il estima le temps qu'il avait passé à vider des boîtes puis trier leur contenu, et décida qu'il avait mérité quelques instants de pause. Toujours à genoux sur le sol, il ramena ses bras au-dessus de sa tête le temps d'étirer son dos et, lorsqu'il les baissa, il fut à nouveau pris par cette sensation de vertige qui ne semblait pas vouloir le quitter depuis le déménagement.

J'habite ici. Il avait beau se le répéter plusieurs fois par jour, il se sentait toujours aussi étonné qu'une telle chose ait pu arriver. Il n'était plus un simple invité, plus ou moins indésirable, susceptible de devoir s'en aller au moindre changement d'humeur. S'il vivait avec Toria ça n'était plus uniquement par pure générosité de sa part. Cela signifiait beaucoup de choses, pour Tullio. Il ne se sentait plus le droit de rester sur le canapé, ou n'importe quel autre endroit jugé pas trop inconfortable, à attendre qu'on lui dise quoi faire.
Cela faisait certes quelques temps qu'il en faisait plus qu'on ne lui demandait, tout du moins quand aucun de ses deux colocataires n'était là pour le voir faire, mais c'était simplement parce qu'il avait envie de faciliter la vie de la chevalière. Les jours où il ne se levait pas de la journée n'étaient pas rares, et il ne s'en était jamais voulu outre mesure. C'était maintenant une époque révolue.

Une nouvelle fois, Tullio eut envie de fuir. Les murs l'oppressaient, et il avait l'impression d'être piégé. Mais fuir pour aller où? Il ne connaissait plus personne en dehors d'Old Fyre. Et pour faire quoi, de toute manière? Retomber dans la drogue? Il grimaça à cette idée. Ca avait été suffisamment difficile d'en sortir, alors qu'il n'avait même pas complètement arrêté. Non, il n'avait aucune envie de redevenir la loque qu'il avait été. Et puis…

Reprenant le tri du contenu du carton, il jeta un bref coup d'œil à Toria. Il sentait bien que ça n'allait pas, mais il n'avait aucune idée de s'il pouvait faire quelque chose pour elle. Il n'aimait pas qu'elle se taise comme elle le faisait mais, n'ayant rien à dire qui lui paraisse valoir la peine, il se contentait la plupart du temps de faire comme elle et d'essayer d'émettre au moins un bruit amusé à chacune de ses blagues. C'était probablement un peu ridicule comme méthode, mais c'était sa façon d'essayer de lui montrer qu'il écoutait.

Mais c'était sans doute normal, qu'elle ne soit pas comme d'habitude. Après tout, lorsqu'elle lui avait annoncé qu'ils déménageaient elle avait parlé d'héritage. Et on hérite quand les gens meurent.

"Des lasagnes, ça te tente? On a ce qu'il faut, et j'ai appris à les faire."

Demanda Tullio, en vérifiant l'heure une nouvelle fois. Il avait encore du temps avant de devoir s'y mettre.


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Lun 5 Mar - 1:10

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel


Tandis que d'autres n'ont besoin que d'un sens de l'humour tordu alimenté des formes évocatrices
Onzième interlude
Hiver 2018


Victoria était affreusement tendue. Depuis trois jours maintenant, elle contractait tous les muscles de sa poitrine pour mieux étouffer son cœur – et ceux de son ventre pour séquestrer toute émotion qui tenterait quand même de s’échapper. S’il était vrai qu’elle s’était inquiétée de l’absence de sa mère, jamais elle n’avait imaginé qu’elle puisse ne plus revenir. Ainsi, quand le capitaine en personne l’avait convoquée pour parler d’arrangements et d’héritage, elle avait nié, crié, nié un peu plus, et finalement, accepté d’emménager dans l’appartement d’Olivia sous la menace de voir toutes ses affaires jetées ou redistribuées. Elle et Tullio avaient maintenant la double tâche de déménager leurs propres affaires et de trier celles de sa mère, gardant ce dont ils pourraient faire usage, préparant le reste à un entreposage extérieur.

L’électricité et la climatisation ayant été coupées pendant l’absence de la propriétaire, ils avaient découvert les lieux plongés dans une humide et chaude pénombre, envahie de boites qui grimpaient sur les murs et de sacs qui sommeillaient sous des meubles. Ils explorèrent ainsi le grand appartement, découvrant un salon et une cuisine qui se fondaient ensemble sous un haut plafond, trois chambres et deux salles de bains envahies de poussières, ainsi qu’un balcon surplombant l’entièreté du QG.

Près de l’entrée, les boites de Victoria et de Tullio s’intégraient timidement à l’écosystème de carton, tandis qu’ils se frayaient un chemin dans l’inconnu, pour finalement établir un campement autour du canapé. Derrière celui-ci, des boites vides, brisées, s’empilaient à mesure où ils les dépeçaient. Leur besogne s’accomplissait doucement, beaucoup plus vite, d’ailleurs, depuis que l’électricité rebranchée leur permettait de défier la noirceur.

Les boites qui défilaient entre ses cuisses accouchaient un à un des objets, parfois familiers, parfois mystérieux, qui racontaient un désordre de péripéties fantastiques. Entre des trucs anodins, elle avait trouvé des artéfacts collectionnés au fils des ans ; des armes, des bijoux, des figurines, magiques ou pas, mais tous inestimables, qu’elles empilaient soigneusement autour d’elle. Dans ce butin, plusieurs trouvailles exhumaient des souvenirs endormis, des images vécues ou des échos racontés, qui murmuraient sur ses joues d’humides brulures.

Dans une casserole des plus normale, elle avait trouvé un rectangle bien enveloppé, découvrant ensuite, plutôt qu’un artéfact fragile ou précieux, une photo bordée d’un cadre serti de macaronis peints. Elle la retourna prestement, la poussant sous la table à café en étouffant le sanglot qui se violait un chemin dans sa gorge.  De la boite, elle sortit ensuite une nappe, puis… Une petite statuette de bois fossilisé de laquelle s’érigeait un énorme phallus taillé dans le rubis, si bien poli qu’il brillait, et coiffé d’une motte pubienne rousse et hérissée.

Un sourire incrédule grimpa aux coins de ses larmes. Elle se tourna vers son colocataire, les yeux rougis et les joues humides, mais souriante, en serrant entre ses doigts tremblants le phallus écarlate.    

- Et nous avons une casserole… Et une nappe, répondit-elle, l'affirmative sous-entendu, en poussant du genou la grosse marmite tirée de la boite.  

Après réflexion, elle alla placer la statuette sur le meuble de l’entrée, à la vue de tous leurs futurs invités. Entrer dans leur jungle habitationnelle et être lorgné par le sourire idiot et la verge en érection d’un totem lubrique était clairement la meilleure définition d’hospitalité ; ou sinon, la plus amusante... Pour elle.  

Elle se fondit finalement un chemin jusqu’à Tullio, mais sans oser même le frôler de peur de perdre sa fragile bonne humeur. Elle resta plantée devant lui quelques instants sans trop savoir quoi faire, mais quand même contente de fuir les boites infestées de souvenirs.  


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Mer 21 Mar - 15:25

So I bare my skin, and I count my sins, and I close my eyes, and I take it in
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Habitation permanente : Chez Victoria
Occupation : /
Tullio Cavaleri

Tullio remarqua aussitôt le mouvement de Toria, bien qu'elle se situe dans sa vision périphérique. C'est donc tout naturellement qu'il se tourna vers elle.

"Et l'autre jour j'ai…"

…reçu un plat à gratin, aurait dû être la suite de la phrase, s'il ne s'était pas interrompu. Il fallait dire que le jeune homme ne s'était pas exactement attendu à ce que son regard se pose sur une statuette qui avait depuis très longtemps dépassé le stade du suggestif puisque, sous ses yeux ébahis, un pénis rouge et brillant se dressait fièrement à 90 degrés. C'est quoi cette putain d'horreur?

C'est muet de stupeur qu'il observa la jeune femme se lever et aller placer l'indécent objet sur le meuble de l'entrée. C'était à peu près aussi discret que les hurlements infernaux de Herschel le hibou. Tullio hésita, alors qu'elle revenait près de lui, à lui demander si elle comptait vraiment laisser ça là. Mais la statuette l'avait faite sourire, alors il se contenta de la regarder avec plus d'amour que cet abruti ne pourrait jamais le réaliser et de se lever.

"Tu veux bien sortir la viande hachée et les tomates du frigo? Je retrouve le plat à gratin et j'arrive."

Cela ne prit guère de temps. Il avait eut la présence d'esprit de le ranger sur le dessus d'une boîte, de façon à pouvoir le retrouver facilement s'il en avait besoin. Il se rendit donc dans la cuisine où il remplit la casserole d'eau et la mit à chauffer.

"Il faut qu'on fasse des incisions dans la peau des tomates, puis on va les ébouillanter. Comme ça on pourra retirer facilement la peau. Après ça, on s'occupera de faire la sauce en commençant par l'oignon et la viande hachée."

Annonça Tullio en attrapant un oignon, puis en tirant du frigo de la ricotta et du parmesan.

"Et si t'aimes pas, j'irais botter le derrière de ma prof."

Lança-t-il ensuite, sur le ton de la plaisanterie, pendant qu'il commençait à éplucher l'oignon.


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Jeu 4 Oct - 0:16

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel

En plus des boites, des casseroles et des reliques, son héritage comptait ce silence atavique où restaient enfermées les émotions négatives. En parallèle, l’empathie de Tullio se manifestait comme un miasme étouffant dans lequel elle ne voulait pas se risquer de peur de s’étouffer d’émotions, de suffoquer jusqu’à ce que son corps la trahisse et explose, la faisant s’échouer sur son épaule pour pleurer et braire, comme un naufragé respirerait désespérément sous l’eau avant de se noyer et de mourir. Garder ses joues sèches, la tête hors de l’eau, était primordial, alors quand être au bord de lui signifiait être au bord des larmes, rester à une distance respectueuse devenait sa meilleure bouée de sauvetage.

En contrepartie, l’humour aussi la faisait flotter, et l’humour était présentement incarné par un énorme phallus taillé dans le rubis. Elle se serait volontiers accroché à une vulve et à des seins à la place, ou aux trois, pourquoi pas, mais elle ferait avec ce qu’elle avait sous la main. Ensuite, qui sait, peut-être trouverait-elle plus de représentations sexuelles dans les autres boites. Il en restait beaucoup, après tout ; tellement qu’elle considérait faire installer des vitrines sur le grand mur qui longeait le salon pour entreposer les plus beaux morceaux et faciliter leur étude. Olivia avait peut-être su exactement qu’est-ce qui était quoi et qu’est-ce qui était caché où, malheureusement, elle n’avait jamais été très minutieuse pour de telles choses et n’avait rien consigné pour la postérité... Jamais elle n’avait cru disparaitre comme ça, pensa Victoria.

Immanquablement, sa propre mortalité s’en voyait ébranlée, insultée, comme par un impudent mémento mori qui l’agonissait en lui remémorant sans cesse qu’elle aussi, en suivant les traces de sa mère, allait mourir seule et loin de tous. Elle abhorrait ces idées-là par-dessus tout. L’appel de la vie avait également son grain de sel à ajouter au mélange : soudainement, son horloge biologique commençait doucement à bruire. Elle n’y avait jamais vraiment pensé avant, mais elle ressentait soudain un remords de ne pas perpétuer la longue lignée de mères excentriques de laquelle elle venait. Donc il y avait le remords, mais pas seulement : Olivia avait été plus que sa mère. Elle avait été sa meilleure amie, et maintenant qu’elle l’avait perdue … L’éventualité d’élever son propre enfant remplissait en quelque sorte le vide dans sa poitrine, quoique pas de la bonne façon, comme une fondation fragile mal coulée, pleine de bulles d’inquiétudes, de stress et d’anticipations.

Elle y repenserait plus tard.

Tullio réquisitionna son aide et elle acquiesça. La porte du réfrigérateur grinça, les différents ingrédients cliquetèrent entre ses bras, puis contre le comptoir.

- Qu’ouïs-je ? Tant de violence ! ironisa-t-elle. Son ton aurait dû être moqueur, et il l’était quand même, mais on pouvait clairement entendre le manque de conviction qui, habituellement, la caractérisait.

Laissant Tullio commencer la préparation, Victoria alla s’occuper de la table à manger qui croulait sous des boites poussiéreuses. Elle les transporta une à une vers le salon, obombrant le canapé en érigeant un nouveau mur là où ils pensaient avoir finalement fait une brèche. Après un petit coup de chiffon, elle revint placer la nappe dont les motifs d’hibiscus ajoutaient un peu de couleur à leur cuisine jusqu’alors très impersonnelle, mais enfin exempte de cartons encombrants.

Elle se retrouva immanquablement à côté de Tullio, fébrile, et les bras croisés comme un bouclier.

- As-tu besoin de mon aide ? murmura-t-elle en s’approchant un peu plus de lui, quoique sans baisser ses défenses. Elle aurait facilement pu se pencher et coucher sa tête au creux de ses épaules ; cela semblait confortable, l’appelait presque, mais elle resta droite comme une statue.



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Mer 10 Oct - 9:19

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Tullio Cavaleri

"Eh, si je prend des cours c'est pas pour que tu me fasses la grimace quand je cuisine."

Rétorqua Tullio, quand la chevalière se moqua de la violence de ses propos. Il hacha l'oignon et le mit à cuire avec la viande hachée et un filet d'huile, incisa la peau des tomates et les plaça dans une assiette creuse et les couvrit d'eau chaude.

"Besoin, non."

Fit-il, tandis qu'il poussait la planche à découper qu'il comptait utiliser dans quelques instants pour lui faire un peu de place.

"Mais si tu veux m'aider, je ne refuse jamais un coup de main."

Acheva le jeune homme, se tournant vers elle avec un sourire alors qu'il attrapait une cuillère en bois pour la lui tendre, jusqu'à ce que quelque chose attire son regard par-dessus son épaule.

Sur la table jusque là couverte de cartons plus ou moins poussiéreux trônait désormais une nappe claire, couverte de fleurs d'hibiscus criardes et de feuilles d'un ridicule achevé.

"Mais c'est quoi cette nappe atroce?"

Les mots débordèrent de sa bouche en même temps qu'un début de fou rire qu'il tenta de réprimer, parvint à contenir quelques instants en pouffant de rire comme un enfant jusqu'à perdre le contrôle, s'essoufflant de rire tout en tentant de se calmer.

"Je sais pas ce qui est le pire entre ça et la statuette. Je crois que le hibou de l'enfer commence à me manquer."

Continua Tullio, hilare au point que quand il réussit enfin à se ressaisir il eut besoin de se sécher les yeux.

"Oh mon dieu Toria, je suis désolé mais c'est vraiment, vraiment pas mon truc les nappes à fleurs. Ah bordel j'ai mal aux abdos."

Le rire passait enfin et il put une nouvelle fois se concentrer sur le plat, sortant les tomates de l'eau pour commencer à les éplucher et les ajouter dans la casserole.

"Est-ce qu'à Noël tu vas sortir une nappe avec des bonshommes en pain d'épice?"

La question était à moitié sérieuse, et à moitié une plaisanterie. Il ne savait pas s'il espérait qu'elle lui dise oui ou non.


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Jeu 31 Jan - 22:25

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Victoria Machiavel


- Oui ben, ma mère l’aimait bien, rétorqua-t-elle froidement alors que leur proximité s’enfuyait soudainement.  

Olivia avait effectivement des gouts parfois suspects, souvent ironiques, mais de telle sorte que l’ironie devenait la norme. Beaucoup plus excentrique que cette nappe, Victoria se souvenait des tapis à polka, des ustensiles phalliques et des rideaux de velours couverts d’ananas et de bananes. Elle les avait plus d’une fois décrochés pour s’abriter et s’endormir dans le salon en attendant que sa mère revienne de mission. Elle pensa, avec mélancolie, qu’elle les retrouverait peut-être… Mais ne risquait pas de les mettre aux fenêtres ; il y avait des limites au mauvais gout. Elle pourrait en faire des taies d’oreiller, à la limite. Peut-être.

- Je ne fête pas Noël. Répondit-elle en serrant ses bras ensemble et en haussant les épaules. Noël, c’est la fête qu’elle aimait le moins ; jeune, elle avait alterné entre chez son père et sa mère d’année en année. Chez Olivia, c’était toujours elles deux seulement, tranquilles devant un film ou un jeu de Yahtzee. C’était aussi le seul temps de l’année où elles passaient plusieurs jours ensemble sans école, sans travail, sans mission dangereuse et sans magie ou monstres. Le plus beau cadeau qu’elles se faisaient était de ne pas s’inquiéter, de ne pas s’en faire pour la décoration, le ménage, les cadeaux ou quelque attente sociale que ce soit. Les années chez son père étaient très différentes. C’était tout l’inverse, avec des décorations riches et exubérantes, argentées et dorées, beaucoup trop de monde et encore plus d’attentes. Même si elle aimait bien quelques cousins, l’atmosphère générale était lourde et désagréable, surtout auprès de la grand-mère qui ne manquait pas de lui rappeler qu’elle était une bâtarde et qu’elle resterait toujours une étrangère.  

Maintenant, Olivia était partie, et Victoria ne retournerait certainement pas chez son père. Elle perpétuerait la tradition maternelle et ne se ferait plus jamais emmerder pendant le temps des fêtes.
Encore une fois, peut-être qu'avec sa propre progéniture…

Elle secoue la tête et baisse les yeux, posant son attention sur les outils de cuisine et les ingrédients. Elle était vaguement perdue dans ce que faisait Tullio, et, étonnement, il semblait avoir la situation sous contrôle.  À la place d’aider avec les lasagnes, Victoria ouvrit le réfrigérateur et les armoires pour en sortir de la crème, des fruits, du sucre et de la gélatine pour faire un dessert ; une panna cotta avec n’importe quel fruit trainant dans la maison, comme Olivia les faisait.


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Dim 3 Fév - 15:59

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Tullio Cavaleri

Ah. J'aurais dû fermer ma gueule.

"Merde Toria, je suis désolé. Je… Je m'excuse. Vraiment."

Oubliant son hilarité, Tullio se mordit l'intérieur des joues et baissa les yeux. Il regrettait vraiment d'avoir parlé sans réfléchir avant. Voilà ce qui arrivait quand il ne faisait pas attention. Il murmura un "D'accord.", sans ajouter que lui non plus ne fêtait pas Noël. La vérité c'était qu'il l'avait fêté, à une époque, puis il avait été à la rue. Il se souvenait, vaguement, d'un grand sapin très décoré. De repas interminables, de jeux sous la table pendant que les adultes discutaient. De ce qui lui semblait être une montagne de cadeaux à l'époque, de l'excitation en déchirant le papier. Mais tout ça remontait à longtemps et, si Toria ne souhaitait pas Noël, ça lui allait.

"Une demie heure au four et ça sera prêt."

Refermant la porte dudit four, le jeune homme jeta un coup d'œil à la chevalière. Manifestement elle devait cuisiner quelque chose elle aussi, mais il n'arrivait pas à déterminer quoi. Pour autant, il n'osa pas demander. Il avait déjà dit suffisamment de conneries comme ça pour la soirée.

Alors à la place, il commença à faire la vaisselle. C'était utile et, à moins de réussir l'exploit de briser une casserole, ça aurait au moins le mérite de lui éviter une autre bourde. Ça serait comme ça dorénavant. Il essayerait de faire attention, il commettrait des erreurs et laisserait un peu de temps s'écouler avant d'enchaîner sur un autre sujet de conversation, comme si de rien était, pour tâter le terrain et voir comment Toria réagissait.
Ce n'était pas un exercice pour lequel il était doué mais il essayait.
Et il essayerait encore, aussi longtemps qu'il le faudrait, parce qu'elle le méritait.
Elle mérite tout les efforts du monde.


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