The Spyglass Momentum

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Jeu 29 Juin - 18:01

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THE SPYGLASS MOMENTUM
Look at ourselves looking at ourselves


HEARTBEAT THREE .
-

From: KJM
To: SKY
Hey there, lover boy.
Miss me yet ?
I should be in Budapest on the 11th of august.

-

Stylistique désagencée, faciès miroitant de clarté, il lassait la douceur de ses empreintes digitales courir le long du comptoir verni. Ses longs cheveux, blés auréolés, ondulaient jusqu’aux environs de ses côtes et venaient parfois adhérer à la surface lisse sur laquelle il travaillait. Ambrose l’observait, plongé dans une passivité aux relents alcoolisés, secouant distraitement l’ambre de son verre au rythme des mouvements du barman. Ce dernier souriait, mesuré, dissonant de par sa luminosité avec le décor sombre du bar lui servant de trône. Il abordait les clients accoudés au bar avec un air bon enfant, perché dans une suffisance incitant tout autant à la distance qu’à la sympathie. Des percées solaires filtraient au travers d’un puits de lumières et laissaient l’établissement être découpé par une série de faisceaux. Cet endroit, semblait-il à Ambrose, respirait un état indéfinissable, quelque chose qui lui rappelait la magie sans toutefois entièrement s’y apparenter.

Il se promettait de garder l’œil ouvert. Peut-être que cette trace indélébile qui planait dans l’air était due a un artefact, quelque chose qu’il pourrait venir dérober une fois réuni avec l’orbe de distraction qu’il avait momentanément abandonné dans sa chambre d’hôtel et qui lui conférerait une diversion suffisante pour pousser les regards indiscrets dans une direction autre que la sienne. Il n’avait pas grand espoir de trouver quelque chose de grande valeur dans cet endroit, logé entre deux édifices nichés à l’orée du centre de la ville – « j’adore la vue que notre emplacement nous donne sur le stade », conversait le barman –, mais il se savait apte à remarchander n’importe quoi.

Son gagne pain était un art qu’il maitrisait bien et qu’il ne maitrisait que davantage depuis son partenariat avec SEE. Sandro et ses doigts de fée – de manière non littérale – avait permis la fructification de ses agissements.

Dans les faits, au terme d’une mission pour l’ordre, une besogne simple n’ayant rien avoir avec la poussière du Soudan, un transfert de quelques shimbalayas du sanctuaire d’Ardhi Nne jusqu’à celui de Takuatshin, il avait été acheminé vers une commande en provenance de Montréal. Un individu quémandait un artefact susceptible de substituer les consommations magiques, quelque chose qui lui permettrait de percevoir le monde magique de manière plus instantanée. Au terme de sa mission, Ambrose s’était donc dirigé vers la métropole québécoise et avait déambulé jusqu’à leur point de rendez-vous, un bar appelé Daily Dose.

Le sac qu’il avait précautionneusement déposé entre ses jambes contenait, en plus des possessions qui l’avaient accompagné tout au long du voyage, des lunettes taillées dans une corne que la concrétisation de l’été avait  naturellement détachée du crâne de l’une des bêtes. Il l’avait récupéré discrètement et avait gardé les retailles qui n’avaient pas servi à la fabrication des lunettes, ravi de tomber sur une si grande quantité de matériaux de manière si aisé.

Maintenant, affublé du signe distinctif que lui avait fait parvenir SEE, une chemise prune munie de boutonnières dorées, il attendait patiemment que le client daigne se manifester. Son téléphone reposait, tranquille, contre son pectoral, dissimulé dans l’une des poches de son haut, et il guettait, en plus du barman fastueux et de l’atmosphère mystique, un quelconque signal de la part de Sandro.

Le visage de l’employé s’illumina et Ambrose porta son verre à ses lèvres.

« Zakuro ! »

Il quitta le comptoir et Ambrose le suivit des yeux, admirant comme l’apparence de l’homme se métamorphosait au fil de ses enjambées. Il secouait son professionnalisme comme on secoue un manteau couvert de pluie, son sourire s’élargissant et ses mouvements se scindant d’une essence soudainement moins calculée. Il percuta un autre homme – un colosse aux mèches folles et aux yeux dénotant une provenance double, s’éparpillant autour de son crâne en un tango hypnotisant – avec force et l’enlaça brièvement, sa voix s’adoucissant contre des intonations asiatiques – nippones, chinoises ? –.

Ambrose les considéra, laissant le goût épicé du rhum envahir sa bouche.

Vingt minutes, déjà.

Le barman traina son ami – amant, mari, frère, lien – jusqu’aux tabourets longeant le comptoir et, malgré l’impolitesse ou le manque de subtilité, Ambrose ne détacha pas son regard de leur silhouette. Si l’endroit lui semblait entaché d’une magie diffuse, cet homme, cette sentinelle aux yeux bleus, en était entièrement englué.

Ambrose pris une nouvelle gorgée de son breuvage et le barman déposa une assiettes fumante devant le nouvel arrivant.

« Eat up, Fea.  »





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Jeu 29 Juin - 20:03

« GNAGNAGNAGNANGANGNAGNA » - K. J. M.
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Les portes s’ouvrent en des claquements qui s’étouffent sous le chuintement du gond en plastique, et l’air qui embrasse l’intérieur de l’habitacle est comme un taureau venu défoncer les joues et la gorge de Zakuro, lequel saute sur le trottoir.
L’ombre de la cuvette olympique projetée au dessus des arbres est un appel monochrome qui titille ses yeux, et alors que le bus redémarre derrière lui, et commence à s’éloigner, Fea élève la face et les lèvres, dans ce mouvement satisfait d’une contemplation de l’instant.

Il n’est à Montréal que depuis plusieurs heures, mais déjà, trop intensément, il y a cette envie de se jeter jusqu’à Berri Uquam, remonter à la surface,  et effleurer la bibliothèque, parcourir les trottoirs qui longent le Second Cup et puis retourner prendre le métro pour se perdre quelque part entre Acadie et Jean Talon. Un sourire accroché dans les coins de ses lèvres, il attrape à deux mains ses cheveux, pour les rejeter en arrière. Il est vraiment heureux.

Son portable enfoncé dans sa poche arrière de jean, ce dernier contient dans sa mémoire la trace du dernier sms reçu de Joshua. Zakuro a fait exploser un sourire sur sa face en le lisant ; à l’instar d’une petite bombe de satisfaction, il s’est appliqué à lui répondre aussitôt, fuseau horaire impliqué, en lui annonçant que de son côté, il allait voir Lawrence, aujourd’hui.

Lumineux, solaire, une odeur de chaleur enfoncée jusqu’à dans les yeux, Lawrence n’était pourtant pas la raison de son déplacement ici-bas. Les yeux rivés sur les reliefs du stade, à patienter que la circulation se stoppe pour que les piétons puissent traverser, il contemple le boulevard. Il a rendez-vous. Il est d’ailleurs probablement en retard, mais l’ignore avec un fondement désintéressé. Ses foulées sont rapides, et ses regards guillerets. Zak est comme un enfant enfoncé dans un jeu de rôle passionné.

Et il l’est jusqu’à parvenir sous les façades familières du Daily Dose. Relevant les yeux, distraitement, jusqu’à l’enseigne, ses prunelles s’effilent en une considération amusée, jusqu’à ce qu’il pousse la porte, et franchisse le seuil. Immédiatement, c’est une transition trop intensément vécue : ses pupilles contractées dans l’absorption d’un milliers de détails à capturer en une seconde. Des tables, des couleurs, cette ombre et ce reflet de montre, qui viennent percuter ses yeux alors qu’il s’avance, et que la porte se glisse jusqu’à se refermer. Il cherche des yeux -

« Zakuro ! »

Comme un chien à l’entente de son nom, il se fige, et tout son corps devient un réseau de nerf tendus sous l’appréhension de l’ordre à suivre. Il attrape l’être de Lawrence avec les yeux  avant toutes choses, et son entièreté grandit progressivement tandis que l’autre s’élance vers lui. Il tend les mains à l’instant où l’autre entre dans cette zone d’intimité réduite, l’attrapant à bras le corps. Zak l’étreint, raidissant ses triceps contre les épaules de Swan, pour augmenter la pression de la retrouvaille, et lui enfonce dans les cheveux un sourire ravi.

« Heh, I missed you too. »

L’autre l’attrape, le traîne, et gentiment servile, Zak se laisse installer au comptoir, près d’un groupe de badauds, et d’un individu seul à sa gauche. Presque aussitôt, alors qu’il retire sa veste et la lance sur une chaise vide derrière lui, Swan vient déposer devant lui une assiette aux spirales de vapeur prometteuses.

« Eat up, Fea.  »

Un sourire pour toute réponse, -plus adressée à l’assiette qu’à Lawrence, d’ailleurs-, Zakuro laisse son contentement se mêler à de l’admiration sincère.

« Awn, aishiteru, ça a l’air super bon. »

S’emparant de ses baguettes, par commodité trop asiatique, il soulève un morceau de steak, et considère avec un amour véritable l’entortillement de pâtes enduites d’un coulis trop rouge, trop alléchant. Il ne s’en était pas rendu compte jusque là, mais avait réellement faim, et le présent de Swan est une offrande dont il découvre le besoin nécessaire. Dans une vibration douce qui traverse sa gorge, le gémissement de plaisir résultant de la satisfaction d’une première bouchée, Zakuro ferme les yeux brièvement. Assurément, ce n’était réellement pas envisageable de revenir à Montréal sans passer par chez Swan avant tout.  Il rouvre les yeux, et attrape l’intéressé du regard. Il n’a pas besoin de préciser d’avantage qu’il est le fan numéro un de ses plats. Non. Il a un autre sujet en tête.

« J’ai reçu un sms de Joshua. Il sera à Budapest pour mon anniv. Tu peux prendre un congé ce jour là ? »

L’invitation est sérieuse. Comment imaginer meilleur anniversaire qu’avec de la bouffe de Swan ?

« Comment ça se passe, d’ailleurs ? Dans ton dernier mail, tu m’as dit que vous aviez vu Carter. Je suis triste de l’avoir loupé, je ne la vois quasiment jamais. Je vais finir par devoir remonter le temps pour espérer la rencontrer. »

Engloutissant les pâtes et le steak dans sa bouche, il plisse les yeux et les lèvres, les joues arrondies, sur cette expression trop furieusement amusée, relativement gamine. La blague flotte un instant dans ses yeux, jusqu’à ce qu’il envisage redevenir sérieux, le temps d’expliquer la raison de sa présence.

« Mm-j’ai un rendez-vous. »

Ce n’est pas pour ça qu’il doit s’empêcher de venir faire mentalement l’amour à sa cuisine, songe t-il en avalant sa bouchée, avec un ronronnement de rire distrait entre les lèvres. Cherchant son portable dans la poche arrière de son jean, il tourne la tête vers les badauds. Aucun d’eux ne semble vraiment considérer sa présence comme nécessaire, et il repenche son attention sur la description effectuée dans son mail. Enfonçant ses baguettes dans ses lèvres, par commodité de pouvoir libérer ses mains, il étudie le mot « prune », qu’il ne comprend pas, pendant quelques secondes, son cerveau analysant le mot « plum » comme le terme français pour désigner « feather ». Durant une seconde, il se demande s’il y a un individu qui va surgir, couvert de plumes colorées. L’idée le laisse perplexe, et il tourne les yeux vers l’individu qu’il a remarqué, à sa gauche, pour avoir notamment les cheveux longs. Soudain, c’est la réalisation. Il cligne des yeux.

« Oh, oh ! Hello ! »

Articulement pâteux, il retire ses baguettes de sa bouche avec la main gauche, et de la droite, lui attrape les doigts de l’homme, sans vraiment demander l’autorisation, en les serrant avec jovialité. L’individu, c’est une excellente chose, n’est pas habillé avec des plumes, mais avec un haut violet, prune. Les reflets de ses boutons dorés font surgir le souvenir des damnés dévorés. Zakuro lui sourit, doucement.

« Je vous attendais, non ? »

Il n’est assurément pas au courant que c’est l’inverse.


Spoiler:
 
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