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Ven 18 Aoû - 11:34

Recrue
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Habitation permanente : Old Fyre
Occupation : Photographe - Esclave ménager d'Hylïane
Nawar Nasri

Old Fyre – 6 Août 2017


Un mois, un mois que j'étais arrivé sur l'île avec l'objectif de trouver un remède à ma... maladie. Un mois qui n'avait pas très bien commencé, embarqué dès mes premiers jours un peu malgré moi dans une aventure digne des chevaliers qui composaient les habitants et habitudes de ce monde. Si j'avais été animé de belles intentions, je dois bien avouer que l'aventure s'était révélée dangereuse pour moi, et puis pour ceux qui m'accompagnaient alors... Je n'étais pas assez armé psychologiquement pour ce genre d'aventures. Mais, d'un autre côté, j'avais trouvé étonnamment plaisant tous ces désagréments, retrouvant, l'espace d'une journée, l'excitation saine de parcourir, découvrir et fouiller un environnement inconnu, fusse-t-il dangereux. Mes missions au National Geographic me manquaient.

Je m'étais cependant bien vite retrouvé le nez au milieu de livre plus ou moins récents. Et je n'avais pas envisagé un seul instant que ces recherches pourraient être aussi pénibles ! L'alphabet latin, quelle horreur... Certes, je parlais anglais, et même pas trop mal, mais lorsqu'il s'agissait de le lire, c'était une autre histoire. Munie d'un dictionnaire turc-anglais, j'avais tout de même commencé à trouver un rythme de croisière, mais je ne pouvais pas rester concentré des heures durant...
J'étais bien trop déconcentré par la beauté et la vie de l'île. Malgré la chaleur qui s'engouffrait dans la petite ville par des vents chauds, les habitants étaient nombreux dans les ruelles. La température élevée les menait à se vêtir court, rendait moite et humide leurs tenues, faisait suer même les plus résistants... C'était délicieux à voir, délicieux à sentir... et, bien souvent, la fenêtre ouverte de la salle des archives de la bibliothèque m'apportait ces parfums dont je ne parvenais pas à me défaire.

Les recherches étaient compliquées.

Par moment, je ne pouvais m'empêcher de me poster à cette fenêtre et, regardant à travers l'objectif de mon Nikon Reflex - mon appareil photo devenu mon fétish depuis qu'il avait, tout comme moi et Marjane, survécu à cette terrible nuit de juillet 2016 - les passants. Parfois même, je les capturais  à leur insu, préférant le charme du naturel à l'artificiel des modèles habitués à poser. Et puis, les habitants de cette ville possédaient un physique bien singulier : il n'était pas rare de croiser des cicatrices exposées sans gêne, des membres inexistants ou remplacés, des brûlures, ou bien encore, des personnes n'ayant presque plus rien d'humain tant leur appendice rajouté reflétaient la monstruosité. Depuis quelques temps, je m'étais surpris à aimer plus que de raison tous ces défauts loin de la beauté plastique que j'avais tant cherchée auparavant.

Les recherches étaient compliquées. Peut-être quelque chose du côté de l'Amérique du Nord. Peut-être... Compliqué...

Cédant à mes pulsions, j'avais décidé en ce dimanche de me mêler à cette foule, de la voir, de m'y frotter, de m'en imprégner... Muni de mon Nikon, je partais à la chasse de l'imperfection, des brûlures, des cicatrices...

Mon flair, ou plutôt mon « instinct », me guidait à travers les artères de la ville bien plus que mes yeux. Il mena mes pas jusqu'à une salle d’entraînement, ou plutôt un « dojo » comme diraient certains. Plusieurs personnes s’entraînaient fermement et avec conviction dans une petite cours située derrière le bâtiment aux aspects modernes, formant un contraste plutôt frappant avec le reste de la ville.

Sans même en demander l'autorisation, je me posais dans un coin de la cours et commençais à prendre des clichés de ces corps en plein effort. Tout dans leur geste et leur mouvement dégageait de la force et une volonté qui m'émouvaient réellement, là, dans le clair-obscur créé par l'ombre de la végétation et le soleil s'infiltrant à travers les feuilles vertes. Après avoir pris des plans d'ensemble, je zoomais de plus en plus, jusqu'à pouvoir capturer les moindres détails : des gouttes de sueurs qui perlent, des cheveux qui volent, s'emmêlent, se collent... Je ne vois qu'à travers mon appareil, je ne ressens qu'à travers ce qu'il m'offre.

Puis, soudain, je remarque une cicatrice sur une joue qui essaie de percer parmi des cheveux châtains ondulés, et qui s'éloigne du centre des combats. Je la suis de l'objectif, et la capture lorsqu'elle se déforme pour laisser la bouche de sa propriétaire accueillir de grande goulée d'eau.

Attends, ce visage, cette énergie... il me semble que je l'ai déjà croisé quelque part...
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Mer 21 Fév - 19:34

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
Occupation : Anciennement détective, maintenant chevalière à temps plein.
Victoria Machiavel

La chaleur était agressante, mouillant chaque parcelle de chaire, alourdissant les vêtements et gonflant les cheveux. Selon Victoria, c’était une journée parfaite pour s’entrainer ; au dojo, la sueur était normale, presque désirable. En vérité, elle se sentait bien dans sa peau ainsi, à moitié nue, ruisselante, les cheveux en bataille, accroupie en position défensive, suivant le mouvement de son partenaire d’entrainement. Il avançait et elle reculait dans un unique mouvement, puis il attaqua, mais elle esquiva, car la sueur qui coulait sur ses mains glissait contre la peau de son bras.

Soudain, du coin de l’œil, elle aperçut l’objectif de la caméra qui brillait entre les ombres. Le photographe, immobile, vagabondait visuellement d’une personne à l’autre avec une concentration admirable. Momentanément aspirée par cette observation, Victoria ne sentit pas venir la tête de son adversaire qui percuta son diaphragme, la dérobant de son souffle. Sans attendre, il étrangla sa taille, susurrant au passage une moquerie contre son épaule. Elle se démena, en vain. Puis, boudeuse, elle se lassa choir de tout son poids, glissant entre ses bras trop préparés à ses mouvements contrôlés. Hilare, Victoria roula dans l’herbe, répliquant à la volée une bêtise entre un souffle entichant et un éclat de rire.

De bonne guerre, il lui tendit une main pour l’aider à se relever, mais elle l’entraina plutôt au sol tout en se berçant vers l’arrière avant de sauter sur ses pieds. Elle l’abandonna là, ignorant le regard un peu frustré et un peu amoureux qu’il lui lançait par-dessous ses lunettes.

Une bouteille d’eau givrée l’appelait. À l’écart, sous l’ombre des arbres, elle en bût quelques gorgées, puis passa la gourde sur son front et sa gorge, cherchant aussi bien à se rafraichir qu’à faire fondre la glace. Mais, au final, c’est un frisson bien différent qui vint chatouiller son cou. Son instinct de survie en alerte, son dos s’hérissa sous les prunelles qui coulaient sur ses joues et sa gorge. Victoria tourna la tête dans un mouvement indolent et souple, seulement pour mieux happer le regard de son observateur, toujours caché derrière sa caméra. Elle roula enfin un long regard sur lui, ses pupilles aiguisées se dilatant tandis que ses dents apparaissaient entre les lèvres étirées.

De son cou à son ventre, le frisson se prolongea, explosa, la fit trembler.

Elle sourit, d’abord pour elle-même, d’une expression carnassière ; puis pour lui, plus finement, d’un sourire-appât qu’elle exprima plus avec son corps que son visage. Elle étira d’abord ses bras, les glissant derrière sa nuque ; et ses jambes, en se hissant sur la pointe de pieds. Après quelques étirements, elle retira au passage sa camisole humide pour ne garder que le soutien-gorge de sport brun, à peine plus pâle que sa peau. Elle la jeta par terre, quelque part près de la bouteille.

En se pliant, se contorsionnant et en roulant ses muscles, elle lui jetait occasionnèrent des regards pour s’assurer qu’il la contemplait encore, ou pour l’inviter à recommencer.


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Sam 3 Mar - 17:12

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Nawar Nasri

Intrigué, je continuai à me rapprocher sans m'en rendre compte de la jeune femme dont l'énergie avait su m'attirer. La gourde passa de ses lèvres à son front puis sa gorge, et je pus suivre avec attention le trajet de chaque gouttes d'eau ruisselant sur la peau ambrée. Elles se laissaient glisser le long des muscles, se perdaient dans leurs creux ou venaient rencontrer leur sœurs sur le maillot trempé de la jeune femme. L'espace de quelques secondes, j'avais l'impression d'assister à la vie d'une rivière, de sa naissance jusqu'à sa mort, cheminant entre monts et vaux. Je souris légèrement, enchanté par l'idée, avant de me glacer brutalement : elle m'avait remarqué. Et pire, elle me souriait. J'eus un bref moment de recul devant cette attitude inhabituelle. Mais, toujours caché derrière l'objectif, j'ai continué à capturer les éclats d'âme que cette femme m'offrait avec un plaisir étrange.

D'ordinaire, les gens se figent lorsqu'ils se rendent compte que l'on souhaite saisir leur humanité, mais pas elle. D'ordinaire, les gens sont gênés et peinent à s'épanouir, mais pas elle. D'ordinaire, ils se protègent, se recroquevillent, mais pas elle. D'ordinaire, je devais me fondre dans l'ombre et me faire oublier pour pouvoir saisir le meilleur d'eux-même, mais pas avec elle. Elle, elle me regardait fixement, sourire aux lèvres, puis s'étirait, agrandissant chaque lignes de son corps pour que je ne puisse en laisser échapper aucune parcelles. Plutôt que de se cacher, elle s'offrait avec un air de défi qui m'énervait autant qu'il m'accrochait. Elle renversait les règles de ce jeu que je maîtrisais avec perfection, réussissant l'exploit de me déstabiliser sur mon propre terrain. Je ne sais pas pour toi, mais moi je déteste perdre... Je décidai de rentrer dans le game pour mieux en reprendre les rennes. Voyons voir ce que tu as encore à me proposer lorsque j'entre dans la partie, lui ai-je adressé dans le secret de mon esprit.

Que le jeu commence.

Malgré la répulsion que me suscitait sa soudaine exhibition, je continuai à la suivre de l'objectif, feignant d'être hypnotisé par sa danse trop provocatrice et indécente. Mais peut-être feignais-je moins que je ne l'aurai souhaité car, à la vérité, j'avais autant envie de l'envoyer à terre que de l'agripper fort, autant envie de la rejeter au loin que de la prendre et de la serrer. J'avais envie de la faire taire, elle qui savait si bien communiquer sans utiliser d'autres mots que son corps si... insolent.

Je crois que la Bête a plus d'influence sur mon caractère que je ne veux bien me l'admettre, car je n'aurais jamais réagi comme cela auparavant. J'aurai certainement été troublé, mais je n'aurai pas pris son attitude avec tant de sérieux. Que j'eusse décidé de me prendre au jeu ou de me retirer, je n'aurai jamais éprouvé une telle envie de la réduire à ma merci. La logique avait volé en éclats sous la tyrannie de l'animal, ne faisant plus de moi qu'un être de sensations pures et crues. Les nuances s'estompaient et je n'étais plus que volonté de gagner, d'écraser, de posséder sans abdication possible. Sans demie-mesures.

Mes mains se crispèrent autour de l'appareil, tandis que mon corps bougeait anormalement vite au sol. Je lui tournai autour, tel un vautour, n'essayant plus de me cacher mais, au contraire, d'apparaître au plein jour. Je la laissais me montrer tout d'elle, reculant lorsqu'elle avançait, avançant lorsqu'elle reculait, créant une valse étrange entre nos deux corps. Mon appareil, telles les mains d'un partenaire, jouait sur elle, épousant ses courbes, en en caressant les traits gracieux autant que les imperfections. Je répondais à son caprice car je voulais qu'elle continue son ballet d'arrogance obscène. Je voulais qu'elle danse pour Moi. Je voulais l'user sous mon œil de verre, je voulais qu'elle ne désire plus que ma présence, oubliant les autres corps qui se mouvaient alentour sur d'autres tempos. Ils ne pouvaient pas comprendre ce qu'il se passait. Moi-même, je ne comprenais pas, mais tout ce que je savais, c'était qu'ils ne nous méritaient pas.

Puis, sans aucun signe annonciateur, je me suis brusquement détourné d'elle. Détachant mon visage de mon Nikon, je suis parti m'échouer sur le banc, ne lançant pas un regard vers celle qui avait été ma partenaire dans cette farandole absurde. J'ai attrapé la bouteille encore glacée et l'ai porté à mes lèvres. Non pas que j'avais soif, mais pour lui montrer que, moi aussi, je pouvais me faire désirer. Que sans moi, son petit manège n'avait pas lieu d'être. Intérieurement, je souriais à l'idée de ce qu'elle allait mettre en place pour capter de nouveau mon attention. Je la sentais trop arrogante pour me supplier, mais trop soumise à son besoin de plaire pour ne pas se laisser piéger. Du moins, je l'espérais, car je n'avais pas envie de terminer la partie tout de suite...
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Dim 12 Aoû - 23:43

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Victoria Machiavel

Dans sa performance, il était brutal là où elle était souple et accueillante ; d’un contrôle durement acquis contre ses prompts instincts. Il était rapide comme un amant inexpérimenté, passionné, mais trop pressé – typiquement masculin – ainsi, lorsqu’il brisa leur étrange union de façon précoce – lire égoïste – elle ne fut pas surprise – peut-être un peu déçue – mais ne lui avait que lancé un regard moqueur.

Son souffle était court et tremblait dans sa gorge, tout comme les muscles crispés de son abdomen ; la sueur roulait sur sa peau, sa langue derrière ses dents et ses hanches dans le vide. Le photographe s’était arrêté, mais pas elle, et ce tout simplement parce qu’elle n’avait pas terminé. Elle continuait malgré son retrait prématuré. D’abord debout, là où il l’avait laissée, puis couchée au sol, les mains entre ses genoux serrés tandis qu’elle pressant l’entièreté de son dos contre l’herbe pour mieux ressentir la brulure qui pénétrait son ventre. Elle avait l’air paisible, mais chaque parcelle de son corps était contractée, à vif et en grand besoin de libération. Après quelques instants, sa tête bascula vers l’arrière tandis qu’elle grognait de frustration et d’effort ; elle y était presque ! Juste quelques secondes de plus … Et sa séquence d’entrainement prit fin. La délivrance parcourut violemment son corps et elle gémit pour mieux la laisser s’évader. Elle ressentit pour quelques secondes une sensation d’euphorie victorieuse, intense et fugitive qui se dispersa tandis qu’elle s’abandonna dans un long et dernier étirement.      

Elle se releva, ses membres à la fois chancelants, brulants et forts. Ensuite, lorsqu’elle daigna s’intéresser à lui à nouveau, ce fut avec un sourire narquois, puis un coup d’œil vers l’appareil abandonné qui venait de manquer la meilleure partie du spectacle. En contrepartie, Victoria ne doutait pas que l’homme, lui, n’en avait pas manqué une seule seconde.    

Elle quitta le couvert des arbres et, au soleil, sa gorge était ruisselante en contraste avec l’aridité qui coulait à l’intérieure de celle-ci. Sur le banc, il était assis et elle le surplombait d’une proximité écrasante… Dans un angle où il ne pourrait se lever sans la bousculer. Elle saisit la bouteille qu’il tenait toujours, presque délicatement, lui offrant en échange un sourire plus tendre que les précédents avant de porter le goulot à ses lèvres pour boire avidement. L’eau abondante qui n’en finissait pas d’étancher sa soif coula sur son menton, son cou et même un peu sur les genoux de Nawar. Elle la lui recéda ensuite, la déposant sur sa jambe sans pour autant la lâcher de son côté, la pressant même un plus fort que nécessaire.  

Finalement, pour la première fois, elle le regarda, l’étudia avec une curiosité intéressée. Dans la lumière, ses pupilles se contractèrent au centre de ses iris dorés et elle découvrit, presque avec étonnement, un visage familier, mature et viril. Elle ne se sentait pas assez sociable pour dire quoi que ce soit – rien après ce qui aura déjà été dit dans leur échange silencieux – mais son inspection inquisitrice n’en était pas moins communicative d’appréciation.


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Lun 24 Sep - 10:31

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Nawar Nasri

Comment décrire l'absurde ? Comment décrire le rêve ?

Depuis mon banc, je ne discernais que l'impression d'un corps soumis à des torsions improbables - mais toujours sensuelles – ne laissant presque rien à deviner. Un corps baigné d'irréalité tant il s'offrait sans peine aux yeux de tous, vibrant au rythme d'un balais suave et sybarite. Chaque centimètres de chair se mettait en scène pour appeler mes yeux à les dévorer dans la volupté de l'instant. Étais-je vraiment éveillé ? Je n'en étais plus certain. Mais si c'était un rêve, nous le faisions ensemble... Car voilà qu'elle se cambrait et se roulait avant de se gonfler et de s'ouvrir comme une corolle. Poésie incarnée. Cruelle fleur du mal en vérité, que j'avais tout autant envie de piétiner dans la boue que d'embrasser. Comment pouvait-on s'humilier de la sorte ? Et comment décrire le plaisir que je ressentais à la voir se déshonorer ? Je la souillais de mon regard fangeux qui ne daignait pas se détourner, comme enchaîné à elle à la fois par la curiosité et par le dégoût. Ô combien j'aurais souhaité la salir autrement...

Comment décrire le rêve ? Comment décrire la fièvre ?


Elle eût pu rester ainsi une éternité que je n'aurai pas bougé, esclave de ses moindres geste, chien tenu en laisse par l'intensité de sa grâce lascive. J'étais piégé, mon roi était mat. D'une main de maître, elle avait gagné la partie.

Et la voilà qui s'avançait et m'oppressait, cette insolence divine qui ne pouvait certainement pas ignorer les pulsions qui me parcouraient l'échine. Tout en me distillant un sourire des plus désarmant, elle se saisit de la bouteille que je tenais - seul lien me rattachant à la terre ferme - m'invitant à m'envoler et me perdre dans son odeur musquée, poison au goût de miel qui faisait affluer et bouillir mon sang dans tout mon corps. Terrible et plaisante douleur... J'avais incroyablement chaud et pas même cette eau perdue - échappée de sa bouche par malice plus que par inadvertance, j'en étais persuadé - ne pouvait refroidir mon roidissement.

Je me croyais habitué à la souffrance de ne plus maîtriser ni mon corps ni mon âme, mais si je connaissais les procédés de la Bête, j'en avais presque oublié combien j'étais sensible aux charmes des belles et combien, déjà par le passé, j'en avais perdu la tête plus que de raison, possédé par la fièvre de ce mâle incurable.

C'en était trop ! Je ne devais pas la laisser disposer de moi ainsi ! Si j'avais perdu le jeu, je ne méritais pas qu'elle me piétine pour autant. Je devais me ressaisir et résister. Oui, c'est ça, je dois me ressaisir. Reprendre le contrôle. Arrêter de subir sa torture enrobée de promesses, c'est trop absurde. Arrête de penser qu'elle est si proche que tu pourrais la cueillir comme une pomme. Ne fais plus attention à la pression glacée qu'elle exerce sur ta cuisse, ni à la pression qu'elle exerce ailleurs. Arrête de penser à ces milliers de frissons qui t'électrocutent le corps. Cesse de te sentir coincé, tu n'es pas sa chose ni son prisonnier.

Reviens sur terre et si tu ne veux plus avoir le vertige.


Alors qu'elle me caressait ostensiblement des yeux, j'ai essayé de capter son regard pour l'affronter enfin en face, comme d'égal à égal. Je voulais me construire un regard dur, un regard fort, mais un regard auquel elle pouvait s'accrocher sans détourner le sien. Cela ne dura que quelque secondes tout au plus, mais ce fut si intense que j'avais l'impression que nous nous interpénétrions l'un l'autre. Enfin nous cessions de nous voler autour pour nous percuter avec violence. Avec insolence. Avec indécence. Mais, dans ce rapport de force, le vertige, encore... Si j'avais souhaité me plonger en elle, c'était sans me rappeler combien je ne savais pas nager dans ce genre d'eaux troubles et j'avais l'impression de me noyer dans son iris de chat.

Respire.

Il fallait que je retrouve pied, que je retrouve de l'air. Presque d'un bond, je me suis levé, la bousculant au passage puisque, pour mon malheur, elle se tenait si près de moi. Mais elle ne se dégagea pas. Je pouvais sentir sa poitrine collée contre la mienne se lever et s'abaisser rapidement, laissant s'échapper de sa bouche un souffle fort de son effort tout récent, chaud et plein de promesses. Du pouce, je vins essuyer une goutte d'eau qui était resté accrochée à son menton, effleurant du bout du doigt sa lèvre inférieure, pulpeuse, brûlante et mouillée. Puis, j'ai doucement fait glisser mon pouce le long de son menton pour arriver sur sa gorge tendue. Puis un doigt vint s'y ajouter, puis un autre, puis un autre, jusqu'à ce ma main entoure presque totalement son cou. J'avais une furieuse envie de lui serrer la gorge comme elle avait serré la mienne. J'avais envie de l'étouffer comme elle avait asphyxié tous mes sens et ma raison depuis que j'avais croisé son corps arrogant et décidé à danser pour moi. Je voulais ne plus avoir à m'abreuver à la fontaine de son souffle de braise infernal. Après tout, je n'avais qu'à refermer les doigts et le cauchemar s'évanouirait. C'était si facile, si évident. La faisant ployer devant moi, intimant son regard à me supplier, j'ai serré, et serré, et serré...

Tout à coup, la pression glacée sur ma cuisse disparut : j'étais de nouveau assis sur le banc et la belle était en train de s'éclipser, se déhanchant dans une ultime démarche insolente avant de disparaître sans un mots ni un regard. Quoi ? Mais il se passe quoi exactement ? Mon poing était bel et bien refermé, mais c'était sur lui-même et je serrais si fort que les jointures blanchissaient.  J'avais... rêvé tout cela ? L'avais-je fantasmé si fort que c'en était devenu plus que réel ? Mais depuis quand ? Depuis combien de temps ce que j'avais ressenti n'était plus la réalité mais une hallucination ? Où commence le rêve ? Où commence la folie ?

Perdu, affolé, mais refusant de me croire atteint des deux lobes, je suis resté sur ce banc, la tête entre les mains, écrasé par le poids de mon incompréhension. Puis, après un long moment, j'ai attrapé mon Nikon, mon fidèle petit Nikon... Un appareil merveilleux qui ne me mentait jamais puisqu'il ne capturait que la réalité telle qu'elle était. J'ai parcouru les dernières photos qu'il avait en mémoire et mon corps tout entier se mit à trembler : la fleur sauvage et chimérique était bien là, sensuelle telle que dans mon hallucination auréolée de luxure.

Où avait commencé le rêve ? Et était-il vraiment fini ?

Merci messieurs :
 
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