White lies in black kisses. [pv Joshua - X ]

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Ven 2 Fév - 23:35

« GNAGNAGNAGNANGANGNAGNA » - K. J. M.
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Habitation permanente : Constamment sous le ciel.
Occupation : Fuir l'ennui avec acharnement.
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White lies in black kisses.





Il a fait jour jusqu’à trop tard, et du bout des cils, les paupières relevées dans une considération lente du plafond, j’ai regardé les heures tourner, sans réaliser que la nuit avait trop avancé, et que mon sommeil s’enfuyait. J’ai imaginé des tours, sur lesquelles j’aurais fait avancer des armées. Des structures de chiffres, des bataillons de virgules, et des équations sur les chemins de rondes. J’ai imaginé des armées, j’ai décimé des surfaces trop planes de mon esprit pour leur graver des sillons d’informations sur la peau, et quand seulement trois heure, trois heure du matin trop vite arrivé, s’est mis à sonner, comme un claquement au milieu du silence, j’ai réalisé que Joshua dormait depuis longtemps, et pas moi.

Les calculs d’un cycle perturbé m’ont rattrapés, et allongé, les doigts enserrés dans ses mèches, à me questionner sur les périmètres de son crâne tout en questionnant l’éventuel douceur de la surface du soleil, j’ai relevé la tête, pour attraper le détail des rideaux mal tirés. Je ne dormirais probablement pas, ma conscience trop éclairée, mon cerveau trop enhardi par une domestication de la violence algébrique. Je n’avais pas la moindre idée de comment me reposer, et mes lèvres refermées sur un soupir qui vient buter contre ma langue, j’enfonce mes ongles, plus profondément, dans la chair crânienne du chat de mes nuits.

La journée a été un amas de productivité. A la manière d’un réseau bien construit, comme une toile qui relie entre eux les rayons d’une soie tissée, chaque événement a été consommateur d’une énergie qui, pourtant, en cet instant, ne me manque pas. Le lever, au soleil trop humide, la neige qui fond contre la vitre et trace des bavures mouillées au dessus d’un balcon inondé de blanc. Kojiro, qui traverse en courant le salon, ses cheveux détachés, encore ondulés par le port de son élastique que Joshua n’aura su lui faire exploser. Kojiro, encore, qui saisit ses affaires, et se rue sous la douche. Il a été en retard, ce matin-là. Une première, considérant ses attitudes quotidienne à n’être qu’un trop parfait employé. Le bruit de la douche, et mon temps d’attente, en fourmillant du bout des doigts sur la tasse de thé que je me suis préparé. Joshua dort, il n’est encore que six heure. L’aiguille passe, mes cours d’anatomie spatiale ouvrent des possibles au-delà de la nébuleuse du crabe, et j’imagine, assis sur un siège inconfortable, le plasma d’un rayonnement venu transporter contre les pores de ma peau une radiation trop forte, un éclatement trop chaud de matière. Il est onze heure, Lawrence m’envoie un sms, en me demandant d’aller récupérer des affaires à la supérette, et un colis qui est arrivé. J’imagine les cheveux de Kojiro, et à l’intérieur de cette image trop rapidement instaurée, les doigts de Joshua viennent tracer un firmament. Il est treize heure quand le cours s’achève, il est treize heure quarante quatre quand je franchis les portes automatiques de la supérette. Le sms comme liste de courses, je récupère, sans me presser, l’amas de composition qui fournira à Swan la possibilité d’effectuer ses denrées. Nous mangerons bien, mais je n’ai pas faim.

Il est quinze heure, j’observe les corbeaux, le crâne renversé sous un révébère éteint. Le ciel est blanc, les oiseaux qui le traversent s’y distinguent en des traits noirs que mes prunelles poursuivent. Je n’ai pas envie, pas encore, de dormir à l’appartement, ce soir. J’irais retourner squatter chez l’hirondelle, en le payant d’un café. C’est ce que je pense, ce que je crois. Ce ne sera pas vraiment le cas : il n’en réclamera pas.

Ses désirs, à dix huit heure, n’ont pas un goût d’amertume. La porte est fermée derrière nous, la voisine nous a épié lorsque les doigts de Joshua ont glissés dans la courbe de son dos, et mes yeux ont suivis le rapprochement de leurs cuisses, tandis que dans un froufrou de jupe plissée, la vieille s’est enfermée dans un mutisme colérique. J’ai refermé la porte, en rangeant mon portable dans mon poche. Swan trouvera ce soir-là  les affaires sur la table de la cuisine, les produits surgelés rangés, le reste l’attendant à la manière d’une offrande près de ses plans de travail. J’ai refermé la porte, en cliquetant sur la serrure une assurance à ce que l’on ne vienne pas nous déranger. Kojiro venait de passer une mauvaise journée, trop emplie de stress, trop emplie d’angoisses. Dix neuf heure, la soirée pour nous, et Kojiro, dans une réclamation poussée du bout des yeux, s’approprie Joshua, sa bouche, son pénis. Il a froid, il est énervé, il a presque envie de pleurer, et la soie de ses cheveux s’étale sur le cuir du canapé, tandis que Joshua le chevauche. J’allonge mes gestes, assis à côté d’eux, effleure des regards, et contemple. Je n’ai toujours pas faim. Des yeux noirs, mélangés entre eux, me posent des questions auxquels je réponds par la négation. Pas maintenant.

Il est vingt et une heure, Kojiro a la peau piquetés de rouge, et des hématomes violacés. En se cambrant, trop violemment, il a réclamé des attentions qui ont froissés sa peau. Les muscles vibrants, il me tend les doigts, et je viens déposer un peu de salive sur sa langue, en me sentant vraiment amusé. Joshua me regarde, et j’ai envie, sans parvenir à me décider, d’un peu de thé.

Il est vingt deux heure. Le portable, posé sur le canapé, m’apprendra plus tard que Lawrence me remercie pour les courses, et me souhaite bonne nuit. Les jambes repliées, à presser mes paumes contre le dos de Joshua, je regarde sans y faire attention, les reins de Sasaki, couronnés par des griffures. Agenouillé près de la table basse, à nous offrir son dos, et le mouvement calqué de ses omoplates bariolées, il calligraphie avec trop d’intensité les paragraphes de son manuel de psychologie.

Freud et Lacan n’ont jamais été si bien écrits.

Il est minuit. Les cheveux soulevés, encore humides d’une douche trop chaude, ma peau rougie par la chaleur, j’installe mes jambes au dessus de celles de Joshua. Je tends les doigts, saisit sa gorge, et l’enfonce contre la mienne, pour que son souffle rafraîchisse mon derme.

« Babe. »

Je lui souri dans le noir.

« Babiest babe. »

Je n’ai pas mangé, mon corps tremble, et je me sens fatigué, sans parvenir à éprouver de motivation pour le lendemain. La fenêtre est encore ouverte, je remarque que j’ai oublié de tirer les rideaux, il est minuit dix. Mes doigts glissent, et je tire Joshua sur moi. Maintenant. Mes doigts attrapent, mes rotules se plient et je m’abaisse, jusqu’à un point où la chaleur n’existe plus vraiment, et peu importe vraiment la fatigue, puisqu’à ce moment là, les horloges viennent clamser dans ma tête. Plus beau, plus mien que lorsqu’il est sur ou contre Kojiro, Joshua est un sourire que je veux entraîner vers l’arrière, et je remplis ma bouche d’un peu plus de lui. J’ai sur la langue des étalements de plaisir, de la pâte chargée de souvenirs crissés, grisés. J’enfonce ses mains dans ma nuque, loin sous les cheveux, pour qu’il tire, pour que je suce, pour qu’il me fasse mal et que je le cambre.

Des ongles craquent, et je m’étrangle. Son ventre est humide, alors je lèche.

Il est deux heure, Joshua dort.
Allongé, les cheveux en désordre, j’attends. Mes pensées s’emmêlent, et des chiffres viennent ramper dans mes idées. Il est trois heures, et maintenant, je sais que je dois dormir.

Je me relève, pour aller aux toilettes. J’ai besoin de boire, peut-être même de pisser, et éventuellement, je me dis que me rafraîchir la face et la nuque me permettra ensuite de mieux dormir.  Le déplacement est rapide, la porte de Kojiro est fermée, je reviens jusqu’à dans la chambre de Joshua sans avoir réveillé personne. J’attrape le drap, soulève un pan, et vient me glisser, lorsqu’une odeur électrique m’immobilise.

Du bout des yeux, en caressant un demi-rêve, éveillé seulement parce que je ne suis pas encore assez endormi, je saisi le détail d’un contour plus sombre. Je m’allonge, le monde me paraît vibrer, et le simple pantalon de jogging que je porte me paraît une piètre armure contre cette sensation d’agression éprouvée.  Je m’allonge, je ferme les yeux, et je tombe.

Mes doigts se referment sur son épaule, en attrapant au passage la couverture, et le plongeon est glacé.

Je viens frapper, dans un craquement solide, tout mon dos contre la surface gelée d’une poudreuse qui vient m’embrasser.


« Joshua ! »

Je me relève en hurlant, et le blanc qui inonde mes yeux a remplacé tous les chiffres. Joshua, en chaussettes, en pull et pantalon de pyjama, est assurément mieux protégé que moi, et d’un geste réflexe, j’arrache la couverture à la neige. Elle nous encercle, nous enterre déjà jusqu’aux moitiés des tibias. Je cherche ses yeux, quémande une explication, et le froid qui vient claquer contre moi hurle d’une véracité que je ne saurais nier.

« Joshua ? »

Je l’attrape, entoure la couverture autour de nous, et tout mon corps se met à frissonner.

« Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que c’est toi ? »

Bien sûr que c’est lui.



Spoiler:
 
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