La vaste nuit allume toutes les étoiles.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Message
Lun 4 Sep - 12:15

L'histoire se meurt la nuit, mais ne cesse de recommencer à l'aube
Points : 432
Messages : 19
Age : 25
Occupation : Boire, s’entraîner, dormir, ...
avatar


La nuit tombe doucement sur le monde. Du moins la partie qui te concerne. L’orange efface avec douceur le bleu azur pour laisser place au noir qui bientôt enveloppera la ville de son doux tissu sombre. Tu étais là, accoudé à ce bar cherchant un peu de réconfort pour remonter le moral qui frôle les pâquerettes en ce moment.

Il n’y a pas longtemps, tu as raté une quête qu’il t’a été confié. À cause de tes doutes tu as laissé le mal l’emporter, avec en prime un blessé grave sur la conscience. De sa voix grave, il t’a rassurée, c’était un dur qu’il hurler =, mais au fond, une erreur est une erreur. Un échec même. Tu passes le voir souvent à l’hôpital, murmurant pendant qu’il dort paisiblement, mille excuses. Mille pardons, décorant sa chambre de fleur colorée pour qu’a son éveil, la pâleur de sa chambre ne lui baisse pas ce moral d’acier qui ne semble jamais défaillir. Ce qui n’est pas ton cas.

Secouant alors ton verre de whisky, les yeux fixés, regardant plus le vide que le fond de ton verre. Tu cherches à faire glisser ce glaçon qui ne ressemble plus qu'à une petite bille de plomb, pour qu’il ne reste vraiment plus rien de son existence. Puis, dans un geste rapide et sans hésitation, tu portes le verre à tes lèvres, laissant glisser le liquide dans bouche, laissant à son passage comme la sensation de brûlure, ça te réchauffe et tu fermes les yeux pour mieux ressentir, te sentant en vie grâce à cette sensation toute bête. Tu laisses l’argent sur le comptoir, sans vraiment regarder sur les dépenses, pas trop la tête à combattre ton avarice ce soir. Saluant le barman d’un geste de la main, laissant un soupir sentant l’alcool fraîchement ingéré avant de fermer ta veste en similicuir et de pousser la porte de sortie.

Planté là, tu prends la direction de ton nouveau domicile. Tes pieds traînent, ton regard se perd sur ces boutiques encore ouvertes, tu t’arrêtes sur l’une d’elle, un magasin de décoration d’intérieur. Cela te donne quelques idées pour décorer ta chambre, mais ce dragon qui dors en toi ce réveil et râle quant aux futures dépenses que tu vas devoir faire. Poussant un nouveau soupir, tu installes la capuche sur la tête, mettant tes cheveux blonds agilement bouclé sur l’avant de tes épaules.

Derrière toi, résonne le bruit de tes talons. Bien qu’il ne soit pas grand, tu mets de temps à autre ses chaussures que tu juges inutile, mais que tu aimes bien quand même, et puis, vu le prix, il faut bien les rentabiliser. La rue est si vide, et le froid s’installe doucement. Étrangement, ce n’est pas un froid qui t’effraie. Ce froid-là te rassure quelque part, il te rappelle au combien tu as souffert du froid durant les expéditions avec ta famille. C’était dur, parfois douloureux, mais le souvenir si vif te réchauffe le cœur. Devant ton immeuble jouant avec les clés dans le fond de ta poche, tu hésites.

Finalement, tu rebrousses chemin, avant de croiser ce petit parc que tu n’avais même pas vu lors de ta visite d’appartement. Au loin, tu vois une famille visiblement heureuse. Sur le chemin du retour, ils font sauter leur enfant, les éclats de rire brise ton cœur comme s'il n’était que de porcelaine. Et d’un côté, cela te fait sourire.

C’est beau, une famille.

Laisses-tu échapper dans un murmure presque interdit. La fumée sortant de ta bouche s’envole au loin, emportant avec lui ses paroles qui ont tant de mal à sortir. Finalement après avoir secoué ta tête pour reprendre tes esprits, tu marches d’un pas presque hésitant vers l’une de ses balançoires, une invention que tu affectionnes particulièrement. Posant ton cul sur le plastic froid, tu remarques que les luminaires de la ville s’allument une à une. Offrant un joli spectacle qui laisse un sourire bête sur ton visage, malgré ce regard froid et vide de sentiment.

Ton corps balance alors doucement, la tête poser contre les chaînes froides, entouré plus bas par tes bras, les mains bien au chaud dans le fond de tes poches. Laissant un petit grincement accompagné le silence du parc.

J’aurais dû acheter de quoi boire et manger tiens…

L’instant-là te plaît. Te charme. Le ronronnement des voitures au loin crée comme une barrière entre la civilisation et la solitude. Tu ne te sens pas seule ici, fixant les étoiles, tu adresses une prière pour tes proches, en espérant qu’il n’ait pas honte de toi. De ce que tu es devenue. Avant de finalement laisser ses larmes retenue depuis bien trop longtemps perler le long de tes joues, laissant un petit chemin salé se former petit à petit, dans un silence toujours aussi mélodieux.



"Rex tremendae majestatis. Qui salvandos salvas gratis. Salve me, Fons Pietatis"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Message
Mer 4 Oct - 16:27

So I bare my skin, and I count my sins, and I close my eyes, and I take it in
Points : 1706
Messages : 248
Habitation permanente : Chez Victoria
Occupation : /
avatar

Tullio, parfois, était quelqu'un de paradoxal. Il était complètement capable de passer une semaine entière sur un canapé, sans en bouger à quelques rares exceptions. Mais il lui arrivait également de se sentir parfaitement incapable de rester à l'intérieur une seconde de plus. Quand les murs donnaient l'impression qu'ils allaient l'écraser, quand il avait l'impression d'être à court d'air, il fallait qu'il sorte. Et ce, peu importe qu'il fasse jour ou nuit, qu'il pleuve ou que le soleil brille.

Et ce soir, il avait besoin d'air. Alors il avait attrapé sa veste en cuir élimée depuis des années, songeant à regrets qu'il lui faudrait se résoudre à la remplacer tant elle jurait avec les nouveaux habits que Toria lui avait achetés. Il avait également pris de quoi fumer un peu, ça l'aiderait à calmer ses nerfs mis à rude épreuve par quelque chose qu'il ne parvenait pas à identifier. Et un paquet de gâteaux, parce qu'il finissait toujours par avoir faim.

C'était donc rapidement, au point d'avoir à plusieurs reprises manqué de tomber, qu'il avait descendu les escaliers puis s'était précipité dehors avant de marquer un temps d'arrêt. Maintenant qu'il était à l'extérieur, restait à savoir où aller. Il n'avait pas envie d'aller à l'Aquarium : sa dernière cuite n'avait pas encore disparu de sa mémoire et, en plus, c'était loin. Et en dehors du bar, on ne pouvait pas dire qu'il y ait beaucoup d'endroits où aller.

Par défaut, Tullio se rabattit donc sur le parc qui, en dehors d'un bout de terrain vague qui risquait de ne pas rester vague très longtemps, était le seul bout de verdure dont il avait connaissance. Et l'avantage d'un parc, c'était les balançoires qu'il adorait toujours malgré son âge déjà avancé pour ce genre d'activités.

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'était qu'il y ait déjà quelqu'un. Pendant deux bonnes secondes, il envisagea de faire comme s'il ne l'avait pas vue et de s'en aller pour se trouver un coin peinard. Sauf qu'elle pleurait. Alors le junkie hésita encore un peu et, avec un soupir, se dirigea droit vers la seconde balançoire où il s'installa.

"Tu veux un biscuit? Ils sont au chocolat."

Proposa-t-il en tendant le paquet vers elle, en faisant comme s'il n'avait pas vu qu'elle avait les joues trempées. Il attendit qu'elle se serve puis, posant le paquet sur ses genoux il alluma son briquet avant de suspendre son geste.

"Ca t'ennuie si je fume?"

Il espérait de tout cœur qu'elle n'allait pas répondre par la positive. Mais tout de même, sa mère l'avait bien élevé avant de le bourrer de médicaments. Et Toria aurait été fâchée qu'il se montre impoli.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Message
Ven 6 Oct - 11:59

L'histoire se meurt la nuit, mais ne cesse de recommencer à l'aube
Points : 432
Messages : 19
Age : 25
Occupation : Boire, s’entraîner, dormir, ...
avatar


Tu avais sursauté. Les yeux gonflés et rougit par les larmes, tu n’avais pas entendu l’homme venir près de toi. Tu t’en voulais un peu, il aurait pu te tuer sans problème, tu étais faible, et heureusement, ce n’était que des gâteaux qu’il tend d’un air presque ‘’jemenfoutiste’’. Au début, tu hésites, trop occuper à cacher tes larmes du revers de tes manches. Finalement, tu en prends un timidement, lâchant de ta voix troublée un merci. Tu gardes le biscuit dans le creux de tes mains jointes. L’admirant comme s'il venait de te donner un bijou. Cela fait un grand moment qu’on ne t'a rien offert. Même pas un échantillon dans les boutiques. Et là, paf, ce gâteau. Tu trouves sa émouvant.

Finalement, sa voie te fait quitter ton petit monde. Tu lui adresses un regard las avant de secouer ta main. Cela te dérange, mais tu es à l’extérieur, alors, l’air appartient à tout le monde. Retournant à ton occupation d’admirer le biscuit, tu pousses doucement sur tes pieds, laissant alors la balançoire faire son travail de pendule, et te bercer doucement. Finalement, tu le portes à ta bouche, le gardant entre tes lèvres, m’asticotant doucement les bords. Avant de sentir la saveur se libérer dans ta bouche, effaçant un peu l’alcool qui y régner encore. La situation te gêne un peu. Pourquoi est-il venu là ? À côté de toi ? Il y a mille lieux et il s’assoit là juste à côté, t’offrant même un gâteau. T’a t’il vu pleurer ? Sans doute. Tu rougis un peu de honte. Tu n’aimes pas montrer ta faiblesse.

C’est sans doute sa fumée qui se dégage de sa bouche, mais l’odeur de tabac te donne l’envie d’en avoir une entre tes lèvres. Tu as fumé il y a bien longtemps. Prenant compte de la connerie que c’est, tu t’étais arrêté. C’était difficile cela dit, cela t'as demandé beaucoup de temps. Mais au fond, tu ne regrettes pas. C’est jusque dans tes passages dépressifs, tu as tendance à en vouloir une à nouveau.

Alors, hum… Tu es du coin ? Tu viens souvent ici ?

Comme phrase d’approche, on t’a connu meilleur, tu tentes une phrase, brisant le silence nocturne, essuyant avec douceur les bords de tes lèvres à l’aide de ton pouce, pour voir si une miette ne s’y était pas cachée. Encore une fois, c’est la langue française qui est sortie en première. Et puis tu réalises qu’ici peu de personnes parlent cette langue.

Ah, oui, tu ne dois sans doute pas comprendre ce que je raconte…

Tu te sentais désolée pour lui, tu avais envie de creuser un trou pour t’y enterrer et n’en ressortir que quand tu seras prête. Finalement tu retires ta capuche, laissant tes cheveux reprendre leur place sur tes épaules, passant ta main pour les guider. Poussant un soupir discret, tu chasses les miettes du gâteau sur tes genoux avant de fourrer tes mains dans les poches. Continuant ton balancement lent sans avoir l’envie de partir.



"Rex tremendae majestatis. Qui salvandos salvas gratis. Salve me, Fons Pietatis"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Message
Jeu 2 Nov - 16:17

So I bare my skin, and I count my sins, and I close my eyes, and I take it in
Points : 1706
Messages : 248
Habitation permanente : Chez Victoria
Occupation : /
avatar

Un instant Tullio hésita, briquet en main, à allumer sa cigarette. La demoiselle n'avait pas l'air très convaincue mais, finalement, il décida que le geste de la main équivalait bel et bien à une permission. Si elle n'avait pas voulu, elle aurait sans doute été plus claire à ce sujet. Dans le doute, il décida néanmoins de faire son possible pour ne pas souffler la fumée dans la direction de la blonde.

Il sursauta presque quand elle se mit à parler, et se tourna aussitôt vers elle alors que jusque là il avait plutôt regardé droit devant lui. Mais la fixer n'arrangea rien au fait qu'il n'avait strictement rien compris de ce qu'elle venait de lui dire. Manifestement, elle ne parlait pas anglais. Même s'il lui arrivait encore de buter sur certains mots, il aurait compris. Merde, du coup elle a rien dû piger quand je lui ai proposé un biscuit. Songea-t-il soudain, avant de réfléchir. Quelles options avait-il? Pas beaucoup. Il ne parlait que deux langues, en dehors des langues féériques qu'ils comprenait et dans lesquelles il s'exprimait spontanément si on s'adressait à lui de cette manière. Et quand bien même il aurait su les parler de lui-même, il n'était pas certain que ça soit une bonne idée.

"Je comprends que dalle, tu sais?"

Tenta-t-il en italien, puisque c'était tout ce qu'il lui restait à faire. Mais quelles étaient les chances que quelqu'un parle italien dans ce coin? C'est quoi ces gens qui parlent pas anglais, putain?

"Biscuit?"

Proposa-t-il en anglais, tendant à nouveau le paquet vers elle. Puis, Tullio pris un biscuit à son tour et posa le paquet au sol pour se balancer un peu, coinçant sa cigarette entre ses lèvres le temps de prendre un peu d'élan.

Ca le contrariait un peu de ne pas pouvoir comprendre la jeune femme sur la balançoire d'à côté. Il savait qu'elle avait essayé de lui poser une question, mais laquelle? Et comme si ça ne suffisait pas, au plus il la regardait au plus il avait l'impression de l'avoir déjà vue quelque part.

Sa balançoire s'était presque immobilisée lorsqu'il se décida à nouveau à parler.

"Tu vois, j'habite juste là."

Fit le jeune homme, pointant vers le bâtiment un peu plus loin, approximativement à la hauteur où devait se trouver l'appartement qu'il partageait actuellement avec Toria et Ambrose.

"Moi, c'est Tullio."

Déclara-t-il, posant une main sur son torse lorsqu'il prononça son prénom. Puis, il tendit la main vers la demoiselle pour qu'elle la lui serre et qu'elle se présente.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

La vaste nuit allume toutes les étoiles.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Le Lai d'Ameth'Aran
» Test : Land of Illusion
» Les étoiles
» Nuit devant les étoiles.
» 5 ans et toutes ses dents
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Old Fyre :: Le monde :: Old Fyre :: La ville-