Nebulous thoughts

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Sam 15 Juil - 1:44

Toujours savoir tirer mérite des actes auxquels la nécessité nous contraint
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Habitation permanente : À Old Fyre, dans l’appartement qu’elle partage avec Tullio Cavaleri. Elle a aussi un appartement en Italie, bien qu’elle n’y soit pas très souvent ces temps-ci.
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Ou un rendez-vous avec une fausse bonne idée
Ordre de mission 02, partie 2
Printemps 2017


… Dans l’épisode précédent

Victoria avait détesté cette mission avant même de la commencer. Elle avait regardé ses supérieurs avec incrédulité alors qu’ils lui expliquaient ce qu’elle aurait à faire : se présenter au FBI sous de fausses prétentions afin de leur faire abandonner un important dossier qui s’avérait à concerner une dangereuse créature magique. Elle avait explosé de rire, mais on lui avait dit que tout allait bien se passer, que, dans les coulisses, d’autres actions avaient été mises en œuvres pour que sa mission coule comme de l’eau claire.  Et, à sa grande surprise, elle était bel et bien entrée et ressortie du Bureau fédéral d'enquête sans rencontrer d’opposition… Ou presque. Des yeux froids, perspicaces, dubitatifs, l’avaient suivie jusque dans la rue pour couler sur elle et lui glacer le sang ; ce n’est qu’en sachant que sa mission se terminerait deux coins de rue plus loin que Victoria avait pu trouver pétillantes et rafraichissantes les mises en garde de l’agent spécial Parker.  Ainsi, sa mission s’était terminée quelques minutes après son échange avec cette dernière ; deux heures plus tard, elle repartait pour Old Fyre, après quoi elle avait été envoyée à Fort-Loin, en France et, normalement, elle aurait dû partir pour l’Afrique aujourd’hui… Sauf que, aujourd’hui, justement, deux semaines après son implication dans l’affaire Sullivan, ses collègues n’avaient pas du tout progressé et une autre jeune femme était morte. Qui plus est, sa nouvelle amie du FBI ne semblait pas avoir lâché le dossier comme elle aurait dû le faire.  

Elle avait d’un un nouvel ordre de mission, mais au moins, beaucoup plus de liberté.

Après avoir longtemps retenu son souffle, un soupire d’exaspération s’extirpant de sa poitrine pendant que, dans sa chambre de location, couchée sur un hideux lit orange et brun, elle contemplait un petit bout de carton.

Dès qu’elle avait été convoquée au sujet de l’affaire Sullivan, elle savait ce que ses supérieurs allaient lui demander : la semer ou l’introduire ; s’aimer ou se détruire. Une idiotie comme ça, parce qu’ils n’avaient retenu de son rapport que le fait qu’elle avait eu l’occasion de lui parler en privé et qu’elle avait gardé sa carte. Le fait que l’agent Parker ait manifesté de l’hostilité à son égard ne semblait pas les inquiéter. Elle n’a pas besoin de t’aimer pour te dévoiler des informations, ou pour comprendre notre cause, avaient-ils dit.

Résignée, elle avait donc sorti de sa valise un téléphone – un BiC blanc et rose, prépayé, voué à être jeté peu après leur conversation – sur lequel elle entra péniblement chaque chiffre écrit sur la carte. En écoutant la sonnerie, sous ses paupières, il y avait des plaines africaines, du vert et du doré, qui se perdaient jusqu’à un horizon altier trôné par un soleil énorme.

Après plusieurs longues secondes, le répondeur embarque et Victoria sourit sobrement.

- Bonjour agent Parker. C’est Olivia Amaro ; nous nous sommes rencontrées il y a maintenant deux semaines au sujet de l’affaire Sillivan. En considérant votre expérience avec ce dossier, j’aimerais vous rencontrer pour discuter avec vous d’une question urgente… Je vous propose de venir me rejoindre vers 17h au 1201 28th St NW.

Victoria n’était pas stupide, elle savait que cette identité était fichue, mais elle était aussi certaine que son invitation allait immanquablement amener Parker à la rejoindre, et c’était tout ce dont elle avait besoin pour le moment.

Aussitôt la ligne raccrochée, elle s’était levée pour sauter dans la douche, puis dans une robe. Ensuite, à l’aide d’un petit miroir de poche, Victoria appliqua avec amusement la fondation d’un maquillage complexe qui lui fit d’abord avoir l’air d’un clown, puis d’une guerrière tribale, puis… d’Olivia Amaro. Elle apprécia pour quelques moments sa réflexion exempte de ce sale œil au beurre noir, violacé et vert qui s’étendait jusqu’à sa joue, qui la suivait depuis sa dernière mission ; la seule chose qu’elle ne put pas cacher avec son maquillage était une série de lacérations allant de sa tempe jusqu’à son épaule, toutefois elle coiffa les boucles noires de sa perruque sur le côté.

À 16h30, elle était donc confortablement assise dans la banquette du restaurent éthiopien, quand même chic dans son genre, mais dans lequel elle détonnait avec sa robe de soirée et sa coiffure qui cascadait sur son épaule.

Devant elle, il y avait une chandelle allumée ; sur la banquette à côté d’elle, un bouquet de lys blancs qui reposait sur son veston de cuir.



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Sam 15 Juil - 12:48

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▬ Who is it? Your girlfriend?

Le sourire moqueur de son frère aurait pu faire pouffer de rire le cadavre qui se tenait entre eux… Si sa putréfaction ne l’avait pas déjà fait pouffer d’autre chose qui, malheureusement, était beaucoup plus nauséabond. Penelope raccroche, éteignant la boîte vocale de son téléphone portable avant de le regarder d’un drôle d’air. Elle ne pensait pas qu’Olivia la rappellerait de sitôt. La vie est pleine de surprises…

▬ Non.

Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’un rire meurt sur celles de son frère. Sur toutes les personnes à qui elle pouvait raconter ses mésaventures, son frère était bien celui qui avait la malchance d’entendre en long et en large les histoires sur ses collègues de travail ou même sur les criminels ou les victimes. Il était donc évident qu’il ait entendu parler de sa dernière rencontre, celle qui, sans aucun doute, l’avait fait fulminer plus que Mulder ne l’avait fait en près d’un mois et demi.

Délicatement, elle reposait le téléphone sur le bureau de travail avant d’enfiler une nouvelle paire de gants, les engrenages de son esprit se remettant en route. Son regard était fixé sur le cadavre, certes, mais son esprit était ancré sur le message qu’elle venait de recevoir, sur cette étrange femme au sourire narquois, aux yeux pétillants.

Benjamin avait référé à cette dernière rencontre et n’avait cessé, dans les deux dernières semaines, de plaisanter sur l’identité de cette femme qui avait dérobé à sa sœur le précieux cas sur lequel elle avait travaillé d’arrache-pied. De Crush à  girlfriend, tout y avait passé. C’était qu’elle en parlait avec une passion glaciale, une dévotion volcanique. Il fallait le comprendre. Les deux doigts sur le cou de la victime, traçant la trajectoire des ecchymoses, le coroner s’adresse de nouveau à l’agent, mais cette fois d’un ton plus inquisiteur, plus curieux.

▬ De quoi penses-tu qu’elle veut te parler?

▬ Probablement pas des mandats d’Interpol.

Silence. Sourires en coin. Elle inspire.

▬ Je n’ai pas pu la cerner encore. Tout ce que je sais, c’est qu’elle est suspecte et qu’elle prétend être quelqu’un qu’elle n’est pas.

Et peu importe où cette rencontre l’apporterait, c’était une chance pour elle de creuser plus loin son enquête personnelle… Non pas sur l’affaire Sullivan, mais bien sur elle, sur qui elle n’avait, en deux semaines, trouvé aucune information.

▬ Peu importe ce qu’elle veut, ça risque d’être intéressant, non?

▬ …Définis intéressant. Si je me fie à notre première rencontre, ça risque de plutôt être enrageant.

▬ Pour toi, peut-être.

Leurs yeux se rencontrent à nouveau, cyan contre cyan, le ciel contre le givre, un silence qui en dit long sur les provocations fraternelles des Parker.

▬ Parfois, j'aimerais que t'aies des ovaires pour que tu puisses prendre ma place.

▬ Oh, tu ne trouves pas que j’aurais l’air magnifique dans une robe?

Le tout accompagné d’une mimique hautement féminine à laquelle Penelope répondit d’un haussement de sourcil suivi d’un roulement d’yeux. Ce stéréotype n’allait pas du tout avec sa jumelle, et Benny ne le savait que trop bien.

▬ Bon. Je ne dois pas manquer ce rendez-vous. Tu m’appelles s’il y a du nouveau?

▬ Sans problème. Ce cadavre n’ira nulle part, après tout.

Penelope ne prit pas de temps à déléguer la paperasse à l’agent Croft, son collègue, avant d’aller chez elle afin de se préparer. Amaro ne lui avait laissé qu’assez de temps pour qu’elle passe un minimum de temps chez elle et puisse se rendre au lieu de rencontre.

Son ensemble n’était pas mal, tout compte fait : très professionnelle, elle portait un veston noir avec un débardeur simple, blanc, orné de motifs floraux jouant entre le bleu et le violet en aquarelle. Des pantalons propres d’un noir d’encre finissaient son ensemble. Ça, et une très fine touche de rouge à lèvres. Fin prête, elle saute dans sa voiture, se rendant à l’adresse indiquée pour se rendre compte que…

C’était un restaurant?

Penelope fronça les sourcils, se demandant ce qui pouvait bien être passé par la tête d’Amaro. Peu importe; maintenant qu’elle y était, il n’y avait plus de marche arrière. Ponctuelle, elle était arrivée quinze minutes avant l’heure indiquée par son contact et s’avançait maintenant d’un pas décidé, ses talons claquant contre la céramique de l’antichambre. D’un mouvement de tête, elle salue l’hôtesse, puis sonde les lieux d’un regard. Elle reconnaît sans mal la coiffure de l’agente lui ayant enlevé son dossier et se glisse élégamment vers la table, retroussant le nez à une odeur virulente de parfum à une table adjacente. Chandelle blanche illuminant son regard toujours aussi pétillant; dans la lueur tamisée l’indice d’un sourire. Elle est vêtue d’une élégante robe et semble avoir mis un certain temps à se coiffer.

Particulier.

Agent Amaro.

Elle lui tend la main, ayant pour but de rester professionnelle.
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Dim 16 Juil - 5:18

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La pièce était plongée dans une douce obscurité tamisée, percée par des lampes murales qui dévoilaient autour d’elles des motifs peints de couleurs chaudes et vives. Sur toutes les tables, il y avait également des chandelles ornées dont les reflets et les ombres dansantes évoquaient des acacias.

Pendant qu’elle attendait, assise, droite, les doigts entrelacés et délicatement appuyés contre la table, Victoria était aux prises avec un dilemme qui la hantait depuis maintenant plusieurs jours, et qui aurait des conséquences importantes sur sa vie ludique à venir : …  Isabela ou Fenris? Une complicité torride ou une rivalité enflammée ? Elle savait que si elle commençait avec Fenris, elle pourrait quand même finir avec Isabela, mais c’est déjà ce qu’elle avait fait dans sa dernière partie. Non. Cette fois, elle allait se caser dès le début, mais avec qui ? Par contre, elle n’avait jamais terminé la romance avec Fenris, et ne serait pas contre l’idée de voir les cinématographies en contexte plutôt que sur YouTube, sans parler de l’accomplissement sur son profil. Mais qu’est-ce qui serait le plus satisfaisant ? S’interrogeant, ses pensées s’envolèrent vers sa barman préférée qui lui rappelait définitivement plus Isabela…

L’agent Parker entra alors dans le restaurent, et lorsqu’elle appliqua sur elle la comparaison, Victoria constata avec un amusement non dissimulé que Penelope ressemblait beaucoup plus au protagoniste, Hawke, qu’à l’un ou l’autre des compagnons. Émoustillée, elle guettait son approche avec un intérêt redoublé, se demandant, pour la peine, quel personnage la représentait le mieux dans leur situation.  

- Penelope. Dit-elle en guise de salutation. Je vous en prie, appelez-moi Olivia. Sa langue trahissait un accent français plus prononcé qu'à leur dernière rencontre.

Elle se leva pour partager sa poignée de main, puis se mordillant la lèvre inférieure, fit apparaitre de derrière son dos le bouquet de fleurs … Et elle dut se retenir d’éclater de rire, en réalisant soudain la signification que pouvait prendre le fait de donner un bouquet de lys blancs à Hawke. Elle n'en laissa paraitre qu'une expression plaisante, joueuse, sincère.  

Elle glissa tout de même ses doigts sur ses paupières pour retrouver sa contenance, oubliant que sous la pression de son pouce, son arcade sourcilière gauche serait agonie.

Repoussant finalement Dragon Age 2 bas de sa liste de priorités, elle déposa le bouquet au coin de la table, contournant rapidement Penelope afin de tirer sa chaise pour l’inviter à s’assoir.  Elle continua ensuite son tour de table pour retrouver sa place tandis qu’une serveuse leur apportait une carafe de café, de toutes petites tasses, ainsi que divers ingrédients à y ajouter au gout : des cubes de sucre, du caramel salé, du chocolat, des agrumes cristallisés et diverses pastilles parfumées.  

- Serait-ce votre première expérience dans un authentique restaurant éthiopien ?

Dit-elle tout en glissant un petit morceau de caramel dans sa tasse. Simultanément, à la table voisine, un énorme plat rebordant de salades, de crèmes, de légumes, de viandes, de tout, fut servi à quatre personnes, sans ustensile et, souriant et plein d’appétit, ils commencèrent à manger avec les doigts.

- C’est... particulier, et absolument délicieux. Ajoute-t-elle en lui accordant un sourire courtois, sans pourtant qu'elle se fasse la moindre illusion sur la frustration que son attitude pourrait avoir sur sa partenaire.


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Ven 21 Juil - 2:31

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Penelope n’était pas dupe. Elle savait bien qu’elle était de retour à cause de la dernière victime du cas Sullivan. Elle était au courant que, techniquement, elle ne devrait pas se mettre le nez dans l’enquête, mais, pour des raisons plus personnelles, elle se devait de la mener à bout.

Il fallait croire que son égo avait été quelque peu froissé. Et si ça lui permettait de creuser plus loin le personnage qu’était Miss Amaro…

Leurs mains se rencontrèrent dans une poigne qui pour toutes les deux était solide, professionnelle, jusqu’au moment où Olivia fit un mouvement un peu brusque pour lequel l’agent eut un mouvement de recul et un réflexe vers son arme à feu, avant de réaliser que la jeune femme ne brandissait pas une arme, mais bien des fleurs, droit dans son visage. L’instinct fit place à la surprise dans le bleu des iris de Penelope, car de tous les scénarios qui lui étaient passés par la tête, celui-ci était tout simplement aberrant.

▬ C’est apprécié, mais… Vous pouvez les garder.

Soupir alors qu’elle repousse délicatement les fleurs de son visage, ne prenant même pas la peine de les sentir, le nez légèrement retroussé, paré à ressentir un mal de tête fulgurant. Les lys n’étaient pas les fleurs avec l’arôme le plus doux. Ce n’était pas une arme, mais…

…La voilà qui se met à rire, comme si elle venait de comprendre ce qui venait de se passer, sous le regard toujours hébété de l’agent Parker. Elle semble cependant sincère; son air n’est enclin d’aucune malice alors qu’elle tire la chaise derrière elle pour qu’elle puisse s’asseoir, le tout suivi de ses doigts sur ses paupières, un léger soubresaut, avant qu’elle ne fasse le tour de la table et tire sa chaise.

Particulier, comme comportement.

Très particulier…

Ce ne serait pas pour l’instant qu’elle arriverait à bien la cerner.

Et alors que la serveuse leur apporte du café, qu’Olivia retrouve sa propre chaise, Penelope répond à sa question.

▬ Je n’ai aucun mal à vous croire. Elle pose un regard sur les autres clients, qui mangent et qui parlent doucement, bien loin de savoir à quel point le tout semblait ridicule venant de son esprit, à quel point cet endroit en particulier la déboussolait. Elle aurait de loin préféré un simple café. Elle se sentait détonner avec tout ce qui se passait autour d’elle, un contraste infini entre les deux femmes et le reste de l’endroit. Dans tous les cas, ce sera une expérience… enrichissante.

Posant son veston sur la chaise, révélant ses épaules sous ses cheveux courts, les yeux de Penelope se posent sur Olivia, analysant brièvement son visage. L’expression faciale de son interlocutrice lui fit momentanément penser à Dipper, le chat de la famille : regard perçant, air distingué, le tout imprégné d’une innocence qui cachait une certaine malice. L’éclair soudain de cette pensée fit gravir sur le coin de ses lèvres un sourire léger, avant qu’elle s’avance légèrement, les mains croisées sur la table, le sourcil levé. Restons professionnelle.

▬ Tragique, cette jeune femme retrouvée morte, non? J’en conclus que vous n’avez toujours pas avancé dans votre enquête.

D’accord. Peut-être pas trop professionnelle non plus.

Son sourire disparut, laissant place à un air neutre, à un regard froid. Voyons voir comment elle répondrait.
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Dim 13 Aoû - 18:52

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Fermant puis rouvrant lentement ses yeux souriants, ses lèvres étaient légères et flottantes malgré un air sans doute un peu fatigué.

- Enrichissante, oui. Pas autant que si nous étions en Éthiopie, bien sûr. Là-bas, les chaises et les tables sont beaucoup plus basses, et on mange souvent dehors, à l’air libre. Les rues commerçantes sentent toujours très bon…Beaucoup plus qu’aux États-Unis, en tout cas. Dit-elle en froissant le nez en témoignage de sa mémoire sensorielle.

Au loin, à travers la fenêtre, elle pouvait voir qu’il commençait à pleuvoir, comme le silence à leur table. Sirotant d’abord son café caramélisé, elle ouvrit ensuite le menu sur la table, dévoilant les photos colorées de plats sur lesquels elles allaient devoir s’entendre.

Penelope aborda l’enquête pendant que Victoria regardait le menu.

- Avez-vous des allergies, très chère ?
Pendant un instant, elle continua de considérer avec appréciation leurs options gastronomiques.

- Tragique, oui. Quant à ma progression …
Elle leva finalement les yeux sur sa comparse et ses lèvres se pincèrent, pour ensuite se disperser inégalement vers le coin droit.

- Elle se trouve, je crois, sensiblement au même point que la vôtre. Parce que vous avez continué votre enquête personnelle malgré la fin de votre assignation, bien entendu.

Annonça-t-elle en forçant sa bouche à se tordre en une vague grimace moqueuse.
Elle omettrait soigneusement de mentionner qu’elle n’avait vraiment été assignée à l’enquête en soi que depuis la veille, à cause de l’inefficacité de ses collègues.

- Dans les faits, ce n’est pas exactement pour ça que je vous ai demandé de venir ce soir en particulier... Ou plutôt, oui, mais c’est surtout que je ne pouvais pas le faire auparavant.

Elle laisse ses mots en suspension quelques instants avant d’enchainer.

- Voyez-vous, la première fois que nous nous sommes rencontrées, j’avais des consignes très claires et l’incapacité d’être complètement honnête avec vous. Soit. La situation a évolué, et maintenant que j’ai carte blanche, je suis d’avis qu’il serait préférable que nous travaillions ensemble, de près ou de loin, pour neutraliser cette calamité.

Les coudes appuyés sur la table, elle posa son menton sur ses doigts entrelacés, la mine plus sévère que ce qu’elle ne lui avait jamais laissé entrevoir.


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Dim 10 Sep - 17:12

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Furtivement, Penelope regardait autour, toujours aussi déstabilisée par l’ambiance du restaurant dans lequel elle avait mis les pieds.

Impossible de ne pas déceler l’ironie de la situation : l’endroit semblait porté à l’entente et à la complicité. Ces éléments se voyaient par les clients partageant la même assiette, qu’ils ne soient que deux ou plusieurs. Il y avait dans ce comportement l’ambiance même de la confiance et du partage. Ironique, puisqu’elle ne s’attendait nullement à devoir coopérer avec cette femme qui, cruellement, lui avait arraché son enquête.

Oh, ne dramatisons pas.

À son commentaire sur l’éthiopie, Penelope se contenta d’une simple note fredonnée, ne montrant pas de surprise, pas d’intérêt, mais, étrangement, pas, non plus, de désintérêt.

Il y eut un moment de silence teignant l'ambiance peu après que sa question ait quitté ses lèvres. Moment brisé par Olivia, qui, malgré son regard posé vers le menu, s'adressait à elle, détournant le sujet, demandant si elle avait des allergies d'un ton beaucoup trop familier à son goût. Très chère? Sérieusement?

▬ Aucune allergie.

Parce qu’elle n’allait pas en plus lui montrer ses points faibles. Surtout, déjà, qu’il s’en était fallu de peu avec les lys.

Mais la voilà qui rétorquait à son commentaire au sujet de l’enquête d’un des siens, d’une manière pointue, un grand sourire aux lèvres.

Touché.

Peu importe qui miss Amaro était, elle avait bien deviné qu’elle-même n’avait pas abandonné l’affaire. Cette remarque, qui aurait pu en choquer plus d’un, laissa, en apparence, l’agente de glace. Il ne fallait pas faire remarquer sa stupeur, il ne fallait pas montrer ne serait-ce qu’un seul moment de faiblesse. Pas devant elle. Surtout pas devant son sourire moqueur, devant ses traits qui s’animent, devant la supposition qu’elle puisse entrevoir même dans son silence que son commentaire ne la choque.

Mais elle ne sait pas lire les autres aussi bien qu’elle peut le faire.

Ou en est-elle aussi capable?

Subrepticement, ses doigts resserrent leur étreinte sur eux-mêmes, ses muscles se tendant. Elle ne pouvait pas le faire auparavant? Étrange. Intrigant. Et ainsi, elle l’écoute, elle qui quémande sa collaboration dans l’enquête. Serait-ce qu’elle y aurait de nouveau accès? Sous quelle juridiction, cette fois?

Penny se sentait soudainement prise d’une soudaine envie de coopérer avec cette femme.

Non, le tout n’était pas irrationnel. Pas du tout. Aucunement.

Ce n’était pas sur le coup de l’émotion; elle n’était emportée que par un flot de logique.

Il fallait qu’elle arrive à creuser plus loin dans ce mystère. Et il fallait que cette enquête aboutisse, que les victimes cessent. Ça ne pouvait plus durer. Et s’il fallait qu’elle coopère avec cette soi-disant enquêtrice de quelque sorte, soit. Ce n’est pas comme si elle allait arriver à quoi que ce soit avec Mulder en ce qui concerne ce cas.

Et puis, après tout, pourquoi pas creuser plus loin dans le mystère de l’énigme se trouvant devant elle?

Penelope roule ses épaules, se repositionne droite, reprenant un ton presque trop catégorique; une certaine déformation professionnelle la poussant à agir comme lorsqu’elle se retrouvait en face d’un suspect qu’elle devait interroger.

▬ Et maintenant que vous pouvez être ne serait-ce que légèrement plus honnête avec moi, ne pensez-vous pas que cette mascarade a assez duré?

Méthodique, l’agente Parker inspirait, remettant dans son esprit une progression d’indices et de faits concernant son interlocutrice.

▬ Nous savons toutes les deux qu’Interpol n’était qu’une couverture. Qui, réellement, vous envoie? Et dans quel but nous retirez-vous des enquêtes?
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Mer 1 Nov - 10:11

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- Aucune. Tant mieux. Répéta-t-elle distraitement, le nez toujours enfoncé dans le menu coloré, muraille que seuls les effluves de la nourriture et le rythme de la musique arrivaient à surpasser.  En fermant les yeux, elle voyait l’Afrique.

Victoria referma enfin la carte : « Nous prenons l’assiette complète » conclut-elle en s’adressant à un serveur qui venait tout juste d’arriver dernière Penelope.

Puis, sérieuse, elle acquiesce en portant son café à ses lèvres. Lorsque Penelope mentionne Interpol, toutefois, Victoria dépose sa tasse tachée de rouge à lèvres, lève les yeux, et sans vraiment soupirer, ventile en un souffle, tremblant d’un rire moqueur, sa propre exaspération à ce sujet.

- Une très mauvaise couverture, oui. Choisie par mes supérieurs, et les vôtres, et qui selon eux a toujours fonctionné jusqu’à présent. Dit-elle, mine de rien, avant d’ajouter avec un haussement d’épaules : Aussi surprenant cela puisse-t-il être.

Elle dépose ses coudes sur la table et ses doigts s’entrelacent.

- L’important aujourd’hui, par contre, c’est que je m’envoie moi-même. Dit-elle enfin, le coin de ses lèvres montant jusqu’à frôler l’arrogance.

Sur la table, des assiettes, des couverts et du pain étaient déposés, mais la grande assiette remplie de victuailles se faisait toujours attendre.

Avant que Penelope ne puisse répondre, elle enchaine : «  Soit. J’ai quelques questions en lien avec les notes, les observations et les indices consignés par vous et votre collègue… Pouvez-vous m’expliquer, exactement, ce que sont les lavellans et ce qu’ils viennent faire dans notre enquête ? » Bon. Elle savait exactement ce qu’était un lavellan, ce qui n’avait pas empêché ses yeux de s’élargir, comme pour mieux lire le mot griffonné et entouré de points d’interrogation. Jamais elle n’aurait supposé qu’ils puissent suspecter une créature magique, aussi peu probable est-elle dans le contexte.  

Devant elles, une grande assiette pleine de victuailles venait enfin d’être déposée.

Victoria ne broncha pas d’un poil malgré les odeurs fabuleuses qui inondaient son nez ; elle attendait sa réponse avec une curiosité impériale, couronnée par des sourcils hauts et décorée par des dents brillantes, étincelantes entre ses lèvres ouverte.  


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