À bourré, bourré et demi

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Lun 19 Juin - 16:09

So I bare my skin, and I count my sins, and I close my eyes, and I take it in
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La promesse de Tullio le poussait à… explorer d'autres voies. Il fallait dire qu'après quelques temps à carburer à la marijuana, il était assez rapidement tombé dans la cocaïne malgré son jeune âge. Et il n'avait jamais vraiment cessé de suivre ses petites habitudes avant que Toria n'insiste pour qu'il arrête.

Il se montrait donc créatif. Et aujourd'hui, cela signifiait qu'il avait testé les amphétamines. Et… ça lui plaisait plutôt bien. C'était pas aussi puissant, évidemment, mais l'effet s'approchait un peu de ce qu'il avait connu. Et du coup, le jeune homme se sentait d'humeur à aller boire un verre.

La seule chose à laquelle il n'avait pas pensé, c'était qu'il était déjà relativement tard. Et donc, logiquement, le seul bar de ce foutu trou paumé était plein. Encore plus bourré que moi dans une heure. La pensée lui tira un sourire, tandis qu'il se dirigeait vers le comptoir. Un verre d'alcool fort sur un estomac vide plus tard, Tullio se rendit compte qu'il aurait bien voulu s'asseoir.

Les sourcils légèrement froncés, il entreprit d'observer le bar à la recherche d'une chaise libre… qu'il finit par trouver, à côté d'un gars qui avait l'air de s'ennuyer ferme. Il n'aurait sans doute rien contre un peu de compagnie, n'est-ce pas? Sans le moindre doute, il se dirigea droit vers l'inconnu et s'installa, tombant à moitié sur la chaise.

"Heyyyyyy!"

Salua-t-il, avec un grand sourire étincelant, avant de jeter un coup d'œil à sa boisson pour vérifier qu'il n'en avait pas renversé. Et le fait que tout l'alcool se trouvait encore dans son verre le remplit de joie.

"Ca t'ennuie si je m'assois là? Non parce que j't'aurais bien laissé tout seul, mais… ya pas d'autre chaise de libre en fait."

Tullio pencha légèrement la tête de côté, avant de reprendre la parole.

"En plus, c'est pas pour critiquer hein, j'comprends tout à fait, mais on peut pas dire que t'ai l'air de beaucoup t'amuser. C'est dommage, quand même!"
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Lun 19 Juin - 17:30

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    Swan, du bout des lèvres, sur un sourire entendu, lui avait dit d’étudier la compétition australienne. Il n’avait rien eu de particulier à faire, alors le billet d’avion s’était rapidement retrouvé entre ses doigts, sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. Zakuro révélait, une fois de plus, ses comportements impulsifs, trop propres à son individualité orageuse. Le fait étant qu’il n’éprouve cependant aucun remord à avoir claqué son fric dans un trip pour « le pays le plus dangereux ». Ici, il n’y a rien qui lui rappelle vraiment Joshua.

    Il glisse les yeux sur le rebord d’un verre qu’il n’assume pas avoir commandé, et les cheveux rejetés en arrière, il ressemble typiquement à ces vieils hommes qui n’ont plus rien à faire de leur vie. A part contempler celle des autres, peut-être. Habillé en noir, son manteau noir posé sur le dossier de sa chaise, à frotter le sol de ses semelles noires, il est plus en deuil que n’importe lequel de ces saoulards présents dans la pièce. Et pourtant, dieu sait combien ici sont venus noyer leur chagrin dans l’alcool. Zakuro fronce les sourcils, dans cette moue agacée. Il n’aurait assurément pas dû commander ce verre. Avec la même somme d’argent, il réfléchit au nombre de sachets de thé sencha qu’il aurait pu consommer. La vie est regrettable, songe t-il. Tellement, tellement regrettable. Les coudes posés sur la surface trop lisse de la table, il lève les yeux au plafond, dans un geste d’autodérision. Il t’en foutrait, des week-end de trois jours en Australie. Qu’est-ce qu’il est sérieusement venu faire ici ?

    Les mâchoires crispées, sous un emmerdement notable, il regarde venir à lui le jeune homme, sans vraiment réaliser que la finalité de son mouvement va instaurer un rapprochement. Zakuro est lent, ce soir. Et lorsque le type s’installe en face de lui, en cillant des yeux, presque trop timidement, il est déjà pris au piège d’une sociabilisation avec laquelle il ne s’attendait pas à dealer.

    « Ah, euh … hey. Ok. »

    L’autre a tiré une chaise, et Zakuro, un peu paumé, le contemple avec cette expression interdite, et une moue sur la bouche.

    « Hmm… »

    Il n’a pas l’air de s’amuser ? Plaçant sa mâchoire dans la paume de sa main, en disposant avec parcimonie une ligne entre ses lèvres, -le tout formant un joli sourire poli, en vu des circonstances-, Zakuro plisse les yeux.

    « A vrai dire, je n’aime pas boire. Je tiens très mal l’alcool, et je n’ai aucun ami ici avec qui j’aurais pu m’amuser. Du coup, la soirée n’est pas follement excitante. »

    Repoussant le verre, du bout des phalanges, Zakuro considère l’individu. Il est jeune, un peu plus que lui. Assurément, c’est un bébé, songe t-il.

    « Tu as l’âge pour boire, toi ? Dans mon pays, il faut avoir 20 ans minimum. Ça n’empêche pas de faire la fête. Je crois. »

    Un soupire irrité glisse entre ses lèvres. Non, certainement pas, Zak. Dans ton pays, c’est la merde pour faire la fête, et tu n’as jamais aimé cela, pas vrai ? Il étale un peu plus sa joue contre sa paume.

    « Sérieusement, let me guess. J’ai l’impression que tu n’es pas le genre de gamin sage qui vient boire de la limonade. T’as les yeux défoncés, et les prunelles larges ... oh. »

    Zak abaisse le poing. Pendant un instant, il vient de réaliser que ce garçon lui donne envie d’être appréhendé comme une énigme humaine. Il va peut-être bien finir dans le sac. C’est probablement, il se fera le constat plus tard, parce que ce gosse a les yeux aussi bleus que lui. Et de jolis cheveux.

    « Laisse moi deviner. Stupéfiants ? »

    Oh, il lui arrive parfois d’oublier, parfois seulement, qu’il ne maîtrise que trop bien ce genre d’éléments. Son sourire, cocasse, s’élargit brutalement.

    « Tu ne devrais pas trop boire, petit. »



HORS-JEU :
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Mar 20 Juin - 8:06

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"Bah mince alors… Mais… Mais si t'aimes pas boire et que t'es tout seul, pourquoi tu es venu dans un bar?"

Demanda Tullio, penchant la tête sur le côté, réellement intrigué par ce qui pouvait pousser quelqu'un à se rendre dans un endroit dont l'activité principale leur était désagréable.

"Ben… oui j'ai l'âge."

Répliqua-t-il, redressant la tête, un peu perplexe. Ca ne se voyait pas? Pourtant, cela faisait belle lurette qu'on ne lui avait plus demandé ses papiers pour lui servir de l'alcool. Une chance vu qu'ils étaient périmés depuis… plusieurs années.

Le jeune homme ne put s'empêcher de ricaner quelques instants lorsque l'autre parla de limonade. Non, effectivement, la limonade c'pas mon truc.

"Yeah! J'suis dans une forme olympique!"

Acquiesça Tullio quand on camarade de table lui demanda s'il avait pris des stupéfiants. Puis, lorsqu'il lui indiqua qu'il ne devrait pas autant boire, il secoua vivement la tête pour montrer son désaccord.

"Nan nan nan, déjà, j'suis pas petit." Il s'interrompit, le temps de jauger le gars en face de lui. "C'est toi qu'est une putain d'montagne! Genre… tu dois vachement galérer à trouver des pantalons à ta taille, merde. Et puis en plus j'ai vingt-sept ans. C'presque trente!"

S'exclama-t-il, tout joyeux d'être en âge de boire. Sinon il ne serait très certainement pas entrain de passer une si chouette soirée.

"Viiingt sept, j'ai passé l'âge qu'on m'dise ce que je peux boire ou pas! Alors pourquoi tu trinques pas avec moi, hein? Tu viens d'te faire un pote, c'est cool! On va bien s'marrer!"

Clairement, Tullio n'avait aucune idée de la quantité d'alcool qu'il pouvait ou non supporter, sa prise de drogue toute récente ne l'aidant pas à se montrer objectif. D'ailleurs, il tendit son verre en direction de son voisin, attendant qu'il trinque avec lui.

"Comment est-ce qu'un grand gaillard comme toi s'retrouve tout seul? J'veux dire… Merde, t'as vu ta gueule? Pourquoi ya pas déjà trois nana prêtes à se rouler par terre pour un r'gard? J'suis sûr qu'tu les fais fuir avec ta gueule d'enterrement! Faut souriiiiire!"
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Mar 20 Juin - 11:14

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    Les prunelles écarquillées, dans cette expression qui tutoie à la fois l’interdit et la surprise, Zakuro considère cet individu qui assure avoir l’âge. Assurément, il s’agit d’une corde sensible, quand bien même Zak ne s’était enquéri de son âge que par curiosité. Il ignore avec un mépris hautain la question de l’autre sur son ex-solitude. Qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un à acheter un billet d’avion simplement pour venir tester un breuvage immonde en Australie, hein ? Zakuro tord les lèvres, en essayant de ne pas penser aux snapchat de Lawrence avec Kohaku écaillant ses crevettes. Il secoue simplement la tête.

    « Soit. T’as l’âge. Ok. »

    Il a du mal à le croire. À la manière dont est fringué l’autre, on dirait un adolescent sorti d’un centre de désintox, peu enclin à accorder de l’attention sur la manière dont la société peut le juger. En soi, ce serait presque une bonne chose, si Zakuro n’avait pas été d’humeur, ce soir, à juger du premier regard et railler les humains sur leur manière de s’habiller. Tapotant contre la table du bout des doigts, il le considère de manière un peu plus détaillée. Assurément. Il est en forme olympique. Un rictus moqueur s’étale brièvement sur sa face.

    « Ouais … je vois ça ... »

    L’autre, soudainement, le prend de cours en secouant la tête. De toutes évidences, il n’est pas question d’envisager faire attention à la notion d’instinct de survie, et l’inconnue de l’équation « alcool + drogue » ne semble pas résulter avec « dangereux » dans sa tête. Oh, well, murmure Zakuro entre ses doigts, venant reposer sa main contre sa mâchoire. Il ne s’agit après tout pas vraiment de lui faire la morale. Cela importe peu, l’autre est grand. Enfin. Grand. C’est une manière de parler.

    Nan nan nan, déjà, j'suis pas petit. C'est toi qu'est une putain d'montagne!

    Zakuro lève les yeux au ciel. Cela faisait bien quelques temps qu’on ne lui avait pas fait ce genre de remarque. Peut-être deux heures, au moins ; lorsque le barman avait gloussé sur sa taille. La métaphore, cependant, lui arrache un tout petit sourire : c’est un petit rappel à ce que lui avait dit Wunjo, une fois. « On est au Japon, pas en Norvège, merde ! Pourquoi t’es aussi grand ? » Zakuro ricane doucement.

    Genre… tu dois vachement galérer à trouver des pantalons à ta taille, merde. Et puis en plus j'ai vingt-sept ans. C'presque trente!"


    Alors qu’il s’apprête à faire une remarque désobligeante sur toutes ces personnes qui croient nécessaires lui demander comment il fait pour se fringuer, -Internet, commande en ligne, tout ça-, l’autre étrangle ses mots dans sa bouche, et les yeux ouverts sur une expression stupéfaite, Zakuro le considère.

    « Vingt sept ans ? Tu plaisantes ? »

    Il glousse, les prunelles fendues sous l’émotion hilare, choquée.

    « Mais t’as une gueule de bébé ! Je t’en aurais donné dix sept. »

    Au moins, considère t-il, il ne passera pas pour un idiot aux attitudes pédophiles, à discuter avec cet individu inconnu. Croisant les doigts, dans un geste qu’il n’effectue que trop face à ses étudiants, Zakuro ferme tranquillement les yeux, et se met à sourire.

    « Donc en fait, tu es plus vieux que moi. »

    Et c’est terriblement perturbant. Il rouvre les yeux, son sourire glissant en cet angle amusé contre la pointe de sa lèvre. Récupérant son verre, il observe l’autre secouer le sien de manière incertaine dans sa main, et s’esclaffer comme un enfant. Ses yeux se plissent, et pendant une seconde, Zakuro perd son sourire. Cet homme ressemble trop à un enfant. Un enfant aux yeux et aux cheveux bleus, au sourire trop large. Dans quelle sorte de chagrin sombre t-on pour avoir un sourire ainsi ? Pendant une seconde, le monde s’assombrit, et il n’y a plus de lumière autrement que dans les yeux de ce mec. Une lumière tamisée, dans laquelle la conscience se laisse submerger par l’alcool et la drogue. Zakuro, sans vraiment le savoir, le fixe avec cette expression un peu triste.

    « Un pote. »

    Il a répété, du bout des lèvres.
    Assurément.

    L’autre lui tend son verre, et sans vraiment savoir pourquoi, Zakuro fait de même, et l’hésitation dissipée par un malaise grandissant, il avale cul-sec son verre. L’autre tangue, comme un écho visuel, quelque chose de mal fixé à la réalité. Il réalise soudainement qu’il ne connaît pas son nom.

    Comment est-ce qu'un grand gaillard comme toi s'retrouve tout seul? J'veux dire… Merde, t'as vu ta gueule? Pourquoi ya pas déjà trois nana prêtes à se rouler par terre pour un r'gard? J'suis sûr qu'tu les fais fuir avec ta gueule d'enterrement! Faut souriiiiire!

    Réalisant la portée des mots de l’autre, Zakuro relève les yeux sur lui, et pouffant un sourire gêné, il détourne les yeux, tandis qu’un rougissement embarrassé s’étale sur ses pommettes. À vrai dire, il en a croisé, des nanas prêtes à se rouler par terre, mais …
    Haussant les épaules, Zakuro récupère le peu de contenance qu’il avait, et en posant les yeux sur le garçon, lui sourit doucement.

    « Je suppose. »

    Le compliment a eu l’effet d’une petite bombe dans sa poitrine, et Zak a désormais ce petit sourire franchement trop amusé qui s’est scotché sur sa face. Il secoue son verre, lequel s’avère bien trop vide, désormais. Qu’il est compliqué, songe t-il, de passer une soirée en solitaire dans un bar. Mais il a décidé qu’il ne peut plus vraiment se plaindre. Comment se plaindre quand un individu aux yeux bleus est en mesure de le faire rougir ?

    « Mais tu peux parler. Tu es mignon aussi. Tu n’as pas ramené ta copine avec toi ? »

    Maintenant, la situation l’amuse complètement.

    « Comment t’appelle-tu ? Zakuro, pour moi. »

    Il lui tend le poing fermé, par dessus la table, pour un contact inter-phalanges.

    « Et dis moi, qu’est-ce que tu fais dans la vie, à part sortir des inconnus de leur torpeur pré-éthylique ? »

    Ce disant, Zakuro tapote contre son verre du bout de ses ongles, et choisit d’en commander un deuxième. C’est assurément une mauvaise idée, mais pour une raison inconnue, il a décidé que ce soir serait particulièrement enclin à être le soir d’une introspection.


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Mar 20 Juin - 14:34

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"Ben… non?"

Tullio ne put s'empêcher de froncer les sourcils, un peu perplexe, lorsque le gars en face de lui demanda s'il plaisantait. Soudainement pris d'un doute, il tâcha de se concentrer et finit par compter sur ses doigts pour s'assurer qu'il n'avait oublié ni rajouté aucune année. Mais le compte y était.

"Sérieux? Ben merde alors, j'aurais pas cru!"

Et voilà que le jeune homme sourit de toutes ses dents, réprimant difficilement un rire autant à cause des paroles de son voisin de table que des siennes. Une gueule de bébé, ben voyons! Va pas dire ça à Toria, elle va se mettre à me pincer les joues. Boarf, allez, pourquoi se soucier du fait qu'il fasse son âge ou pas? L'autre venait de trinquer! Et de boire cul sec… suivre, ne pas suivre? Suis-le lui souffla la drogue qui circulait dans son système, et Tullio ne se fit pas prier.

"Hé mais…" Il s'arrêta quelques instants, plissant les yeux, se penchant légèrement pour être certain de ce qu'il voyait. "T'es tout rouuuuuuge!"

Finit-il en chuchotant, à peine audible par-dessus le bruit ambiant du bar. Affichant un sourire digne d'une publicité pour dentifrice, il s'apprêtait à balancer une connerie sur le fait d'être mignon quand l'autre, Zakuro apprit-il juste après, lui demanda s'il n'avait pas ramené sa copine.

"Tullio, célibataire et libre comme l'air!"

Annonça-t-il fièrement, Toria serait pas de cet avis mais tant piiiis! Avant de taper ses phalanges contre celles de Zak. Un peu trop fort, d'ailleurs, par rapport à ce qu'il était correct de faire. Il s'était laissé emporter par l'enthousiasme.

"Euuuuuuh… pas grand-chose, en fait. C't'à dire que ça fait pas longtemps que j'suis ici! J'suis v'nu pour accompagner quelqu'un. Genre… ouais, un peu comme son animal de compagnie, en fait. J'te jure, des fois j'me fais l'effet d'un gros toutou."

Il n'était certes pas en état d'y réfléchir dans l'immédiat, mais il était bien obligé de s'avouer qu'il ne savait pas exactement pourquoi il avait suivi Toria jusqu'ici. Il aurait tout le temps d'y penser plus tard. Le lendemain, par exemple, lorsqu'il s'agirait de cuver les diverses substances absorbées.

D'ailleurs, en parlant de substances, Tullio envoya définitivement balader sa raison en profitant du fait que Zak commande un nouveau verre pour demander quelques shots. C'était plus amusant à boire.

"Et toi? Tu fais quoi à part regarder ton verre comme s'il venait t'annoncer qu'il te quitte en attendant qu'un inconnu se tape l'incruste à ta table?"

Il aurait certainement plus de choses à raconter que lui sur le sujet. Il fallait dire que le jeune homme n'était pas encore tout à fait assez bourré pour s'aventurer à parler de ses déboires avec la police. Peut-être que d'ici un ou deux shots…?

"J'suis sûr qu'avec ton air tout sérieux tu fais un métier chiant."

Tullio 1, délicatesse 0, politesse KO.
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Mer 21 Juin - 15:16

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    A cet instant, Zakuro feint de l’ignorer, mais l’alcool qui s’infiltre dans son sang est un amas de minuscule bombes à retardement, directement pompé jusqu’à son cerveau. Les consonances électriques des éclats de voix autour d’eux sont en train d’évoluer, modifiant leurs fréquences en une résorption floutée des bruits, tandis que le compte à rebours s’est lancé. L’autre lève le verre à son tour, et le vide dans ce même dynamisme que ni l’un ni l’autre ne vont pouvoir réellement supporter à long terme. Mais Zakuro encore moins. Son cœur a manqué un battement ; le premier. Ses doigts se crispent, et il inspire profondément, les joues encore rouges. Pendant une brève seconde, son esprit est détourné du compliment, et il considère la bouffée de chaleur qui le prend. Il réfute. Il ne veut pas que ça ait lieu maintenant. Pas aussi vite. Ce n’est pas possible que ça soit aussi rapide. Son sourire s’étale, largement.

    Les phalanges recourbées, celles-ci sont heurtées par les métacarpes de l’autre. Zakuro plisse les yeux sous le prénom trop hispanique, immédiatement détesté, avant de sourire. Libre comme l’air. Il n’aime assurément pas la métaphore, mais l’enthousiasme du garçon est contagieuse, et son sourire se modifie doucement, arborant des lignes plus douces.

    « Tullio, donc ... »

    Il secoue son verre vide, dans un balancement lent, jugeur. Ses yeux plissés, il accroche le regard de l’autre durant une seconde. Ramène sa main, mais ne détache pas ses yeux. Tullio. Il articule mentalement le prénom, en le disséquant à grands coups de faux mentale. Et l’autre qui se met à prononcer une phrase longue, beaucoup trop longue. Sa prosodie éclate dans le crâne de Zakuro à la manière d’un millier de bulle, et soudainement, il ne suit plus. Ses yeux abandonnent, Zak pose son verre contre la table, et vient ficher sa paume contre sa joue, en ayant l’impression que ses veines ont commencées à trembler sous sa peau. Un chien, murmure t-il mentalement, peut-il autant parler ? Il imagine Tullio et ses yeux trop bleus, un collier autour du coup, agenouillé devant une silhouette dont il ne percevrait pas le visage. Passant ses doigts sur sa face, en inspirant pour oxygéner son esprit, Zakuro hoche lentement de la tête.
    Bien sûr. Quel genre d’être humain s’amuse à en poursuivre un autre ?
    Ils ont commandés des verres. Zak se blâme.

    « Mm... »

    L’autre questionne. Les sourcils de Zak se froncent, et tout doucement, nait en lui l’idée de poser sa main sur la bouche de Tullio pour lui dire d’arrêter de parler. Il y a des bruits opaques qui sont en train de s’écouler sur ses épaules, glissant contre sa peau comme un coulis huileux qui s’enfoncerait dans ses pores. Zakuro cherche les yeux de Tullio, et encore une fois, se met à lui sourire. Il lui suffirait, songe t-il, de tendre la main, de l’attraper au collet, pour venir le taire, en l’immobilisant, d’une manière où d’une autre.

    « Je voulais réformer la classification énergétique des particules élémentaires, jusqu’à ce que toi et tes yeux bleus ne viennent me percuter dans mon ennui. Mais en général, je cours après quelqu’un. »

    On claque de nouveaux verre à leur table, déposant devant eux des shooters et des éclats ambrés d’un liquide que Zakuro perçoit sans vraiment considérer. Ses yeux s’ouvrent sur une expression mortifiée.

    « Le verre ne peut pas me quitter, Tullio. Définitivement pas. »

    Il tend la main, et attrape une boisson destinée pour le gamin-bleu. L’apporte à ses lèvres, en réfléchissant à tatons sur le risque à prendre. Zakuro envisage rebaptiser l’autre, avant de considérer la sonorité des l qui s’embrassent. La syllabe, considère t-il, est presque japonaise, et pendant un instant, il se dit que c’est un joli nom. Presque. Il est, ce soir, une brute dans son propre esprit.

    Il repose le verre, doucement.

    « Je suis physicien théoricien. Présentement, je suis aussi enseignant-chercheur dans une université au Canada, et c’est ma première année en tant que prof. Au début de mon premier cours, les étudiants ont cru que j’étais un élève excentrique assis sur le bureau, à attendre le prof. »

    Du bout des doigts, il repousse le verre.

    « Maintenant, cela fait une semaine, et ils se demandent, dans les couloirs, combien de fois j’ai sucé pour accéder à ma chaire. »

    Il glousse, un peu frustré, et tapote contre la table, en cherchant des yeux un sujet plus agréable sur lequel converser. Ses yeux saisissent le détail trop longtemps ignoré des cheveux bleus. Parce que les voix se sont mise à exploser un peu trop fort autour d’eux, comme si l’on avait réglé le son de manière inadéquate, Zakuro se met à murmurer.

    « J’aime bien tes cheveux, Tullio. Depuis combien de temps les as-tu bleus ? Et pourquoi est-ce que tu as choisis cette couleur ? »

    Il glousse soudainement, brièvement.

    « Et je réitère. »

    Le mot est trop compliqué dans cette langue. Il prend son temps, doucement, en bordant l’autre des yeux.

    « Tu ressembles tellement à un bébé. »


Achievement Unlocked !  
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Jeu 22 Juin - 2:31

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"Réfo… quoi?"

Tullio fronça les sourcils, essayant de comprendre ce que Zak venait de lui dire, mais il ne parvint qu'à rester à le fixer sans parvenir à rassembler la moindre pensée pendant quelques secondes, jusqu'à ce qu'il parvienne à intégrer la fin de la phrase.

Puis, il eut un nouveau blanc lorsqu'il suivit des yeux un de ses shots qui glissait de l'autre côté de la table. Il songea un instant à protester, mais pour quoi faire? De toute façon, ça ne serait certainement pas ses derniers verres de la soirée, et boire c'est toujours plus marrant à plusieurs. Autant partager!

"Wooow, ça a l'air tellement compliqué."

Souffla le jeune homme, qui n'aurait probablement pas pu prononcer physicien théoricien sans bafouiller. Et professeur n'était pas un métier qui l'intéressait. Se retrouver devant une bande de mioches rêvant d'être ailleurs? Non merci!

"Ah les bâtards!"

Certes, Tullio n'était pas en état de comprendre ce qu'une chaire était, connaissait-il seulement le mot? Mais l'exclamation était partie comme une balle, sitôt la phrase finie, et il la pensait entièrement.

"Longtemps?"

Lança-t-il, incertain, tandis qu'il commençait à chercher le souvenir de sa première coloration. Juste après sa fugue, lui semblait-il, mais il n'eut pas l'occasion de confirmer ou d'infirmer la chose : Zak venait de lui balancer pour la seconde fois qu'il avait l'air d'un bébé.

Les joues un peu roses, et plus seulement à cause de la combinaison des stupéfiants et de l'alcool, Tullio se pencha vers son voisin l'air presque inquiet.

"Tu vas pas m'pincer les joues, quand même?"

Demanda-t-il, profitant de l'intervalle pour se remettre à réfléchir à ses cheveux. Après tout, si Zak lui avait posé la question, c'était que la réponse devait l'intéresser.

"J'avais 17 ans! Je v'nais de fuguer de chez mes parents et chais pas, ça m'a pris comme ça. J'voulais marquer un changement, j'crois, j'ai pris bleu un peu au hasard… p'tet à cause d'une promo… mais après, quand les médocs ont arrêté de faire effet, j'étais bien content d'avoir pris du bleu!"

Lança Tullio, tout joyeux, sans vraiment se rendre compte qu'il était entrain de balancer la moitié de sa vie à un complet étranger. Mais même s'il s'en était rendu compte, y aurait-il accordé une quelconque importance? Ce n'était pas certain, loin de là.

"Du coup ça fait 10 ans que j'me les teints, et j'ai pas l'intention d'arrêter!"
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Jeu 22 Juin - 18:17

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    "Longtemps?"

    Se mêlent dans les yeux du garçon, -Zakuro n’arrive définitivement pas à l’appréhender autrement-,  une émotion à la fois surprise et inquiète, et Fea s’amuse, pendant une seconde, à interpréter ce regard sous toutes les facettes imaginables, jusqu’à ce que les yeux de l’autre se modifient une fois de plus, adoptant cette fois-ci un regard plus choquant, plus marqué dans son intensité. Celui de l’inquiétude. Une inquiétude virale, qui, au milieu de l’océan des bulles floutées qui en sont en train de submerger lentement la lucidité de Zak, fait sonner en lui un instinct primaire, enfoui. Un instinct que jusque là, il n’a plus réveillé, pas souci de nécessité.

    Celui du Mu, le vide.

    Les prunelles fendues sous un regard éteint, il fixe Tullio, qui babille une phrase stupide, innocente, chargée d’un amas de couleurs et de vie. Et Zak qui le fixe, presque choqué, presque terrifié par lui-même, soudainement désarçonné, et le corps secoué par un tremblement. Pendant un instant, Tullio n’a plus ressemblé à autre chose qu’un futur cadavre. Il passe les mains sur ses joues, en se forçant à chasser la sensation.

    "J'avais 17 ans! Je v'nais de fuguer de chez mes parents et chais pas, ça m'a pris comme ça. J'voulais marquer un changement, j'crois, j'ai pris bleu un peu au hasard… p'tet à cause d'une promo… mais après, quand les médocs ont arrêté de faire effet, j'étais bien content d'avoir pris du bleu!"

    Il glousse. Les yeux fermés, les mains plaquées contre ses propres joues, Zakuro ricane comme un petit idiot, à imaginer la scène. Un ado désarmé, plongé dans l’incertitude et le vide. Le vide. Il frissonne, et attrape le verre, comme une bouée de sauvetage, sans réaliser qu’elle est trouée. Il le boit, sans réaliser que ça ne fait qu’empirer les choses.

    "Du coup ça fait 10 ans que j'me les teints, et j'ai pas l'intention d'arrêter ! 
    « Bien. »

    Zakuro ouvre les yeux et pose son regard sur lui. Il imagine un miroir, face auquel est planté le jeune Tullio de dix sept ans, dans une salle de bain, là où va réaliser pour la première fois sa teinture. Il imagine ce miroir, et il lui semble qu’il peut percevoir les vibrations de cette réalité-là. Le temps devient alors obsédant dans sa tête. À cet instant précis, Zakuro est malade.

    « Je re. »

    Langage encore trop adolescent, comme une reminescence de ces nuits passées sur des chatbox, à discuter avec Joshua. Il se lève, et le monde redevient minuscule, ses yeux projetés au dessus de toutes les têtes. Mais cette fois-ci, il tangue. Les mains accrochées au dossier de sa chaise, il ferme les yeux, une seconde, en se forçant à trouver un équilibre, pendant que le frisson qui court sur sa peau s’intensifie. Il a besoin de respirer. Simplement pour quelques secondes. Dans sa tête, les grands tambours se sont mis à battre, et il lui semble que son cœur s’ensevelit sous un tsunami de chaleur. Il traverse la salle, et sort du bar.

    (…)

    Agenouillé dans le coin d’une ruelle, son cellulaire entre les doigts, Zakuro expire difficilement. La main gauche pressée contre son abdomen, il refuse de regarder la flaque de sucs  abandonnés contre le béton sale, et de la salive crachée entre les lèvres, il se remet progressivement. Posant son portable contre sa cuisse, il vient passer le revers de son poignet contre sa bouche. C’est dégueulasse, ricane t-il. Dégueulasse, mais il se sent un peu mieux. Les tremblements, cependant, ne cessent pas. Il considère l’écran de son téléphone, et abandonne l’idée d’appeler Joshua. Plus tard, songe t-il. Plus tard.

    Il se lève lentement, et le monde titube autour de lui, désaxé par rapport à son centre de gravité. D’une main, il retient le mur qui menaçait de tomber sur lui.

    « Allons, murmure t-il. Allons. »

    Le mur se calme, mais continue à vibrer, et calquant son rythme sur les fréquences du sol qui s’amuse à vicieusement onduler, Zakuro zigzague jusqu’au bar. Parvient même à retrouver son chemin jusqu’à la table de Tullio. Récupère sa chaise. S’assied.

    « Gomen nasai. »

    Il a articulé, très froidement.
    Et puis doucement, il tend la main, pour venir poser le bout de ses doigts, contre la mâchoire de Tullio. Un contact lent, long, et pendant plusieurs secondes, sans vraiment bouger, sans rien prononcer, Zakuro contemple simplement ce garçon, avec sa main posée contre sa joue, à considérer l’une des mèches bleue qui s’est retrouvée bloquée sous ses doigts. Il finit, minutieusement, par sourire.

    « Tu me donnes l’impression d’être une sorte de créature perdue entre le rebord du vide et la collision finale. C’est un peu triste. Mais en même temps, j’ai l’impression que ça te convient présentement. C’est comme si j’avais arrêté le temps, sans même le savoir, et maintenant, je peux te regarder. Et je me demande ce que tu vas faire avec ce stop. »

    Ses doigts glissent, dans un mouvement lent, jusqu’à sous la mâchoire du garçon, et il soulève un peu, doucement, son menton, pour le forcer à élever un peu plus les yeux. Les siens, plus sombres, se plissent.

    « Je n’aime vraiment pas boire, Tullio. »

    Il a murmuré le prénom, parce qu’il a oublié comment on terminait les intonations de phrases humaines.



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Lun 26 Juin - 10:05

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"A toute."

Répliqua aussitôt Tullio, malgré son étonnement. Les sourcils légèrement froncés, il observa Zak se lever et tanguer, cramponné à sa chaise comme si elle allait pouvoir le sauver de la chute qui semblait se profiler à l'horizon. Mais elle ne vint pas. En toute logique, il décida donc de rester le cul vissé sur sa chaise, se penchant et se tordant le cou pour suivre son nouvel ami des yeux jusqu'à ce qu'il sorte du bar.

Soudainement, le temps était long. Etre tout seul, à une table, ça n'avait rien de marrant. Surtout qu'évidemment, ils étaient un paquet à vouloir la chaise que Zak avait laissée vide derrière lui. Le troisième gars à lui demander en fit d'ailleurs les frais, Tullio l'ayant rembarré avec un grand "Mais putain casse-toi connard, cette chaise est prise!" qui aurait pu conduire à une bagarre si l'autre n'avait pas reculé sans demander son reste.

"Quoi? Désolé j'parle pas..."

Commença le jeune homme, lorsque son camarade revint en prononçant une phrase complètement non identifiée, avant de s'interrompre lorsque la main tendue vers lui entra en contact avec sa mâchoire. Okay, d'accord, il fait quoi là?

C'était à peine si Tullio osait encore respirer. Il n'avait plus l'habitude des contacts physiques, et celui-ci était d'autant plus étrange. Déjà, c'était son visage, pas comme s'il lui avait attrapé la main. Et en plus ce qu'il racontait, c'était… Merde, ça me file le vertige ses histoire. Au bord du vide…

Il essayait de chasser cette pensée quand les doigts glissèrent le long de sa joue jusque sous menton, avant qu'il ne se retrouve obligé de lever un peu la tête. Se sentant soudainement rougir, il lui fallut quelques instants pour réussir à rassembler ses pensées et parvenir à articuler quelque chose?

"Ben… euh… arrête de boire?"

Suggéra Tullio, la voix incertaine, en rougissant d'autant plus. Putain, mais pourquoi il chuchote comme ça?! En ce moment, il était vraiment heureux d'être dans la vraie vie, et non pas dans une comédie romantique. Sinon, non seulement ça aurait été le moment où les héros s'embrassent, mais en plus il se serait retrouvé dans le rôle de la demoiselle. Non merci.

"Tu…" Plissant légèrement le nez, il hésita quelques instants avant de poursuivre. "Tu vas me tenir longtemps?"

Demanda-t-il, timidement. On étouffe dans ce bar, bordel! Ils pourraient pas baisser le chauffage?
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Jeu 6 Juil - 19:19

« GNAGNAGNAGNANGANGNAGNA » - K. J. M.
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HRP : c'est très court, mais j'étais motivée à te répondre. Btw, je te propose qu'on engage la fin de ce rp bientôt, pour commencer celui à trois, si ça te convient.


Le visage du garçon est une cire qui s’étire sous les froncements de ses émotions. Sous son nez, au niveau de la lèvre, s’est formé l’arc dur d’un pli nerveux. L’enfant est gêné, vraiment embarrassé par le contact physique, et Zakuro considère avec appréhension, sans oser le montrer, cette évolution de l’instant. Pendant un instant, il envisage retirer sa main et s’excuser, mais il y a dans sa tête une envie flottante d’appuyer plus fort encore, et d’enfoncer ses ongles, pour lui arracher la joue, et le forcer à continuer à le regarder. Il n’a que trop peu profité des regards bleus, lorsque ceux-ci ne s’avéraient pas réfléchis par des miroirs.

Alors il ne veut pas l’effrayer. Il ne veut pas voir ces yeux aux gènes cousins des siens se détourner. Il glousse quand l’autre, naïvement, lui propose d’arrêter de boire, et relâche sa propre tension en abandonnant la joue du garçon. Il n’est pas question en cet instant de devenir un prédateur pour des yeux humains. C’est un jeu auquel, après tout, il a cessé de jouer depuis longtemps, et malgré les vapeurs d’une inconscience bariolée par l’alcool, Zakuro se sent pousser dans la poitrine les germes d’une mélancolie, laquelle lui donne envie de soupirer. De soupirer, simplement, parce qu’il n’y a rien de plus à faire. Il n’est pas nécessaire d’avoir envie d’autre chose, et Zakuro repousse le verre d’alcool. Il n’est pas nécessaire d’avoir envie d’autre chose. Il n’est pas nécessaire de penser à Joshua. Il n’est pas nécessaire de penser à l’absence de mouvement dans un non-temps qui glace sous ses doigts une conservation du rythme, un néant des vibrations, et l’appréhension d’un futur à l’enchevêtrement trop quantique pour les humains. Il n’est pas nécessaire de penser à tout cela.
Ce soir sera brutalement en train de devenir un mauvais soir, s’il continue à boire.

Appuyant ses coudes sur la table, il s’enfonce dans la thébaïde mnésique d’un univers où l’azuré de ses pensées est une ambiance sécure, relative à l’absence de manque d’équilibre. Il tient droit, il ne pleure pas, il n’y a pas de goût de vomi et encore moins de solitude. Posant ses mains sur les tempes, appuyant lentement, il soupire encore une fois.

« Tain. »

Vient claquer ses mains contre la table.

« Je déteste boire, en fait. Ce n’est même pas que je n’aime pas, c’est que je déteste. J’ai l’impression de m’enfoncer dans un trou, de n’avoir plus rien pour me retenir, et c’est dégueulasse, cette sensation flottante. Comment peux-tu seulement supporter stupéfiants et alcools ? »

Un petit rouage s’est enclenché dans sa tête, et Zakuro essaie de rattraper son attitude trop volubile. Se perdre dans les démonstrations physiques qui jouent dans sa tête au quotidien, mais sans parvenir ce soir à les maîtriser, un peu comme des frises enroulées autour de son cerveau, qui essaient de le gober, qui essaient de -

« Fuck off. »

Il est exaspéré par son esprit. Il est assis face à un enfant aux cheveux dans lesquels il a envie d’enfoncer ses doigts, et son sourire devient trop largement furieux, ses fossettes irrémédiablement creusées. Il n’a aucun plan pour lui, simplement la considération amicale de le balancer au plus profond de ses meilleurs souvenirs, après lui avoir creusé une place de choix dans le terreau de ses idées. Il se lève, attrape son porte-feuille, et les yeux de Tullio.

« Termine ton verre, et dégageons d’ici. Je ne supporte plus l’ambiance. Je paie pour toi et pour la bouteille que tu veux emmener, si tu veux. »

Sans vergogne, il envisage le kidnapper, cet enfant plus vieux que lui.


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À bourré, bourré et demi

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